‹ La Polis GrecqueChapitre 28 sur 83 · V. L'ancienne organisation après Clisthènes · texte numérisé non relu

V. L'ancienne organisation après Clisthènes

des Kérykes à Éleusis.! Dans le sens figuré, à Carthaia, l’oëxos comme subdivision de la phyle.

Ici, οἶκος est évidemment pris dans son acception métaphorique: c’est «le groupe des Décéliens»; mais ce groupe est-il ou non un genos? Je ne le crois pas, car le décret de Nikodèmos ne connait dans la phratrie que des thiases.? Schôll a donc eu raison de traduire οἶκος: la maison, le temple, le lieu de réunion des Décéliens et, par métaphore, l’ensemble des Décéliens qui s’assemblent là, comme nous dirions Cour d’appel, Chambre des représentants. L’oëxos des Décéliens serait un groupe de Démotionides qui habitaient la ville de Décélie et qui, lors de la diadikasie extraordinaire, furent chargés de missions spéciales, à raison même de leur présence au siège de la phratrie.® Plus simplement, c’est le groupe des Démotionides qui sont en même temps. Décéliens, membres du dème de Décélie.

Concluons: la phratrie des Démotionides ἃ son siège à Décélie; c’est là que sont ses autels; c’est là qu’habite une partie de ses membres.

Elle a des membres en dehors du dème de Décélie, puisque le phratriarque est du dème d’Oion et puisque, à raison sans doute de l'éloignement, certains phratères faisaient les sacrifices pour leurs enfants en dehors de Décélie.

Elle se compose d’un certain nombre de thiases, et semble-t-il, ne possède dans son sein aucun ancien genos.{

1 IG, I, 834b, 1. 25, παρὰ τὸν Κηρύκων oixov.

5 Wilamowitz explique ce fait par un changement radical que le décret de Nikodèmos aurait apporté à la situation de la «Maison des Décéliens», laquelle aurait été dépossédée de ses privilèges.

8 Gilbert signale déjà cette interprétation. Sauppe, Comm. de phratris, 1887/8, l'adopte. Tôpffer a rangé le genos des Décéliens dans sa liste, sous le n°0 28, Attische Geneal., p. 289. De mème, Lipsius, Leipz. Stud., p. 167. Thumser, ὁ. 1, p. 400, voit dans l’oixos une association religieuse existant dans la phratrie et répondant aux thiases; il y reconnait un ancien genos.

4 G. de Sanctis, Afthis, p. 71, a eu raison de rapprocher du règlement des Démotionides, celui des Labyades de Delphes. Cette phratrie se subdivise en πατρίαι: elle reçoit les femmes mariées et les enfants, par un vote sur l'acceptation des présents offerts, γάμελα, παιδηΐα, sous la

64 La réforme de Clisthènes.

4° Que sont devenues les quatre anciennes phylai? On n’en entend plus parler. L’affiliation à une phratrie est obligatoire, et pas celle à une phylè. Les phylobasileis ! continuent à subsister et même sous l’Empire, on retrouve un ἱεροκῆρυξ Διὸς Γελέοντος;" mais les phylai elles-mêmes existent-elles encore? Sous quelle forme, dans quelles conditions, puisque, semble-t-il, elles ne renfermaient plus les genê? Elles auraient été semblables à des cadres vides. Peut-être donc étaient-ce seulement leurs cultes qui avaient été conservés.3

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