Secrétaire à
1 Officier de paix à
1 Inspecteur principal à
2 Brigadiers à
4 Sous>brigadiers 38 Inspecteui*s
Le tableau ci-après indique exactement la progression constante du nombre des agents de la Police municipale depuis 1854 jusqu'en 1878.
du n seplnmbre 1B54
du Ï7 novembre 1859 H loi i)u 6 juillet 1 860.
I3mail866
13 juillet 1861
du 20 juin 18J1 et loi du ib jajivier 1872...
de l'ii adopté par la Chambre le t6 février et tiou budgétaire du Sénat du 19 mars 1878..
éfecture de police, à l'égard du Conseil municipal, te cet arrêté de icllc manière qu'à l'entendre, il qu'à inscrire ce chiffre en bloc, sans avoir le droit niscer dans l'organisation de la Police municipale, une intcrprÉlalion sur laquelle noua reviendrons aouB examinerons les rapports de la Préfoclure de .vec le Conseil muaicipal.
ké du 20 juin 1871 augmenta de 2,000 le nombre diena delà paix. Pourquoi? Pour des motifs poli- M. Paris, rapporteur de. la loi du 25 janvier 1872, ua t le Gouveraenient avail voulu non seulomeol ir les services et donner à la police municipale une ation militaire, mais débarrasser l'armée régulière les po»j(es disséminés qui l'exposaient, par petits I, au contact toujours fàobeux de la population civile». Tillancourt parlait « des élémonls do discorde » qui ïnt une police active. M. Paria terminait la discusdiaaut : « Tout le monde sait que le Gouvernement, mentant le nombre des agents do police, a pourm but essentiellement politique, essentiellement
social, » M. Léon Renault, dans ses Notes sur la réorgch nisalion des gardiens de la paix^ disait : « Dans l'état de trouble et de désarroi où les derniers événements ont jeté le sentiment public, une police largement et vigoureusement constituée est une nécessité de saJut; le maintien de Tordre est à ce prix^ n Mais il faut distinguer entre les deux grandes divisions qui séparent les agents de la police municipale :
P Les uns sont les agents en uniforme, connus sous le nom de gardiens de la paix ;
2*^ Les autres sont les agents sans uniforme, connus sous le nom d'inspecteurs de police.
Us entrent à la police dans les mêmes conditions; ils ont les mêmes conditions d'avancement et de retraite, avec des différences cependant assez sensibles dans les gratifications.
Nous ne croyons pas que le corps des gardiens de la paix soit trop nombreux : car il faudrait leur donner un rôle plus actif que celui qu'ils ont, tout en épargnant leur force; il faudrait remplacer par leur police ouverte la police occulte à laquelle se livrent certaines brigades d'inspecteurs, comme la plupart des brigades do recherches. Leur nombre, augmenté de 300 par délibération du Conseil municipal du mois de décembre .1882, non mise à exécution, serait suffisant, avec la réorganisation des services de la police et la transformation de ses pratiques et de ses moyens d'action.
La Police municipale, comprenant tous les officiers de paix, tous les inspecteurs de police, tous les gardiens de la paix, est sous les ordres d'un chef et d'un chel-adjoint. Ce chef de la police municipale a sous ses ordres le chef de la sûreté, qui est actuelkment commissaire de police. Dans le procès de la Lanterne^ le substitut, voulant faire ressortir la grandeur de l'attaqué et l'infimité de Tatta-
1. Voir le rapport de M. Sigismond Lacroix; les citations sont plus développées.
LA POLrCË MUNICIPALE. 105
quant, le présentait comme commandant à 10,000 agents. Les chiffres ronds contiennent à la rhétorique ; ici, ils étaient un peu gonfles, mais il n'en est pas moins vrai que le chef de la police municipale eut à la tête d'une Térilable armée, à laquelle il commande seul, qui ne reconnaît que son autorité. Nous avons déjà signala, dans le chapitre précédent, lesincan-véniûDts de cetle organisation au point de vue des commissaires do police. L'examen de détail des servicea do la Police municipale en montrera encore mieux les vices.
Le chef de la Police municipale a entre ses mains tout le pouvoir exécutif de la Préfecture de police ; il commande à tous les officiers de paix, à tous les inspecteurs de police, à tous les gardiens do la paix. C'est à lui que les ol'ficierB de paix adressent leurs rapports. Il a donc à sa disposition la police politique, la poUce judiciaire et la police administrative. S'il veut pousser une affairo ou en étouffer une autre, il le peut. Il ne devrait être que le chef des gardiens de la paix ; en réalité, il est le maître de la police.
Tel il est, telle est la police; car elle s'inspire de son esprit.
Avant le 4 septembre, M. Nusse était le chef de la Police municipale. II eut pour successeur M. Ansart.
Le Ki'ewo; petit employé avait osé parler des palinodies de ce dernier. 11 se trouva offensé et poursuivit la Lanterne, considérant ce mot comme un outrage.
