‹ La Polis GrecqueChapitre 83 sur 83 · CHEZ LES ACHÉENS · texte numérisé non relu

CHEZ LES ACHÉENS

Musée Belge, 1906, n° 1.

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G. Busolt, Griech. Staatsaltertiümer, 2e èd., p. 347.

Lipsius, Beiträge zur Geschichle griechischer Bundesverfassungen. Ber. Sächs. Ges. der Wiss. zu Leipzig, 1898, p. 145.

J. Beloch, Die achäischen Strategen. Griech. Geschichte, IIT, 2e partie,

La question que j'aborde est loin d’être neuve; mais on comprend qu’on y revienne si souvent: d’abord, à raison de intérêt que présentent les institutions fédérales en Grèce; ensuite à raison de la sympathie que Polybe a su nous inspirer pour ses compatriotes, les Achéens; enfin à raison même des difhcultés d’interprétation qu'offre son texte! dans l’état où il nous a été transmis.

Ces difhcultés, MM. Busolt, Lipsius, Beloch ont, tout récemment, essayé de les vaincre. Malheureusement, leurs conclusions ne concordent pas toujours. Si j'entre à mon tour dans le débat, ce n’est pas que j'aie la prétention de servir d’arbitre ou de juge entre eux; mais, dernier venu, je me contenterai de choisir dans leur moisson les meilleurs épis, et, peut-être, pourrai-je encore grossir quelque peu leurs gerbes.

Il y avait chez les Achéens deux espèces d’assemblées, la σύγκλητος et la σύνοδος. Nous connaissons assez bien la première; la composition et la compétence de la σύνοδος sont loin d’être exactement déterminées.

Le passage capital sur la synclètos est dans Polybe, XXIX, 23 (8). Il se rapporte aux derniers mois de l’hiver de l’année 168, ἔτι κατὰ χειμῶνα. Les ambassadeurs des deux Ptolémées, Ptolémée Philomètor et Ptolémée Évergète 11, se sont rendus au synode qui se tenait à Corinthe, τῆς συνόδου τῶν ᾿Αχαιῶν οὔσης ἐν Κορίνϑῳ. 115 demandent aux Achéens d’assister leurs

1 Je le cite d’après l'édition Hultsch; les numéros entre parenthèses sont ceux de l'édition Didot.

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maîtres dans la guerre qu’ils ont à soutenir. Archon, Lycortas, Polybe appuient cette requête; Callicratès la combat dans le fond et par un moyen de procédure: la loi, en effet, s’oppose à ce que l’on délibère sur une question de ce genre, περὶ Boyϑείας, dans une assemblée ordinaire ἐν ἀγορᾷ: τότε μὲν (les partisans de Callicratès) ἐξέβαλον τὸ διαβούλιον, διασείσαντες τοὺς ἄρχοντας ὡς οὐκ οὔσης ἐξουσίας κατὰ τοὺς νόμους ἐν ἀγορᾷ βουλεύεσϑαι περὶ βοηϑείας. Cette motion d’ajournement passe et quelque temps après, la synclètos est convoquée à Sicyone, «où se réunirent non seulement le Conseil, mais tous les Achéens âgés de plus de trente ans», ἐν ἡ συνέβαινε μὴ μόνον συμπορεύεσϑαι τὴν βουλὴν ἀλλὰ πάντας τοὺς ἀπὸ τριάκοντ ἐτῶν. La synclètos était donc une assemblée de tous les Achéens ayant atteint l’âge légal et certains objets lui étaient réservés.

