‹ La Polis GrecqueChapitre 64 sur 83 · C. Étude de quelques cas spécialement intéressants · texte numérisé non relu

C. Étude de quelques cas spécialement intéressants

En 471, fut créé par synœcisme l’État éléen. Son histoire, avant cette époque, est entourée d’obscurité.

Si haut que remonte la tradition, elle atteste l’existence d’une nation éléenne: ce sont «les Éléens» qui envahissent le canton qui s'appelle ἡ χοίλη Ἦλις, et plus tard s’annexent les cantons voisins, la Pisatis et la Triphylie. Il est possible néanmoins que la nation éléenne ne se constitua qu’à la longue: «oi Ἠλεῖοι» à l’origine n’était peut-être que le nom d’une peuplade, lequel, après coup, s’étendit à tout le pays. L’unité se consolida progressivement et les premières guerres dont parle Vhistoire furent déjà une entreprise commune de la nation.

Ces guerres s’engagèrent d’abord, semble-t-il, contre la Pisatis, au sujet de la présidence des jeux d’Olympie. Elles reprirent plusieurs fois et aboutirent à des résultats différents: exclusion des Pisates, exclusion des Éléens, partage entre eux, enfin exclusion définitive des Pisates.!

A la 48e OI., 588, Démophon, tyran de Pise, avait infligé de rudes défaites aux Éléens; après sa mort, il y eut un accord entre ceux-ci et les Pisates et, comme l’Élide, dit Pausanias, comprenait alors seize πόλεις, on choisit une femme dans chacune pour présider les courses des jeunes filles.? Par l’Élide,

Dans le même genre que le décret de Halasarna, un décret trouvé à Antimacheia: [#]do£e τοῖς φυλέται[ς], en faveur d’un personnage qui a présidé aux sacrifices, Paton-Hicks, 384; et aussi 382: ἔδοξε τῶι χοινῶ[ι] τῶν συμπορευομένων παρὰ Alix ὙἼ]έτιον.

τ Gilbert, Handbuch, 11, p. 97, n. 1, a essayé d'établir des dates précises pour ces événements. Voir aussi Busolt, Die Lakedaimonier und ibre Bundesgenossen, Leipzig, 1878, p. 180 5. et Philippson, Elis, dans Pauly-Wissowa, V.

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Francotte, La Polis grecque. 9

180 Le synœcisme.

il faut, sans aucun doute, entendre l’Élide proprement dite et la Pisatis, et dès lors, chaque région comprenait le même nombre de poleis: en effet, Strabon cite les huit poleis de la Pisatis.t Ces poleis n'étaient ni des villes ni même, dans le sens où nous avons défini ce mot, des États: c’étaient simplement des peuplades. Nous avons appris du même coup qu'il y avait huit πόλεις ou plutôt huit peuplades éléennes.

A la 50e OI., 580, les huit peuplades de la Pisatis furent soumises par les Éléens et incorporées, comme périèques, à l’Élide proprement dite. Plusieurs peuplades de la Triphylie, alliées aux Pisates, partagèrent leur sort et dès ce moment, P'Élide se divisa, pour de longs siècles en deux parties: l’Élide creuse, ἡ κοίλη Ἦλις et la Perioikis, ἡ περιοικὶς Ἠλείων.

Jusqu'ici, nous avons considéré les Éléens comme formant une nation, c’est-à-dire une unité sans organisation fixe ni complète, dans le genre de celle des Arcadiens avant la confédération arcadienne. Les inscriptions d’Olympie nous obligent à admettre que dès une haute antiquité, la nation avait fait place à l’État. Elles nous montrent qu’il existait un État éléen possédant une organisation très développée: un Conseil, βωλά, de 500 membres (Inschr. v. Olympia, 7), une Assemblée populaire, δᾶμος πλαϑύων (ibid. 3), δᾶμος πληϑύων (ibid. 7), et même, d’après cette dernière inscription, pour modifier une loi, trois délibérations étaient nécessaires.?

C’est cet État encore qui conclut un traité des Éléens avec Héraiat (VIe siècle): ‘4 μράτρα τοῖρ καλείοις καὶ τοῖς ÆEpFaoious.

Une autre inscription enfin, nous ouvre un aperçu sur l’organisation de cet État. Le gouvernement était aristocratique; c’étaient de grandes familles nobles, des clans et des gené, qui détenaient toute l'autorité.’

1 VII, p.356. Busolt, Gr. Gesch., L?, p.236, donne pour l’Élide une liste qui comprend plus de huit noms; mais elle mêle des noms de peuplades avec des noms de localités.

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8 Br. Keil, Gütt. Nachr., 1899, p. 161.

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5 Aristote, Polit., VIII (V), p. 13064, 15, atteste l’existence d’un régime strictement oligarchique à Élis.

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