‹ La policeChapitre 29 sur 139 · V. La prostitution · texte numérisé non relu

V. La prostitution

cellulaires. — Transport au dépôt de la Préfecture des individus arrêtés préventivement et déposés dans les postes de police. — Jeunes détenus : garçons (maisons d'éducation correctionnelle) ; filles (Saint- Lazare). — Correction paternelle. — Société de patronage pour les jeunes détenus. — Libertés provisoires.

Préparation des projets de budget des dépenses pour les prisons départementales de la Seine et le Dépôt de mendicité à Villers-Gotterets.

— Mémoires au Ministre de l'Intérieur et au Conseil général du département de la Seine à l'appui de ces budgets. — Nourriture et entretien des détenus. — Achat de mobilier, chaufifage, éclairage, literie, entretien des bâtiments. •<-< Établissement des cahiers des charges y relatifs.

— Service du culte. — Travaux industriels des détenus ; marchés avec les divers confectionneurs et entrepreneurs; fixation du ,prix de la main-d'œuvre; surveillance générale des ateliers. — Comptabilité en matière. — Enregistrement des dépenses et vérification des mémoires^ comptes ou factures. — Habillement des employés des prisons, «

4* Bureau,

Délivrance et visa des passeports pour l'intérieur et pour l'étranger.

— Passeports avec secours de route. — Délivrance des permis de séjour. — Règlements sur la chasse. — Délivrance des permis de chasse.

Délivrance de livrets aux ouvriers et aux domestiques, de médailles et de permissions aux commissionnaires stationnant sur la voie publique, de bulletins d'inscription aux brocanteurs, et de médailles aux chifiTonniers.

Enregistrement des déclarations faites par les personnes qui sont dans rintention de louer des hôtels, maisons, chambres ou appartements meublés. — Mouvement des voyageurs dans tous ces établissements.

— Contraventions relatives à l'inscription des voyageurs sur les livres des logeurs.

Passeports? En 1881, ily en a eu encore 2,000 pajanluî 8,071 fournis sur réquisitions.

5* Bureau.

1 Chef 7,000^ »

2 Sous-Chefs 10, 500 »

2 Commis principaux 8,000 t

2 Commis de P' classe 7,200 »

5 ^ de2« — 12,600 »

Enquêtes sur les personnes signalées comme atteintes d'aliénation mentale^ leur envoi dans les asiles spéciaux (Sainte-Anne, etc.), dans la maison de Charenton ou dans les maisons de santé. — Vérification de la situation mentale des pensionnaires en traitement dailv les asiles d'aliénés du département de la Seine. — Surveillance de ces asiles et des maisons de santé. — Travail relatif au transfèrement des aliénés

- dans les départements et au rapatriement de ceux qui appartiennent à

- des. nations étrangères. — : Surveillance des sages-femmes autorisées à recevoir des pensionnaires. — Placement, dans l'hospice des Enfants- Assistés, des enfants abandonnés ou exposés, et des orphelins. — Recherches pour établir leur état civil et découvrir leurs familles. — Correspondance à leur sujet avec l'Administration générale de TAssî^ tance publique. — Remise à leurs parents des enfants égarés sur la voie publique.

Inscription des nourrices qui viennent chercher des enfants à Paris et dans le ressort de la Préfecture de police. — Correspondance avec les autorités, relativement aux nourrices et aux enfants qui leur sont confiés. — Surveillance des meneurs, logeurs ou loueurs de nourrices. — Autorisation et surveillance des maisons de sevrage. — Exécution delà loi relative à la protection des enfants du premier âge.

Nous reparlerons de ce bureau en étudiant ses diverses attributions. Pourquoi faft-ii partie de cette division? Pourquoi les nourrices sont-elles dans la division judiciaire? Les enfants abandonnés, trouvés, relèvent de la direction des Enfants assistés.

Deuxième division.

1" Bureau.

