SOMMAIRE
omplots royalistes.
{Sutte)
L^organisation des comités dans les départements se confirme ; des tentatives d'embauchage ont été faites par lesdits comités, visà-vis de fonctionnaires et dans l'armée.
Quelques fonctionnaires et officiers ont siune adresse qui leur était présentée. Cette adresse qui n'était qu'un el au roi était lithographiée : l'envoi venait de Paris. es renseignements qui nous sont transmis de Poitiers, Tours et Châeraut confirment les mômes tentatives.
•es que de nouveaux renseignements nous parviendront, nous vous ferons parvenir, et cela jusqu'à minuit; si besoin est.
A. minuit, en effet, second rapport :
..es renseignements qui nous parviennent de tous les côtés confirment IX contenus dans notre rapport 41» de ce jour, ^omme suite à la note qui nous a été transmise^ deux agents, X... Y..., it être envoyés sans retard à...
Signé : Le contrôleur général, Gauthier de Noyelles.
Le service du contrôle envoya alors quatre agents de n service, MM. Lebrun et Lebise, à Angoulême, Bettorse Mires à Limoges.
Le bureau d'agents provocateurs installé rue de Laharpe, us les ordres de l'ancien commissaire de police de Monire, brûlé par la Lanterne en 1882, relevait du contrôle néral. Il a eu également la main dans les complots royales dont on a parlé au mois d'août 1883.
Ne sont pas régulièrement compris dans ces cadres, mais ►ntprévuspar l'arrêté du 20 juin 1871, «les agents auxi-
liaires », autrement dit les indicateurs. Nous en reparlerons plus loin.
Il faut ajouter à ce personnel 19 employés au service de la navigation et ports; 16 aux poids et mesures; "55 aukboratoire de chimie; 12 architectes et inspecteurs pour les services désignés sous cette rubrique : police de la voie publique, sûreté et salubrité; 216 cantonniers aux stations de voitures; 26 membres titulaires du conseil d'hygiène; 13 médecins du dispensaire.
Nous ne parlons pas des pompiers, qui forment un corps tout à fait en dehors de la Préfecture de police^ ni de la garde républicaine.
Quelle est la psychologie exacte de tous ces agents de la police?
Elle est complexe.
Les inspecteurs de police ne veulent pas être confondus avec les gardiens de la paix, quoiqu'ils leur soient complètement assimilés pour les appointements et la retraite. Ils ne portent d'autre uniforme qu'un certain air, qu'on peut appeler l'air de la police. La grande majorité se compose d'anciens sous-officiers, ayant de bons états de services; d'autres sont d'anciens officiers qui ont eu des malheurs. 11 y a des bacheliers, des hommes de toutes sortes qui sont venus échouer là, par suite de fatalités multiples. En général, ce ne sont pas les meilleurs : ils apportent dans leurs fonctions un esprit de rancune et de dQ^ptîon qui les pousse à les négliger ou à en fausser le caractère, pour essayer d'arriver à gravir vite certains échelons. Baleslrino est resté un type à la Préfecture de police, et un type dangereux. L'histoire de la police tout entière est là pour montrer que Tavancement n'est pas toujours dû à Tintelligence, ni à l'activité, ni à la conscience, mais souvent à la bassesse et aux complaisances.
Les mœurs sont grossières. La plupart des agents se haïssent les uns les autres et s'espionnent. La conversation se fait dans un argot spécial, plein d'énergie et de
pittoresque. Seulement, on a de la méfiance. Dana chaqua salle se trouve i'orcillc de Dcnya le Tyran.
Les habitudes intellectuelles, la nécessité de dissimuler presqueconslammenljde fureter, d'enquêter j donnent un air de famille ans inspecteurs. Puis, tous ont une canne, des cliapeaux d'une forme spéciale, de grosses bottes, et quand ils mettent des gants, on voit que ce n'est pas naturel. La profession d'agent de police est une do celles qu'on reconaall le mieux au premier aspect de l'individu, quoique ce soit précisément celle-là qu'il cherche à dissimuler. M. Andrieuï, acltiellement vice-consul à Jersey, avait fait sons l'empire une physionomie de l'agent de police. Il fallait le . voir la mimer. En rCalité, c'était 1res exact. L'entrée de l'agent de police, dans un appartement, est typique. Il entre toujours de côté, comme un crabe, et ne revient à vous qu'après avoir fait un circuit el regardé obliquement si, sur la ligne droite, quelque piège n'est point tondu sous ses pas.
Avant d'agréer un candidat dans la police municipale, on le soumet à uns visite médicale. Dernièrement, je reçois une lettre ainsi conçue :
a J'avais demandé une place de gardien de la pais. J'ai fait cinq ans comme soldat musicien. On m'a soumis à la visite du médecin-major de la Préfecture. Il m'a refusé pour des motifs que je ne puis admettre dans mon amourpropre d'homme, de soldat et de mari. Je vous apporterai les pièces, u
Je lui répondis de les- garder pour son intérieur et de porter au médecin-major une attestation de sa femme, s'il y avait réellement droit.
Le gardien de la paix est un ancien soldat ou sous-officier. Il apporte dans sa mission les habitudes de caserne el les traditions de discipline que lui ont données ses années de service. No sachant que faire, s'ins métier, il entre dans la police et épouse une cuisinière. S'il n'a pas trop d'enfants, si la cuisinière est une femme d'ordre, si. elle peut faire quelque chose de son cHé, il se tire d'affaire}^
autrement, il se traîne dans la gêne, et mécontent de tous et de lui-même, trouvant que le métier qu'il avait cru un métier de fainéant est un métier assez dur, il devient terrible envers tout le monde. S'il peut arriver à sa retraite, encore jeune, il se trouve alors à la tête d'une petite rente; et si sa femme et lui sont intelligents et économes, ils peuvent se créer une honne situation.
Ge n'est pas précisément l'esprit athénien qui règne à la Préfecture de police. La plupart des officiers de paix croient de bon ton d'être insolents : l'insolence fait partie de leur uniforme. Insolents envers le public, ils subissent les insolences de leurs chefs. M. Ânsart leur parlait comme un planteur mal élevé parlait à ses nègres. Ils rendent ces aménités à leurs inférieurs. Nous avons vu le discours de début de M. Macé.
Il y a des tyranneaux étonnants : des brigadiers ne daignent pas parler à leurs hommes, sinon pour leur annoncer des punitions.
Ils ne se piquent point d'humanité.
M. Brissaud, à un inspecteur dont le père était à l'agonie et qui lui demandait un congé, répond : — Qu'il aille à l'hôpital, vous êtes employé et non garde-malade.
Si un agent tombe malade par suite de fatigues contractées dans le service ; s'il reçoit quelque blessure en arrêtant un malfaiteur, ou en accomplissant un acte de dévoue* ment, un médecin de la police vient le voir, et lui dit : — Êtes-vous malade? Est-ce bien sûr? Vous ne mentez pas? Allez à l'hôpital.
C'est encourageant.
La Préfecture de police est une caserne, sous le régime d'un caporalisme brutal. Il n'est pas étonnant que ses agents le transportent dans leurs relations avec le public.