Voir liï. IV, d
94 MÉCANISME ET PERSONNEL DE LA t»OLICE.
donnât un reçu à' chaque agent qui se présenterait, pour dresser un procès-verbal de contravention. Ces reçus étaient remis par les inspecteurs aux officiers de paix^ qui les déposaient au cabinet du Préfet. Le lendemain, les commissaires de police envoyaient également leurs procès-verbaux. On comparait les deux totaux. S'il y avait une différence, on cherchait le commissaire de police, cause du déficit : et alors, il sentait peser sur lui tout le courroux du Préfet de police. Si les malheureux commerçants tracassés se plaignaient au commissaire, celui-ci n'avait qu'une chose à leur répondre : — Que voulez vous? M. Mangin exige du nombre I
Quand la révolution de 1830 arriva, plus d'un boutiquier, en prenant son fusil, vengea, en même temps que la Charte, ces contraventions absurdes.
Quand le commissaire de police a été institué par la Révolution, c'était une sorte de magistrat pacificateur, toujours en contact avec le public. Malgré l'arrêté de messidor, à travers des phases diverses, quoique ce rôle ait été souvent méconnu et dénaturé par ceux qui étaient chargés de ces fonctions, le commissaire de police a toujours gardé quelque chose de ce caractère : et pour ce motif, il a toujours été tenu en suspicion par la Préfecture de police. Elle ne l'a jamais assez trouvé dans sa dépendance. L'officier de paix, au contraire, voilà son homme! Ce n'est en réalité qu'un gardien de la paix qui a des galons d'argent et une épée. C'est un agent d'exécution, dans la main du Préfet de police, devant avoir l'obéissance passive du soldat. Delà, le rôle prépondérant que le Préfet de police s'est attaché à lui donner, afin de s'assurer, dans toute l'étendue de Paris, une action centralisée, une, sans contrôle et sans délibération, belliqueuse, agressive-, contre la population.
S'il y a conflit entre un commissaire de police et un officier de paix, le conflit ne se limite pas là. L'officier de paix en réfère au chef de la police municipale. C'est donc, en réalité, le chef de laJPolice municipale que le commissaire