‹ La policeChapitre 123 sur 139 · II. Les trois polices · texte numérisé non relu

II. Les trois polices

m. Police municipale. — Le projet du Conseil municipal. — Hiérarchie des commissaires de police. — Leur responsabilité. — Avantages de la décentralisation de la police. — Subordination de Tofficier de paix.

— Détails.

IV. Police judiciaire. — Le véritable auxiliaire du procureur de la République. — La gendarmerie. — L'article 106. — Service de la sûreté.

VL La police scientifique. — Télégraphes, téléphones. — Le petit parquet.

— Kiosques de sûreté. — Non gravité, mais certitude de la pénalité.

— Application de l'anthropométrie. — Ce que doit être la police.

Ailleurs, j'ai montré comment au droit impératif se substitue progressivement le régime des contrats, librement consentis*.

Nous avons vu que la police successivement avait été éliminée d'une foule de fonctions qu'elle considérait comme siennes, encore hier, et qu'elle tâche de rattraper sous divers prétextes.

Elle veut encore avoir « une légitime influence * » sur

1. V. la Science économique et divers articles de \îi Réforme écono^ miqtÂC.

2. Paroles de M. Andrieux à la commission de la loi Constans, voy. liv. V. ch. lY.

Dieu, dans les civilisations sacerdotales. Dans notre dvilisation laïque, elle en devient le supplément.

Le châtiment de ceux qui réclament toujours protection est. d'être les victimes du pouvoir auquel ils se sont abandonnés. C'est l'état perpétuel du Parisien. Quelquefois, il se fâche. Vous avez vu du lait sur le feu. Tout d'un coup, il entre en ébuUition, il monte, il menace de tout briser; si on veut l'arrêler, on éloigne la casserole du feu. Aussitôt, il s'apaise et rentre en lui-même.

En Angleterre, il y a, outre les nombreuses associations qui ont pour but de supprimer les Contagious diseases acts, la Vigilance association for the defence ofpersonal right^^ qui a pour devise : « Une incessante vigilance est le prix de la liberté, » et qui la met en pratique. En France, nous ne nous doutons pas encore de cette vérité.

On a plutôt peur de deux individus^ qui commettent quelques vols à Neuilly que de ministres qui, au niême moment, engagent la France dans l'aventure d'une guerre avec la Chine. Ça lui coûtera cependant plus cher.

On n'a pas encore compris cotte vérité, appuyée sur tant de preuves, par Buckle : que jamais voleurs ni bandits n'ont fait autant de mal à l'humanité que les organismes constitués ; jamais les compagnons de Holàndo n'ont fait autant de mal à l'Espagne que l'Inquisition ; jamais les émules de Fra Diavolo, à l'Italie, que le gouvernement des papes, même non compris Alexandre VI et César Borgia; jamais tous les assassins additionnés, reconnus ou non reconnus, guillotinés ou non, n'ont tué autant d'hommes que les Napoléons.

Les bandits ne sont pas ceux que le public pense. Il devrait cependant commencer à s'en apercevoir.

l.Pin octobre 1883.

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