Subsistances et approvisionnements; examen des questions générales et exécution des mesures qui s'y rattachent. — Mercuriales et statistique j contrôle des ventes à la criée; études relatives à l'établissement et au régime des marchés de gros et de détail; application des règlements les concernant. — Forts, porteurs et ouvriers dans les halles et marchés.— Débits de triperie, magasins de fourrages, fours de boulangerie et de pâtisserie. — Exécution des lois concernant la fidélité du débit, recherche et destruction' des comestibles falsifiés, corrompus ou nuisibles.

Vérification et inspection des poids et mesures, Commission pour l'examen des candidats aux fonctions de vérificateur.

Navigation sur les rivières et canaux du ressort de la Préfecture de police, ports et chemins de halage, service de touage, mesurés''de sûreté en cas de grandes eaux et débâcles. — Transmission au Conseil de préfecture des procès-verbaux de grande voirie en matière de navigation;

a éU-

ineiriiclion det afTairea et nntiQcalions y relatives. — Pnl li:iâiicmcnts Qxes sur les rivjère;, les canaux el les ports, autariBation ilir l'en lilabliBseinentB ï Saint^loud, SAvres ot Meudon, avis préalable sur ceux qui doivent Etre installes dans le départcmenl de la Seine. — Canotage et bachotage, baignades en pleine eau, divertissements et Tétee DHuliqaeE. — Bateaux à vapeur, permis de navigation, commisaloDs de capitaines, pilotes et mécaniciens a bord de ces bateaux.

Surveillance du commerce des bois et charbons, réception des tourniloree de comliuslibles aux Admluislrstions publiques.

Autorisation pour l'explaitatian des cafés, cabarets et billards publlcsj correspondance avec les préfets relativement aux individus en instance, [ennelure des établissements ouverts sans permission.

Prélèvcpenls de vin et de lait chez les débitants pour la rechert^he des falsiOcalions. — Laboratoire municipal de chimie. — Examen des ■ candidats à l'emploi d'experte pour la déguslatiou des boissons.

Bourse, agents de change, répression des opérations illicites sur les elTets publics.

Je dois reconnaître qu'ici on a tenu compte de mon ob- Berration st que, dans le dernier libellé des attributions, la phrase est tournée de la manière suivante : « Réception et transmission à la justice des dÉelarations pour eitploitation des cafés et cabarets, autorisation des billards publics. » Cette question n'en occupe pas moins deux bii~ reaus, placés dans deux divisions différentes de ]a Frofeclure de police. Ce n'est peut-être pas !à une preuve de bonne classification.

2" [lufeau.

Indication A la prâfeclure de la Seine, des bfttlments en péril bordant la voie publique et mesures provisoires au point de vue de la sûreté de la circolation; surveillance des démolitions, constrnctions et réparations et délivrance des permissions pour ces sortes de travaux; permis poor lefi barrières d'échafaudagea; surveillance des monuments et édifices publics dans un but de préservolion et d'entretien; cli^ture des lerrains raguea; caisses et pois k Oeurset objets divers exposés sur les fenélres et autres parties élevées des b&timenls ; dépdt de matériaux sur la voie publique; déchargement des bois de chaull'age dans les rues; lieux de réan ion d'ouvriers sur la voie publique; surveillance générale des Toiet publiques dans un intérêt de viabilité et de sûreté. — Avis sur l'ouvertore de passages publics sur des propriétés particulières st surveillance H passages dans l'intérêt de la sûreté de la circulation et de la 'ié. — Permissions pour Ions travaux pouvant afTecler la h tela que pav^e, élabliseement de conduites d'eau ou de gaXf

•construction d'égouts ; surveillance de ces travaux ; mesures et correspondance à ce sujet ; communications avec la Préfecture de la Seine et les ingénieurs du service municipal au sujet des excavations du sol et des dégradations du pavé ; poursuites pour la réparation des parties de la voie pnblique à Tentretien des particuliers ; surveillance des carrières dans l'intérêt des ouvriers et de la sûreté publique ; indication à la Préfecture de la Seine des infractions aux règlements concernant les fosses d'aisances et le service de la vidange dans Paris ; surveillance de la construction, de Tentretien et de la vidange des fosses d'aisances dans les communes rurales du ressort de la Préfecture de police; règlements y relatifs. — Centralisation de toutes les affaires du ressort des architectes ; communication, pour ce service, avec les divers bureaux de la Préfecture. — Examen des candidats à l'emploi d'architecte.