J'emprunte les passages suivants au compte rendu du procÂB :
Déposition de M. de K.ératry.
If. de Kéralry. — J'ai, en elTet, vu M. Ansart, & mon arrivée h la Prtbctnre, mais il est poesible que j'aie perdu mémoire de certains railB.
H. Ansart s'eit recommandé k moi lui-m£me, par ses proteetationi de dévouement vis-à-vis du régime nouveau, et, quand j'ai dû me priver des services de M. Meltetal, Je l'ai appelé à remplacer ce dernier. Je dois dire qu'il m'a facilité ma lAchc et j'ai trouvé t-hez lui un partisan si dévoué du régime nouveau que j'ai cru bien faire en le plaçant à ft léte de la police municipale.
M. Delattre. — Postérieurement .M. de Kcralry a-t-i1 pu vérifier la
valeur de ces premières protestations de dévouement? M. de Kénitry vient de dire qu'il a été tellement touché de ces premières démonstrations de dévouement de M. Ansart, qu'il lui a donné un poste important; mais, plus tard, ne s'est-il pas aperçu que ces premiers aetes n'étaient pais sincères?
M. Ansart n'a-t-il pas fait suivre M. deKératry par sa police, etoelnici, indigné, n'est-il pas allé trouver M. Thiers pour le prier de le déba^ rasser des gens qui le poursuivaient?
M. de Kératry avait le grand tort d'être républicain et on le faisait sn^ veiller.
A-t-il vu M. Ansart le 4 Septembre, et celui-ci lui a-t-il adressé les paroles que j'ai déjà citées? Plus lard n'a-t-il pas été filé parce qaH était fonctionnaire républicain? Ainsi, voilà un homme qui est impQff> tant; il est député, il arrive à la Préfecture de police, un homme se précipite faisant des protestations de foi républicaine, et ce même homme fait surveiller ensuite le Préfet qui a accepté ses services, comptant sor ses protestations; c'est ce que j'appelle une palinodie et je do» le prouver.
M. le Président, — Vous avez demandé à faire entendre M. de Kératrj; il fallait Tinterpeller sur un fait déterminé et il a répondu. Y a-tril iw autre passage, dans les articles du journal, sur lequel il puisse être interrogé?
M. Delatlre. — Mais M. Ansait a dit qu'il voulait faire disparaître tous les républicains.
M. le Président. — Vous avez entendu parler de cela, monsieur de Kératry?
M. de Kératry. — J'ai été, en effet, suivi par les agents de M. Ansart avec tant de persistance et d'acharnement, que j'ai été obligé de me plaindre à M. Thiers et de le prier de me débarrasser de ces agents.
M. Delattre reprit :
Si je vous disais que M. Ansart est animé contre la République d'une haine qui va jusqu'à la folie au troisième degré, vous ne me croiriez pas; mais vous croirez M. Ansart lui-même. Voyez, messieurs, comment il parle des maires de Paris qui se sont le plus distingués pendant la Défense nationale :
« J'ai vu les maires se préoccuper de la question de l'armement, qui « a eu des conséquences si importantes, et sous prétexte de chasseriez « Prussiens, on travaillait en réalité à organiser la guerre des rues.
« Ainsi, dans le dix-huitième arrondissement, M. Cresson a fini par a faire saisir des milliers de bombes que iM. Clemenceau faisait préparer; « c'étaient des bombes que nous avions déjà vues sous l'empire. On repre- « nait les errements d'autrefois. Evidemment de pareils engins ne poa- K vaient avoir aucune utilité vis-à-vis des Prussiens. Je suis convaineu « qu'on a dépensé à celte fabrication des sommes considérables. »
£t de qui parle- t-on en ces termes? D'un maire de Paris, d'un député
a marqué II
(Mouvement prolongé
trouver mâles... Je le
général dans Tau*
valeiu' morale, c'ut 1
LA POl.rCE MUNICITALE.
de bi Seine. Soutenir qu'un répnblicain. noue la République, travaillée ' faire la guerre des mo en compagnie de l'honnête Durian, dans iflipaïsibie ficoni^voïr. Vous hésiteriez d constater ici le caracli'iri Aliénation roenl«le poussée A sa plus hniite périodel
Et cctta épouvantable calumnie, encore une fote, contre qui esl-elle lancéeï Contre l'homme de la bravoure innée, qui avait riHjué géndren- Bement sa vie pour sauver les généraux Lecomte et Clément Thomas. Non, il n'y a là trace ni de raison, ni de cœur. Décidémentj j'aime miens mon ttmoio Charvel.
Ce n'est pas tant, attendez. Monsieur l'avocat de la République, von* Tons souvenez du murmure profondément sympathique que vous avel soulevé dans cet auditoire en prononçant le nom et en bisant l'éloge <)• celui que nous appelions, en 1S70, l'âme de ta défense nationale, notrn confrère Gambella.
