‹ La policeChapitre 43 sur 139 · I. T. li · texte numérisé non relu

I. T. li

Les officiers de paix, commandant les brigades de recherches, jusqu'au procès de la Lanterne^ les ont souvent employées à leur usage personnel. Quand on a un instrument pareil sous la main, il est bien difficile de résister au désir d'en user. Cette habitude était si bien entrée dans les mœurs qu'elle avait donné lieu à deux locutions : les agents disaient qu'ils « travaillaient pour le compte de l'Administration » quand ils faisaient leur métier, et qu'ils « travaillaient pour le compte du patron » quand ils opéraient pour leur chef. Il n'y avait pas do ocmfusion possible entre les deux services : pour ce dernier^ ils touchaient toujours des gratifications plus fortes que pour l'autre. Je ne suis pas bien sur que ces habitudes aient complètement disparu.

Les officiers de paix de certaines de ces brigades font une police en dehors du Préfet de police; les deux premières brigades de recherches ne sont employées cpi'à la police politique, ce qui n'empêche pas les autres d'y collaborer plus ou moins, c'est-à-dire à espionner des hommes politiques, depuis les ministres jusqu'aux anarchistes.

Dans rénumération des attributions des brigades de recherches, on voit une foule d'enquêtes plus ou moins inutiles. L'administration croit toujours que rien ne doit se faire sans son intervention.

La concentration des services à la Préfecture de police est une cause de perte de temps considérable, multiplie les frottements, les tiraillements, les formalités, les écritures. Tous les matins, les inspecteurs de police doivent se rendre au rapport. A certaines heures du jour, tons sont groupés à la Préfecture de police.

On a la manie écrivassière à la Préfecture de police. Les agents doivent faire des rapports. Beaucoup passent plus de temps à écrire des rapports qu'à faire des recherches. Puis, il y a tout un personnel occupé à les recopier, à les classer; 12 ou 15 inspecteurs dans certaines brigades servent de secrétaires, et ils touchent des gratifications plus élevées que ceux qui font le service actif.

D'autres sont délachéa à des bureaux doat les attribations n'intéressent en rien la sécurité des ciloyeuB.

Kou8 n'avons pu découvrir, il est vrai, le personnel di lîné à lire tous ces rapporta.

La police ne doute de rien, et certains chefs do service ont une confiance absolue dans la compétence universelle de leurs agents. Jo pourrais citer tel modeste inspecteur qui est chargé de faire, deux fois par mois, un rapport sur la situation politique, sociale, économique, financiôre, commerciale, etc., etc., de la France, de l'Europe et du du monde I Demander un tel travail à un seul hommf prouve une étrange naïveté, de la part d'une adminiatri tion qui n'a pas le droit d'être naïve.

D'après les Notes, soit iînpriméea, soit manuscrites (n*" 122) communiquées par la Préfecture de police, on croirait qu'il n'y a pas un seul agent qui s'occupâtde politique: mais à la commission du budget, le Préfet de police et le Chef de la police municipale ont bien été obligés de reconnaître que telles élaient les attributions presque exclusives des deux premières brigades. Quant & la troisième, elle a pour unique fonction de faire des enquêtes sur les candidats aux divers emplois do la Préfecture de police. C'est peut-être beaucoup de 80 agents pour celte besogne. La Préfecture de la Seine a un per- SOnnelplusnombrouxquelaPréfecture de police etn'apas beBoin d'une brigade pour opérer les enquêtes de ce genre.

La quatrième brigade a élé licenciée, la 12 mars 1879.

La cinquième brigade de recherches a dans ses attributions les enquêtes à faire sur les marchanda des qualre saisons, sur les demandes d'ouverture d'établissement autorisés.

Le nombre des inspecteurs de celte brigade aurait dû être réduit depuis que les débitants de boissons ne sont plus assujettis à l'autorisation préalable. Il n'en a rien été. Â l'effectif de cette brigade s'ajoutent neuf inspecteurs des combusiihies qui jouissent d'un traitement supérieur à celui de leurs collègues dos autres services.

Depuis le !•' janvier 1876, au fur et à mesure des extinctions, les inspecteurs des combustibles sont remplacés par des agents qni entrent aux conditions fixées pour tous les agents de la police municipale.

En réalité, sur les 800 (chiôre exact en 1882-1883) inspecteurs qui composent les brigades de recherches, il n'y avait que 230 agents employés réellement au service de la sûreté. L'arrêié du 9 mars 1881 y joignit les 85 agents des mœurs, mais cette mesure bien loin de fortifier cette brigade, l'affaiblit en la détournant de son véritable caractère. La Préfecture de police a bien été obligée de constater le fait elle-même : car il a été plusieurs fois question d'en revenir à l'ancienne séparation.

Les autres sont tous occupés de recherches politiques, d'enquêtes particulières qui n'intéressent en rien la sécurité des parisiens.

La répartition du personnel de la Préfecture prouve que, tandis qu'elle a pour mission apparente d'assurer la sécurité des citoyens, son organisation est telle que cette préoccupation y occupe la plus petite place.

Gardiens de la paix.