Sa compétence est encore mieux délimitée dans XXII, 16 (XXIIL, 12), 7: la loi défendait de convoquer tous les citoyens si ce n’est pour délibérer sur les alliances, sur la guerre, sur les messages du Sénat romain: μὴ συγκαλεῖν τοὺς πολλούς, ἐὰν μὴ περὶ συμμαχίας ἢ πολέμου δέῃ γίνεσϑαι διαβούλιον ἢ παρὰ τῆς συγκλήτου τις ἐνέγκῃ γράμματα. Ce texte appartient, la fin le montre sufhsamment, à la Constitution achéenne de l’époque romaine. Antérieurement, l’article n’était pas tout à fait rédigé de cette façon. Les déclarations de guerre étaient déjà soustraites à la compétence de la synodos, mais l’assemblée à laquelle elles étaient renvoyées n’était pas organisée comme la synclètos des derniers temps de Pindépendance grecque. Polybe, IV, 7, nous permet de remonter jusqu’en 220: les Achéens tenaient leur session ordinaire à Aegion, καϑηκούσης αὐτοῖς ἐκ τῶν νόμων συνόδου. Les députés de Patrae et de Pharae vinrent se plaindre des déprédations commises sur leur territoire par les Étoliens, et les Messéniens, que ceux-ci menaçaient, réclamèrent secours. Le synode décida de se rendre à l’appel des Messéniens, donna l’ordre au stratège de convoquer l’armée, βοηϑεῖν τοῖς Μεσσηνίοις καὶ συνάγειν τὸν στρατηγὸν τοὺς Ἀχαιοὺς ἐν τοῖς ὕπλοις et Polybe ajoute: 0 δ᾽ ἂν τοῖς συνελϑοῦσι βουλευομένοις δόξῃ, τοῦτ᾽ εἶναι κύριον. Le synode réserve donc la ratification, par les troupes, de ce qu’il a voté

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L'armée se réunit à Mégalopolis et, sur les instances des Messéniens, décide de leur prêter main-forte. Le synode renvoie la question à une autre assemblée: en cela, ce cas ressemble tout à fait à celui dont nous venons de nous occuper; mais dans celui-ci la synclètos se compose de tous les citoyens qui ont dépassé trente ans. À l’époque de la guerre sociale, Passemblée qui est appelée à statuer sur la demande des Messéniens, est formée des soldats sous les armes, c’est à dire en général, de jeunes gens qui n’ont pas atteint cet âge. Comment expliquer ce fait? En tenant compte de la différence des temps. Tout d’abord, chez les Achéens prévaut, comme chez les Macédoniens et chez les Étoliens, la règle qu’en certains cas l’armée se constitue en assemblée. (C’est évidemment là un mode d’organisation très primitif. Les Achéens ne tardent pas à s’en apercevoir et ils constituent une assemblée, distincte de l’armée. Chez les Étoliens, nous ignorons si ce progrès s’accomplit: Polybe rapporte, 11, 2, comment, durant le siège de Médéon, les Étoliens se préparaient à nommer un nouveau stratège, donc sur place, devant Médéon, et par les suffrages des soldats.

Signalons encore, XXXVIII, 9—11 (3--- 5), les débats où la guerre fut déclarée, sous les excitations de Critolaos, aux Lacédémoniens, en réalité aux Romains. Ils eurent certainement lieu dans une synclètos. Les ambassadeurs romains assistaient aux débats: où καί, συνηγμένων τῶν ᾿Αχαιῶν εἰς Κόρινϑον, κατὰ τύχην ἐλθόντες εἰς τοῦτον τὸν καιρὸν καὶ παραχϑέντες εἰς τὰ πλήϑη. M. Beloch relève avec raison deux points: d’abord l’expression συνηγμένων τῶν Ἀχαιῶν qui ne s'applique bien qu’à une synclètos; puis cette circonstance que l'arrivée des ambassadeurs coïncide par hasard, κατὰ τύχην, avec la réunion des Achéens: s’il s'était agi d’un synode, ils en auraient su l’époque et le hasard ne les aurait en rien favorisés.

N'oublions pas surtout l’inscription publiée par Dittenberger, Sylloge?, 308: les Oropiens se sont adressés à la synodos réunie à Corinthe εἰς τὴν ἐν Κορίνϑωι σύνοδον, et les Achéens décident de les renvoyer devant une assemblée générale, συναγαγεῖν σύνκλητον ἐν Ἄργει περὶ τούτων.

Nous avons à nous demander si réellement la synclètos était seule compétente dans les trois cas qui viennent d’être

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cités, ou s’ils pouvaient être aussi déférés à la synodos. Cette dernière opinion est soutenue par Lipsius; Beloch la rejette; Busolt propose une solution mixte, d’après laquelle le synode était compétent pour voter la guerre, quand elle avait pour objet la défense du territoire.