Police des chemins de fer; suite adonner aux réclamations et plaintes de toute nature; surveillance des vendeurs de journaux, des marchands de comestibles et des buffets établis dans les stations ; examen des projets d'organisation de services et des propositions de tarifs; correspondance, à ce sujet, avec les compagnies et le ministère des travaux publics. — Publication des tarifs homologués par l'Administration supérieure; correspondance, au sujet de cette publication, avec les préfets de toas les départements traversés par les voies ferrées; examen des rapports mensuels et autres des ingénieurs du contrôle, centralisation des rapports quotidiens des comnûssaires de police spéciaux des chemins de fer ; examen de ces rapports et mesures qu'ils peuvent provoquer. ■ Surveillance des inscriptions des rues et des numéros des maisons, et correspondance à ce sujet avec la Préfecture de la Seine; exécution des règlements concernant les chéneaux et les gouttières ; surveillance des objets de petite voirie dans l'intérêt de la circulation ; répression des contraventions résultant de saillies ou d étalages mobiles disposés contrairement aux règlements; correspondance avec la Préfecture de la Seine tant en cette matière qu'au sujet des saillies dont Tautorisation doit être précédée de l'avis du Préfet de police ; réponse aux demandes d'avis pour les concessions d'emplacement d'échoppes et d'étalages fixes ou mobiles, ou d'un lieu de stationnement pour l'exercice d'une industrie sur la voie publique.

Exécution des règlements concernant les marchands ambulants; délivrance des permissions; surveillance et police de ces marchands, saltimbanques et musiciens ambulants ; jeux divers sur la voie publique.

A la Préfecture de la Seine, la direction de la voirie s'occupe de toutes ces questions. Le décret de 1859 aurait du supprimer ce bureau.

Et la police des chemins de fer s'étend-elle sur toute la France? Eh bien! et le ministre des travaux publics?

3" Bureau.

Voitures de place. — VoiCures de remise louées au mois ou à la journée. — Voitures sous remise marchant à Theu're ou à la* course. — Voitures de transport en commun ; règlement concernant le parcours des lignes et les services de correspondance. — Voitures spéciales des chemins de fer destinées aux Voyageurs. — Voilures dites des environs de Paris. — Voitures de roulage et de transport. — Porteurs d'eau. — Cochers, postillons^ charretiers et conducteurs de voitures de toute espèce. — Permis de conduire délivrés aux cochers. — Retrait définitif ou temporaire de ces permis'par mesure disciplinaire.

Préparation et exécution des ordonnances de police qui règlent le service des voitures de toute espèce.

Réception, enregistrement, conservation et restitution des objets oubliés par les voyageurs dans les voitures publiques. — Publicité donnée aux actes de probité des cochers.

Exécution des lois et règlements sur la police du roulage. -^ Notifications y relatives. — Fourrière de la Préfecture de police. — Dispositions à indiquer pour Téclairage de la voie publique.

Exécution des règlements 'concernant la salubrité et le nettoiement de la voie publique. — Correspondance avec la Préfecture de la Seine, pour les différents services qui intéressent la salubrité et le nettoiement de la voie publique, tels que le balayage à la charge de la Ville, Tenlèvement des boues et immondices, le curage d'égouts, Parrosement des places, des quais, des boulevards, etc.

Exécution des règlements concernant le forage et le curage des puits.

incendies; règlement des dépenses auxquelles donne lieu leur extinction. — Visite et réparation des cheminées en mauvais état. * Sapeurs-pompiers (dépenses du matériel). — Comptabilité.

Surveillance des fontaines publiques. — Répression des puisages illicites.

A la Préfecture de la Seine il y a des bureaux dont Ténumération des attributions est absolument semblable.