Les gardiens de la paix portent un uniforme, les inspecteurs n'en portent pas ; hiérarchiquement, les inspecteurs n'ont pas une meilleure situation; ils entrent aux mêmes appointements, seulement ils bénéficient de frais de déplacement, de gratifications, et ils risquent d'avoir de temps en temps de bonnes affaires que les autres n'ont pas.

Brigades ccnlrnlcs.

ic Les quatre premières, disent les noies de la Préfecture de police, font chaque jour le service de la Préfecture, le service des théâtres, des ials, des concerts et du Bois de

« Elles ont en outre un service de réserve destiné à se porter sur tel point de la ville où la présence d'un renfort est jugée nécessaire.

« Elles ont une marche particulière, réglée sur la nature des services qui leur sont commandés.

« Elles forment l'appoint le plus utile dans les grands services organisés à propos des courses, revues, fêtes publiques et de toutes les cérémonies réunissant sur certains pointa une grande affluence de population.

B La cinquième brigade centrale, chargée de l'attribution des voitures, a pour mission de veiller à l'exécution des règlements relatifs à la circulation des voitures dans Paris. Les agents sont répandus sur toute la ville. Elle surveille particulièrement les points où la circulation est la plus active, organise les défilés des voitures et concourt dans la partie qui lui est propre au service fait par les autres brigades centrales aux abords des théâtres, aux courses de chevaux, revues, etc.

a La sixième brigade centrale ou brigade des Halles assure la libre circulation dans le périmètre des Halles centrales, et veille à l'exécution des règlements en ce qui concerne l'arrivée et le placement des voitures d'approvisionnement, le dépôt et l'enlèvement des marchandises; son rôle est strictement limité au service des Halles centrales.

Les agents qui la composent font un service plutôt de nuit que de jour; aussi l'effectif de la brigade, complet de minuit à dix heures du matin, est-il beaucoup diminué dans la journée. »

Les k brigades centrales sont composées de 4 officiers

de paix, 4 brigadiers, 56 sous-brigadiers, 376 gardiens. Total 440.

La cinquième brigade centrale, chargée des voitures, se compose de 11 1 agents.

La sixième brigade ou brigade des Halles de 90.

Total : 641.

Brigades d'arrondissements.

Chaque arrondissement a à sa tête un officier de paix qui, sous les ordres du Chef de la police municipale, commande à :

3 Brigadiers; 24 Sous-brigadiers;

et à un nombre de gardiens de la paix variant selon Timportance et Tétendue de Tarrondissement.

Un poste de police existe dans chaque quartier. L'un de ces postes, siège de l'officier de paix, porte le nom de poste central.

L'effectif de chaque arrondissement est divisé en trois brigades, commandées chacune par 1 brigadier et 2 sousbrigadiers, que pour la commodité du service on désigne par les lettres A, B, C.

Chaque brigade se subdivise en quatre sous-brigades, c'est-à-dire une par quartier. »

Chaque sous-brigade comprend deux sous-brigadiers et autant d'hommes que le comportent Timportance du quartier et le nombre des îlots.

Le roulement de brigade dans chaque arrondissement est réglé de façon que les hommes accomplissent en conséquence 8 heures de service pour 24 heures, la moyenne étant prise sur 72 heures.

Depuis rétablissement des îlots, des attributions nouvelles ont été données aux gardiens de la paix sans que pour cela les effectifs aient été augmentés. Ainsi les bri-

gades d'arrondissement ont été successivement chargées, en outre du service des îlots :

P De la surveillance des stations de voitures (1^' janvier 1874);'

2® De la surveillance des marchés de détail (1^'' janvier 1875) ;

3° De la garde des postes de secours établis sur les berges ;

4° Du remplacement, par voie d'extinction, des inspecteurs des commissariats de police (1«' janvier 1879) ;

5^ Du service des abattoirs (29 mars 1878).

Il existe 175 stations de voitures pour lesquelles 525 hommes sont détachés, le service étant, comme il a été dit, divisé en trois parties.

Les marchés de détail occupent :.

4 brigadiers.

4 sous-brigadiers

40 gardiens de la paix. —

Voici comment se répartit* le- personnel entre les divers arrondissements:

V" Arrondissement. — Personnel : 292 personnes.

2° Arrondissement, — Personnel : 266 personnes.

3" Arrondissement. — Personnel : 254 personnes.

^c Arrondissement. — Personnel : 264 personnes.

h"' Arrondissement. — Personnel : 279 personnes.

6* Arrondissement. — Personnel : 279 personnes.

■Je Arrondissement. — Personnel : 281 personnes. •

8® Arrondissement. — Personnel : 316 personnes.

9* Arrondissement. — Personne! : 313 personnes. 10' Arrondissement. — Personnel : 318 personnes* l]e Arrondissement. — Personnel : 297 personnes. 16° Arrondissement. — Personnel : 300 personnes. 17" Arrondissement. — Personnel : 294 personnes. 18** Arrondissement. — Personnel : 303 personnes. • • • 19* Arrondissement. — Personnel : 322 personnes. 20° Arrondissement. — Personnel : 328 personnes.

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