Je crois que M. Beloch est dans le vrai. Théoriquement, il doit avoir raison. On objectera que nous ne sommes pas chargés de faire la constitution des Achéens, mais de rechercher comment ils l’avaient faite. J'en conviens; mais dans l’incertitude où nous laissent nos témoignages, il n’est pas mauvais de jeter tout au moins un coup d’œil du côté de la théorie. Il y a quand même quelque chance pour que la meilleure constitution soit celle que les Achéens ont adoptée. Or, on comprend tres bien une division rigoureuse des compétences entre la synodos et la synclètos: cela est clair; deux assemblées, deux raisons d’être, deux missions. Si les deux assemblées peuvent indifféremment accomplir la même besogne, la première chose que l’on se demandera, c’est pourquoi on ne s’est pas contenté d’une seule.

Je n'insiste pas plus qu’il ne faut. Passons aux arguments de textes. M. Lipsius s’efforçce d’énerver la valeur probante . des témoignages que nous avons produits. À propos de XXIX, 23 (8), il s'arrête sur les mots διασείσαντες τοὺς ἄρχοντας: «les damiorgoi qui président se laissent intimider par Callicratès et ses amis, non pas que leur objection fût absolument fondée en droit, mais il sufhsait qu’elle fût conforme à la pratique générale.» Cette observation est ingénieuse, mais me parait attacher une importance excessive à un détail du récit de Polybe. L’impression générale qui en reste est certainement, me parait-il, que la motion d’ajournement était conforme à la lettre de la Constitution.!

1 À propos de IV, 7, 5 et 9, 1, voici ce qu’observe M. Lipsius: la synodos prend la décision principale: secourir les Messéniens et réunir les troupes. Nur die Ausführung dieses Beschlusses zu regeln wird dem Heere überlassen ; c’est pourquoi les Messéniens s’adressent de nouveau aux soldats. Aber zu jenem Auftrag bedurfte das Heer eben einer besonderen Vollmacht, und οἱ ἐν ταῖς ἡλικίαις decken sich in keiner Weise mit den in der σύγκλητος Stimmberechtigten.

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M. Lipsius invoque encore XXXIIL, τό (15): ambassade des Crétois et des Rhodiens ὑπὲρ βοηϑείας, auprès de la synodos réunie à Corinthe, οὔσης δὲ τῆς συνόδου τῶν ᾿Αχαιῶν: la majorité penchait pour les Rhodiens; mais Callicratès l’arrêta en faisant remarquer que les Achéens ne devaient pas faire la guerre de leur propre chef, sans l'autorisation des Romains. 1] est vrai, comme le remarque Lipsius, que cette fois Callicratès a eu recours à un nouvel expédient; mais cela ne veut pas dire que la règle posée par lui, dans XXIX, 23 (8), ne soit pas constitutionnelle. Il a le choix entre deux moyens de procédure: une motion de renvoi à la synclètos, une question préalable; il préfère celle-ci et il a raison, car elle coupe court à tout.

M. Busolt, en faveur de son opinion, invoque II, 46, 5 et IV, 25—26. D'abord 11, 46, 5: les chefs des Achéens ayant réuni les Achéens, décidèrent, avec le Conseil, de traiter les Lacédémoniens en ennemis: τότε ὁὲ συναϑροίσαντες τοὺς Ἀχαιούς, ἔχριναν μετὰ τῆς βουλῆς ἀναλαμβάνειν φανερῶς τὴν πρὸς τοὺς Λακεδαιμονίους ἀπέχϑειαν. Rien ne prouve que cette assemblée fut plutôt une synodos qu’une synclètos. On remarquera les mots μετὰ τῆς βουλῆς qui nous obligeront à revenir sur ce texte tout à l’heure.