4* Bureau,

Travaux du Conseil de salubrité et des Commissions d'hygiène dans le département de la Seine, et dans les communes de Saint-Cloud, Sèvres et Meudon. — Exécution des lois concernant la médecine et la pharmacie. — Médecins, officiers de santé, sages-femmes, pharmaciens, herboristes, épiciers-droguistes. — Remèdes secrets. — Amphithéâtres et salles de dissection. — Inspection des eaux minérales naturelles et artificielles.

8(fc MÉCANISME ET PERSONNEL DE LA POUCE.

Surveillance des vases et ustensiles de cuivre. -^ Recherche et destruction de sels falsifiés, des sucreries colorées avec des substances vénéneuses, et^ en général, de tout ce qui intéresse la santé publique. — Maladies épidémiques. — Épizooties. — Vaccine. — Cimetières, exhumations et réinhumations. Transport de corps autopsiés, moulage et embaumement de cadavres. — Relevés des. décès qui ont lieu dans les arrondissements et dans les hôpitaux et hospices de Paris ; statistique annuelle des décès, par âge et par nature de maladie.

Exécution du décret du 9 septembre 1848, sur les heures de travail. ^ Exécution de la loi relative au travail des enfants et des filles mineures employés dans Tindustrie. — Exécution des règlements concernant rinsalubrité dans les dépendances des habitations. — Puisards dépôts d'immondices, animaux élevés à l'intérieur des habitations de Paris. — Dépôts d*engrais et d*immondices formés dans les communes rurales.

Lavoirs publics et bains gratuits ou à prix réduits. (Exécution de la loi des 28 novembre et 7 septembre 1800 et 3 février 1851.) Éclairage électrique, gaz portatif, comprimé ou non comprimé; examen de toas les appareils nouveaux pour la fabrication du gaz.

Forges et autres ateliers non classés. — Autorisations et surveillance des moutons, laminoirs, presses, balanciers.

établissements dangereux, insalubres ou incommodes. — Chantiers de bois. — Dépôts de charbon. — Ateliers de carbonisation. — Dékuts de combustibles. — Brasseries. — Appareils à vapeur. -^ Locomotives sur les chemins de fer.

Recherche, abatagc et équarrissage des chevaux morveux et des autres animaux dangereux ou attaqués de maladies contagieuses. — Exécution . des règlements concernant les chiens bouledogues. — Échenillage dans le ressort de la Préfecture de police. — Équarrisseurs. — Abattoir communal pour les chevaux. — Artistes vétérinaires.

Tirs ou essais d'armes à feu, tirs de pièces et de feux d'artifice. -— Débits de poudre. — Surveillance du transport des poudres et amorces fulminantes. — Bruits nocturnes et bruits de cors et autres instruments bruyants. — Secours publics aux noyés, asphyxiés, etc. — Police de la Morgue.

Nous n'avons pas voulu éparpiller notre critique en commentant cette longue liste d'attributions. Nous espérons cependant que le lecteur voudra bien la parcourir. Il sera ainsi convaincu que la Préfecture de police a conservé les vieilles prétentions que Delamarre donnait à la police. Le citoyen est libre de tout faire, mais avec son autorisation. La loi est appliquée, comme elle le veut bien. Le Préfet de police est le maître de la sûreté générale. Sa principale fonction, c'est la police politique. Les bu-

LES BOREAUX.

reaux de la première dÎTision sont les maîtres de lajualicB. i

Le porBonnel des bureaux, qui tieEt ainfii dans ses m la vie, l'aclmté el les secrets de Paris, se compose de |

Je détacliB ici une lettre du Vieux petit employé. Personne n'a voulu s'y reconnailre à la Préfecture de police; roaia tout le monde a reconnu le personnage en question.

u J'ai annoncé que je raconterais une histoire russe.

a Tout le monde sait qu'en Russie le gouvernement Bfl centralise dans la troisième section de la chancellerie appelle ainsi la police. Comme dans toutes les autocraties où il n'y a pas de coatrflle public, où toute initiative doit venir de l'empereur, le chef de la police a tout pouvoir; il espionne les générauï, les juges; il peut l'aire empoigner UQ homme et le faire disparaître à son gré. Il est tout.

a On peut se figurer ce qu'est une administration ayant une semblable puissance, responsable seulement devant l'empereur, qu'elle maintient avec soin dans l'ignorance de toutes les vérités qu'il lui importerait de connaître; ayant des espions derrière chaque porte et ne reculant devant aucun moyen de corruption et d'intimidation.

