UN GUET-APENS DE LA POUCE
Faiblesse de la police. — Le 27 mai 1882. — La police. — En embuscade. — Les victimes. — Témoignages. — Faits cités par de Lanessan. — La gaieté des gardiens de la paix. — « On leur en f..tra de la République ! »
L'affaire du 27 mai montra les procédés de la police, soD esprit, soji défaut d'équilibre, ses caprices, sa haine farouche contre le simple citoyen, sa férocité, son mépris de la loi, son effronterie dans le mensonge et la subordination du gouvernement au Préfet de police.
Voici les faits tels qu'ils ont été exposés par moi au conseil municipal, le 2 juin, et par de Lanessan, à la Chambre des députés, le 6 juin.
Le 24 avril 1882, un groupe d'étudiants entraînés par le mot de souteneurs^ entra dans une brasserie qui, depuis, a pris cette date pour enseigne, y blessa des consommateurs et commit des dégâts matériels.
Si la Préfecture de Police avait fait son devoir à ce moment, les coupables auraient dû être déférés au parquet. Elle n'y eût pas manqué, s'ils eussent été en blouse. Il n'en fut rien, et le Préfet invoquant son pouvoir discrétionnaire, ne donna aucune suite légale à cette échauffourée. Il agit tout d'abord avec faiblesse.
Je ne veux pas rechercher, en ce moment, les origines de la légende des souteneurs, comment elle s'est grossie, si elle n'est pas due à la police *.