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V. L'ancienne organisation après Clisthènes

Troisième formalité : les phratères se prononcent, διαδικασία. Si le vote du thiase a été favorable, les phratères votent à leur tour. S'il a été défavorable, il y a appel devant tous les phratères, et le décret règle la façon dont le débat sera conduit.

Toute cette procédure est complète; y a-t-il encore appel ou la sentence des phratères est-elle définitive? Devant qui y aurait-il appel? Le décret de Hiéroklès ouvre un recours devant tous les phratères; mais ce recours n'est-il accordé que pour la liste actuelle, ou bien l’est-il pour le présent comme pour l'avenir? C’est la difficulté que je signalais tout à l’heure. Pour moi, l'appel devant la phratrie, tel qu’il est réglé par le décret de Hiéroklès, est une mesure transitoire. En effet, un appel devant la juridiction qui vient de se prononcer est une chose bizarre. On peut l’admettre comme une mesure exceptionnelle; mais accorder appel d'eux-mêmes à eux-mêmes, c’est une singularité dont les Démotionides n’ont pas pu faire un article de leurs lois destiné à rester toujours en vigueur.

La possibilité d’un appel devant une autre juridiction n’est cependant pas exclue: Lipsius! cite des exemples de procès intentés à des genê par des personnages qu’ils ont refusé d’admettre. Il se pourrait que la Héliée connût de même en second ressort des inscriptions à la phratrie.?

D'autre part, l’appel de la phratrie à la phratrie se comprend dans les conditions que crèe la revision de la liste demandée par Hiéroklès. La diadikasie aura lieu immédiatement par les phratères qui sont présents; cette façon de procéder est un peu sommaire; l’appel devant les Démotionides est moins un appel que la demande d’un nouvel examen, régulièrement fait cette fois, du litige. Ainsi se comprend que la phratrie peut être à la fois la juridiction de première instance et la juridiction d’appel. En fait, les membres présents seront plus nombreux, les débats plus approfondis; la deuxième juridiction diffèrera donc de la première.

Si cela est, où se place la séparation des deux chapitres du décret de Hiéroklès?

À la ligne 45, et la phrase ταῦτα δ᾽ ἔναι a pour but

1 Att. Process, p. 760.

2 De Sanctis, Afthis, p. 69, n. 1, est beaucoup plus affirmatif.

62 à La réforme de Clisthènes.

d'enlever aux dispositions précédentes toute force rétroactive et notamment de refuser le droit d'appel à ceux qui auraient été exclus antérieurement.! Mais alors, que signifie la phrase, 1. 26, qui dispose bien pour l’avenir, τὸ λοιπόν, et fixe la date à laquelle auront lieu les diadikasies? Elle forme une parenthèse qui, comme toutes les parenthèses, se présente assez gauchement. Hiéroklès 4 été victime d’une association d'idées: il parlait de la vérification à faire immédiatement; meilleur logicien, il se fût tenu à ce sujet, mais une idée lui a traversé l'esprit, celle de l’époque où à l’avenir aurait lieu l'examen des titres des enfants; il la exprimée tout de suite, pour terminer en une fois le chapitre des délais. Il est curieux d’observer combien fréquemment dans nos propres lois ce chapitre est traité maladroitement; de là, tant de procès qu'il eût été, semble-t-il, si facile de prévenir par une rédaction plus nette. Et probablement, Hiéroklès n’était pas un jurisconsulte de profession !

Qu'est-ce que l’oëxog? Cet οἶκος est chargé de participer à la diadikasie; il a à sa tête un hiereus, lequel doit recueillir certaines amendes (40 et 54). On y a vu un genos. Telle est l'opinion de Schäfer (p. 24), ‘lequel ajoute, il est vrai, en note, que ᾿᾿ οἶκος n’était pas un γένος, au sens strict du mot, mais qu'il semble que, dans notre phratrie, il occupait le rang d’un γένος. Vrai ou faux, le genos ou oiïkos serait dans la phratrie des Démotionides, comme les Étéobutades dans la phratrie d’Eschine.

Le mot οἶκος a les deux sens du français «maison»; le lieu habité et métaphoriquement ceux qui l’habitent, comme quand nous disons la Maison de Bourbon. Dans le premier sens, l’oixog, le local que la phratrie des Klytides de Chios fait bâtir pour y déposer les objets sacrés? et le local (du genos)

5 Dittenberger, Syloge?, 571, 1. 3. Les Klytides décident de [oJixov n ,’ \ Al … Teuéviov... οἰϊκοϊδομήσασϑαι καὶ τὰ ἱερὰ τὰ χοινὰ [ἐκ) τῶν ἰδιωτικῶν

οἰχιῶν εἰς τὸν χκο[ιν]ὸν oixov ἐνεγχεῖν. Les Klytides sont une phratrie, non un genos, comme l’a prétendu Pantazidès (Ephemeris archaiol., 1888). Ils bâtissent un temple commun à tous les membres, où seront déposés les objets sacrés, τὰ ἱερά, lesquels étaient conservés dans les demeures particulières ou dans les chapelles des genê.

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