« Si le chef de la police substitue son action à celle de l'empereur, car auprès de tout despote il y a forcément un vJEir, BOUS un nom quelconque, à son tour il a un sousvizit à câté de lui, qui, entrant dans les détails de la besogne quotidienne et du personnel, finit par avoir l'autorité réelle.

« Au moment où l'histoire que je raconte est arrivée, la sous-vizir était un Russe qui avait cela de particulier, qu'il n'âtait pas Russe! On sait que aouvenl la Russie a élé gouvomée par des étrangers. Il avait russifié son nom. NouB l'appellerons Boutoff, si vous voulez, pour les commodités du récit.

« Ce Boutoff était un bon policier, dévoré d'amîb^tiony peu scrupuleux sur les moyens, mettant volontiers 'la main aux vilaines besognes et l'y enfonçant jusqu'au coudé.

« Malheureusement on n'est pas parfait. Gç BoutoJBf fivait deux passions : l'argent, passe encore; mais il aimait les femmes, et il les aimait d'autant plus qu'il n'était pas assez beau pour avoir des chances d'être aimé pour lui-même.

ce II avait une maîtresse; voulant s'en débarrasser, il n'alla pas loin : il la maria à son frère, qui ignorait sa situation antérieure.

« Une fois mariée, Boutoff voulut renouer ses relations avec elle. Elle refusa. Il la poursuivit de ses obsessions. Épouvantée, elle raconta tout à son mari. Celui-ci se brûla la cervelle ; la femme alla se noyer dans la Neva, d'où elle fut retirée et exposée à la Morgue.

a Malgré tout, quoiqu'il n'y ait point de journaux libres dans l'empire des tzars, cette aventure fit quelque bruit, ce qui ennuya Boutoff, mais ne le corrigea pas.

« Que voulez.-vous? c'était dans sa nature à cet homme..

« Il était comme qui dirait subrogé-tuteur (je ne sgis pas le mot analogue au mot russe en français) d'une jeune fille dont le père s'appelait B...off et avait une place importante dans un grand établissement, quelque chose comme dans les archives de l'empire.

« Bputoff ne put pas résister. Il la séduisit, je ne sais par quels moyens, et la mit enceinte. La malheureuse — elle était toute jeune — avoua tout à son père, qui faillit en devenir fou. Quant à elle, elle se jeta dans un train de chemin de fer. Quelques jours après, on retrouvait son cadavre sur le bord de la mer.

ce Si sévère que fût la censure, les journaux murmurèrent quelques mots de ce draûae. Boutoff fut encore ennuyé, parce qu'il craignait pour sa place; mais il avait su se faire une position tellement forte qu'il fut à peine ébranlé.

a Boutoff était cependant marié et père de famille; mais, que voulez-vous ? il est naturellement polygame. Ces leçons ne peuvent le corriger. Il eut une nouvelle maîtreôse.

Naturellement, il la logeait et la meublait aux frais de la troisième section» Il l'amena même demeurer au ministère de la police, afin do n'avoir pas à se déranger, avec une de ses amies qui était en même temps la maîtresse d'un de ses subordonnés et amis. Naturellement, on mit un homme de la police au service de ces dames. Cette fois-ci, il n'y eut qu'un cadavre : ce fut celui de la femme du subordonné qui, couchant dans une pièce voisine de celle de la maîtresse de' son mari, mourut de chagrin.