Ëcoutez ce (|u'en dit M. Ansart, votre témoin.
M.de la Roolirthulon. — Pouvez-vous médire si vous avez vti la nutïn de M. Gambetla mêlée aux alTaires de la Commune et de l'Internationale?
Jtf. ^»MU?'(. — Jenel'ï i dans l'auditoire.) MU. Spulli crois sans pouvoir l'aFIirmei ditoire.)
C'est donc ce témoin qui ce témoin, dit--je, qui se fait notre accusateur, parce que écrit qu'au mois de décembre 1877 il accordait toutes ses sympathies à l'idée du coup d'État, annoncé tous les Jonrs & grand orchestre, par le Paija, l'Ordre et autres fenilles du même parti; mais il n'a pas seulement détesté la République en décembre 1877, sa vie a été un perpétuel' ' imbBt contre lesinstîtutions républicaines. Résumonsleeprincipauxactes acoaduile k la Préfecture depuis le 4 Septembre, d'après les arti- '' g précises des témoins entendus hier. Au 4 Septembre, écouf les lèmoins Charvet et le comte de Kérali?.
it que l'impératrice, aux Tuileries, appelait autour d'elle ses , SOS sénateurs, ses grands ofUciers, et qu'on répondait: - Ils lont touï partis; ■■ pondant qu'éperdue, elle cherchait un ami qui pâtia e trouvait de refuge que dans le coupé d'un dentiste amè- I, que faisait M. Ansart?
Nous l'avons déjà raconté. Il se précipilsit au-devant de M. de Kéralry, el acclamait la venue de (.■«jour tant fUsirê ; il protestait de son dévouemeoLi la République, si bien que M. de Kératry lui donnait géoéren- ■ement plus lard un grade supérieur.
M. Tbinrs devient président de la République, M. de Kèratry est un Je ses principaux préfets ; comment U. Ansart remercic-t-il M. de Kéralrï *
Il le fait suivre par sa police secrète ; il emploie les fonds de l'Élat et les hommes que l'État lui canBe à faire fiU-.r le préfet de la République aa département des BoucheEi-du-Dhùne. ■ Il m'a fallu pour m'en débarer, dit M. de Kératry, que j'aille me plaindre à M, le président de
la République. M. Thiers fut indigné et donna des ordres pour faire cesser un pareil scandale. »
M.Thiers avaitchargé M. Ansartd'un service comprenant 10,000 hommes. M. Thiers meurt ; Paris tout entier, amis et adversaires, se porte sur les boulevards pour saluer au passage le convoi du premier président delà République. Un ordre admirable a régné partout.
Que se passe-t-il dans les postes et bureaux de MM. Brissaud» Ansart, Lombard, Jacob, etc.? Vous avez des dépositions précises; ils vous ont dit ce que d'ailleurs tout Paris savait : que tous les agents bonapartistes 4" l'ancien personnel — exhalaient leur haine contre M. Thiers, da&s (m termes les plus orduriers : — Fnfinnous voilà débarrokSBés de cette Vieille charogne/
Un mot sur l'attitude de M. Ansart le républicain, au 16 Mai; j'ai bien le droit d'en parler ici devant M. le Préfet de police. Un fonctionnaire de Tordre politique a ses lois de délicatesse, de pudeur, de loyauté, qni constituent sa valeur morale. Qu'a fait M. Gigot? Il était préfet de )a République, sa conscience n'a pas hésité : il a donné sa démission, il a honoré la conscience publique, tous les honnêtes gens l'ont applaudi... et l'applaudissent encore.
Que fait M. Ansart? Il s'empresse de courir auprès du nouveau ministre, M. de Fourtou; j'ignore s'il lui a répété les congratulations adressées le 4 Septembre sur l'arrivée de ce jour tant désiré; mais, ce que je n'ignore pas, ce sont ses actes. Il expédie en province ses inspecteurs municipaux, peut-être payés par l'argent du Conseil municipal ; il en fait des agents actifs pour combattre les candidatures des députés républicains. J'ai déposé ce matin des conclusions dans lesquelles j'ai donné la liste des principaux agents chargés de manœuvrer en province.
D'autres passages de la déposition de M. Ansart dans l'Enquête dulS mars prouvent Tesprit du personnage.
Je fus assez heureux pour faire quelques arrestations. A/, de la Rochethulon, — Il faut dire qu'il y a peu de bons ouvriers d epuis six mois.
if. Ansart, — Je ne vois plus de bons ouvriers depuis le 4 Septembre.
Personne ne doutera maintenant que M. Ansart, général des 8,000 hommes de la police municipale, ne fût prêt à s'associer au premier coup d'État qui paraîtrait à Thorizon.
Cependant M. Giçot s'acharna à le couvrir de « son affec-