IV, 25—26 parait, à première vue, fournir à Busolt un appui plus solide: Polybe raconte les événements qui amenèrent la déclaration de la guerre sociale. D’abord, il y eut sous la présidence de Philippe, une réunion du Conseil de la ligue formée par Antigone lors de la guerre de Cléomène; les synèdres, c’est à dire les délégués des États alliés, votèrent la guerre; mais il fallait encore que ce vote fût ratifié dans les différentes cités alliées. Les Achéens, dans la session ordinaire du synode, au mois d'octobre, συνελϑόντες εἰς τὴν καϑήχουσαν σύνοδον, prirent une décision conforme à celle des synèdres, τό Te δόγμα πάντες ἐπεχύρωσαν καὶ τὸ λάφυρον ἐπεχήρυξαν κατὰ τῶν Αἰτωλῶν (26,7). Voici, semble-t-il, un cas certain où un synode déclare la guerre et un cas où le territoire des Achéens a été violé; mais cette exception est loin d’être décisive. En effet, la guerre a d’abord été votée par les synèdres; il n’y a plus qu’à ratifier ce vote. Les circonstances sont toute spéciales;

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les Achéens sont liés par un traité; ils ont contracté de ce chef certaines obligations. Le synédrion des alliés a déjà décidé qu’ils doivent prendre les armes. — En est-il bien ainsi? Il s’agit beaucoup moins de voter la guerre que d’interpréter le traité, de voir si l’on est dans l’un des cas où l'intervention armée des alliés est imposée.

Mais il y a une explication beaucoup plus simple: les Achéens ont régulièrement déclaré la guerre aux Étoliens; ils subissent des revers, ils sont obligés de faire appel à leurs alliés; les synèdres votent la guerre; chaque cité doit ratifier ce vote. Tel est l’ordre des faits. La synodos ne suffit-elle pas pour ratifier une décision qui, en ce qui regarde les Achéens, est déjà en voie d’exécution? Il n’y a même pas besoin de ratification: la synodos constate que tout est en ordre, que la guerre ἃ été régulièrement déclarée par la synclètos: pourquoi convoquerait-on de nouveau celle-ci?

Je puis conclure, avec M. Beloch, qu'il n’y a pas, dans Polybe, un seul cas où la guerre est votée par un synode.

L'on ἃ vu qu'à l’époque romaine, les traités d’alliance militaire, συμμαχίαι, figuraient parmi les objets réservés à la synclètos. Cette règle est appliquée, XXI, 9 (7): conclusion d’une alliance avec Eumène par les Achéens, ἀϑροισϑέντες εἰς ἐχκλησίαν οἱ πολλοὶ τῶν Ἀχαιῶν. Polybe ne dit pas, il est vrai, qu'il s’agit d’une synclètos plutôt que d’une synodos; mais la règle constitutionnelle dont il parle, XXII, 16 (XXII, 12): 7, est déjarén vigheur 4 ce moment.

Occupons-nous de la σύνοδος. De nombreuses opinions ont été émises à son sujet: d’après Lipsius, c’était l’Assemblée générale ordinaire; d’après Beloch, le Conseil; enfin, d’après Busolt, ni l’un ni l’autre: «ni une assemblée de tous les citoyens investis de droits politiques, mais une section importante de celle-ci; ni à proprement parler une βουλή démocratique, avec des fonctions probouleumatiques, mais une assemblée délibérante, représentant la confédération». Et il ajoute que la participation au synode devait être soumise à une condition de cens. Je me range à l’avis de Lipsius pour des raisons tirées de la théorie et pour des raisons tirées des textes.

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Qu'est-ce qu’une confédération? Une ligue est une association d’États pour un but déterminé militaire ou religieux. Une confédération est une association permanente et complète d’États, qui superpose aux États confédérés, un nouvel État, l’État fédéral. Donc deux droits de cité: celui des Achéens et celui de Dymè, d’Aegion, etc. Comment concevoir que PÉtat fédéral puisse être formé autrement que tout autre État, avec tous les organes d’un État: un Conseil, une Ekklèsia, des magistrats? Il en est ainsi dans toutes les confédérations dont les institutions nous sont connues avec un peu de précision, en Étolie, en Épire, en Acarnanie. Il doit en être de même en Achaïe, et, en effet, Polybe ne tarit pas sur légalité, sur la vraie démocratie qui régnaient dans sa patrie! Or, un Conseil qui prépare les travaux de lassemblée populaire et assume une partie du pouvoir exécutif, une assemblée populaire qui comprend tous les citoyens, sont deux institutions essentielles du régime démocratique, une confédération sans assemblée populaire ordinaire (opinion de Beloch), une confédération sans Conseil et avec une assemblée primaire (opinion de Busolt) présente un type unique, contraire à tous les principes régulièrement suivis.