« Tout allait pour le mieux pour Boutoff. Il était heureux. Il était de plus en plus puissant, quand ces faits, dénoncés par le fameux journal d'Hertzen, le GoloSy furent mis sous les yeux- du nouveau chef de la troisième section. Par hasard, celui-ci était honnête homme. Il trouva que, si cela était vrai, son sous-vizir ne pouvait guère rester à la tête d'une administration qui avait pour prétention de protéger la morale publique. Il fit une enquête. Boutoff n'en attendit pas le résultat et disparut

a Vous voyez bien que lorsque je vous annonçais une histoire russe, c'était bien d'une histoire russe qu'il s'agissait ; car personne n'admettrait qu'une pareille histoire ait pu se passer en France, même à un moment où la France ressemblait tant à la Russie.

Voilà pour la morale. Voyons la politesse.

En dehors du bureau des prisons, où M. Régnier donnait, d'une manière fort convenable, l'autorisation de voir des prisonniers, je n'ai eu affaire que deux fois avec d'autres bureaux, et je n'ai pas eu de chance.

Le 13 jiiin 1876, je passais, par hasard, devant la Préfecture de police, quand un électeur du quartier Saint-Avoye,

que je représentais alors, nommé Chambaraud, me rencontra. Il propageait un appareil de sauvetage en cas d'incendie. Il avait demandé l'autorisation de faire une expérience publique pour le dimanche suivant, et on ne lui répondait pas. Pensant qu'en se faisant accompagner par un conseiller municipal, il pourrait avoir une réponse plus prompte, il me pria d'entrer avec lui au bureau des théâtres.

Je pris une de mes cartes. Il n'y a pas d'huissier à la porte de ce bureau. Nous y entrâmes. Je remis ma carte à l'employé auquel nous avions affaire et je lui demandai la réponse.

— Dans une huitaine, monsieur, me répondit-il.

Je crus qu'il avait mal compris, et je lui fis observer que la demande était faite pour le dimanche prochain.

— Monsieur, me répondit-il, vous n'aurez pas la réponse avant huit jours.

. — Je ne puis me contenter de votre réponse, lui répli-

quai-je.

, — Monsieur, si vous n'êtes pas content, sortez. Vous

n'avez pas à discuter ici,

— Fort bien, monsieur. Mais veuillez me donner votre nom.

— Mon nomi jamais ! Voilà le cas que je fais du vôtre! et il jeta ma carte à terre en criant je ne sais quelles injures.

Je sortis, et je montai immédiatement chez M. de Bullemont pour l'informer de ce qui venait de se passer. Je dois reconnaître que M. de BuUemont en parut contrarié. Les employés de la Préfecture de police pouvaient mépriser tant qu'ils voulaient les conseillers municipaux, mais au moins il fallait sauver les apparences. Il descendit immédiatement avec moi chez le chef de bureau.

On fit monter l'employé, qui ne nia aucun des faits et chercha à peine à les atténuer.

M. de BuUemont lui fit des reproches, lui demanda pourquoi il n'avait pas donné son nom, en lui disant qu'il

LES BUREAUX. fc9

était du devoir de tout employé de donner son nom à toute personne qui le réclamerait»

M. de Bullemont lui demanda de me faire des excuses. Sur son refus, M. de Bullemont lui déclara qu'il ne pouvait pas continuer à faire partie de l'administration.

Le chef du cabinet du Préfet de police m'écrivit la lettre ci-dessous :

19 juin 1876.

Monsieur le Conseiller municipal,

Pour faire suite à notre entretien de l'autre jour, je m'empresse de vous faire connaître que l'employé de ma division dont vous aviez à vous plaindre vient d'être l'objet de la part de M. le Préfet d'une mesure de révocation, et qu'au moment où je vous écris il ne fait plus partie du personnel de l'administration.

Le chef de cabinet^ Paul Jolly.

Le Préfet me renouvela ses excuses de vive voix. C'était fort bien. Mais le nom? Le bureau du Conseil municipal le demanda de son côté. Il n'y eut pas moyen de l'obtenir. Je suis convaincu que, sorti par une porte, cet employé est rentré par une autre, et que son outrage à un conseiller municipal lui a valu un avancement inespéré. La mesure n'était qu'une mesure de parade.

J'ai cité dans la, Prostitution^ un échantillon du langage de M. Coué, le chef du second bureau de la V^ division. Ab uno disce omnes.

Page 1