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III. L'organisation gentilice des eupatrides

Avant le synœcisme; mais elles seraient le produit naturel de la fixation sur le sol.

Avant le synœcisme: elles auraient été les subdivisions de l'État athénien, dans lesquelles on fit entrer les habitants des autres états de l’Attique.

Ou bien encore, elles auraient été crées, à l’époque du synœæcisme, de façon à fournir une base au droit de cité commun.

Entre tant d'opinions, laquelle choisir? Je vois deux faits qui peuvent servir à nous guider.

D'abord les analogies qu’offrent les peuples indo-germaniques: elles ne sont pas décisives par elles-mêmes; mais elles prennent, c’est le second fait, une grande force par les analogies qu'offrent les institutions des cités grecques entre elles: partout ou presque partout, à toutes les époques, des phylai. Supposerons-nous qu’elles ont été inventées un jour par quelqu'un, puis imitées ailleurs? Cela est peu vraisemblable. Supposerons-nous qu’elles se sont créées toutes seules, par un développement spontané? Cela est possible; mais le plus probable n'est-il pas que les Grecs possédaient tous cette organisation en phratries et en phylai, lorsqu'ils pénétrèrent dans leur pays, que donc les phylai athéniennes remontent à l’époque antérieure à la fixation sur le sol?

En occupant l’Attique, le peuple, qui était appelé à devenir le peuple athénien, conserve son groupement en phylai et phratries. La fixation sur le sol agit sur la phratrie, en favorisant l’élévation de certaines familles qui deviennent les genê; en désagrégeant partiellement les anciennes phratries et en en formant de nouvelles. Elle a dû agir aussi sur les phylai, pour les affaiblir et, plus tard, la création d’états indépendants a eu les mêmes conséquences. Cependant les anciennes phylai se conservent; elles ont perdu beaucoup de leur rigueur; elles se sont détendues, mais elles ne sont pas rompues.

Quand le législateur veut refaire l’unité, il les reprend et les consolide. Il fait du neuf avec de l’ancien. Profitant de ce que les Athéniens se sont partagé le sol d’après lès phylai, il leur donne un caractère géographique; il divise toute l’Attique en quatre provinces. L’œuvre de Thésée et celle d’Ion ne se font pas à des moments différents; elles se font en même

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temps. Thésée crèe l’État, c’est-à-dire un gouvernement un, avec un droit de cité unique dont la condition est l’appartenance aux cadres symétriques. Pour fonder l’État, il doit donc établir ceux-ci; mais de même que l’État n’est que l’unité ancienne de la nation plus forte et plus durable, de même les cadres de la Cité ne sont que les cadres anciens restaurés et remaniés.

La question du lieu d’origine des phylai se simplifie: les habitants de l’Attique les apportèrent avec eux; mais les possédaient-ils seuls ou en commun avec d’autres peuplades? En d’autres termes, sont-elles venues en Asie, d'Athènes, ou directement de leur lieu d’origine? Autrement encore, sont-elles athéniennes ou ioniennes? Je crois la première opinion plus vraisemblable: la «race ionienne», ainsi que l’a montré Ed. Mever, est de date relativement récente; elle s’est formée après la colonisation de l’Asie, et le point de départ des «loniens» a été l’Attique.!

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