Le décret de proxénie, publié par Dittenberger, Sylloge?, 236, nous donne un précieux argument en faveur de l’existence d’une assemblée populaire ordinaire. Il émane évidemment de celle-ci: ἔδοξε τῶι κοινῶι τῶν Ἀχαιῶν. Οἱ Ayœoi, c’est là une expression technique; nous la traduirions par «le Peuple», c’està-dire «Assemblée populaire». Celle-ci s’est réservée chez les Achéens le droit de conférer des distinctions honorifiques. C’est donc elle encore, XXVIIL, 7, qui statue sur la demande d’Attale: c’est bien le synode, réuni dans sa première session, εἰς πρώτην ἀγοράν, qui reçoit les ambassadeurs du prince, διαλεγομένων τοῖς Ἀχαιοῖς περὶ τοῦ τὰς τιμὰς ἀποκατασταϑῆναι τῷ βασιλεῖ et que l’on remarque les expressions employées ὃ μὲν ὄχλος (4), τὸ πλῆϑος (14). C’est encore l’assemblée qui, VIIL, 14, décerne des honneurs extraordinaires à Aratus: καὶ γὰρ ϑυσίας αὐτῷ καὶ τιμὰς ἡρωϊκὰς ἐψηφίσαντο.

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Si cela est, à plus forte raison, l’assemblée populaire faitelle les élections et Beloch lui reconnaît ce droit, observant avec raison que le contraire heurterait toutes les analogies que nous connaissons. C’est bien l'assemblée populaire que Polybe désigne sous le nom de σύνοδος, quand il remarque que le stratège mort en fonction était remplacé par son prédécesseur, ἕως ἂν ἡ καϑήχουσα σύνοδος γένηται τῶν Ἀχαιῶν, XXXIX, 8 (XL, 2); ou sous les mots oi Ayæoi, IV, 37, 1, à propos d'Aratus le fils χαϑεσταμένον ὑπὸ τῶν ᾿Αχαιῶν, et, V, 30, 7, οἱ δ᾽ Ἀχαιοὶ τῆς ϑερείας ἐναρχομένης στρατηγὸν αὑτῶν Ἄρατον κατέστησαν.

Voici donc la compétence de la synodos: elle fait les élections; elle accorde la proxénie; elle octroye toutes les distinctions honorifiques. J’ajouterai qu’elle doit aussi concéder le droit de cité. Si elle fait tout cela, que reste-t-il pour le Conseil? Celui-ci pourrait-il par exemple admettre un nouveau membre dans la Confédération? Non, sans doute! Nous chargerons de statuer l’assemblée ordinaire et c’est elle que nous reconnaîtrons dans XXII, 17 (XXV, 1), 5: admission de Sparte dans la Confédération: συνῆγε τοὺς πολλοὺς εἰς τὴν Σικυωνίων πόλιν, ἀϑροισϑέντων δὲ τῶν Ἀχαιῶν κτλ.

On remarquera l'identité des termes employés pour la synclètos et la synodos: οἱ Ayauot, οἱ πολλοί, etc. Les mêmes mots d'ordinaire servent à exprimer les mêmes choses; mais nous reviendrons sur cette observation. Rencontrons ici l’unique texte que Busolt peut alléguer, X, 22 (25), 9; il y est dit que les ἱππεῖς disposaient d’une grande influence dans les élections: les candidats au stratégat débutaient par l’hipparchat et cherchaient à se concilier la faveur de leurs jeunes soldats, ἐξεριεϑεύονται τοὺς νέους καὶ παρασχευάζουσιν εὔνους συναγωνιστὰς εἰς τὸ μέλλον. En Achaïe, comme partout ailleurs, les jeunes gens riches servaient dans la cavalerie; mais de ce que certaines classes de personnes jouissent, en temps électoral, d’un crédit puissant, il ne résulte pas du tout qu’elles aient seules le droit de vote. Pas même, contrairement à ce que pense Beloch, qu’elles soient elles-mêmes électeurs, et que l'assemblée électorale en Achaïe se recrute en dehors de la limite d’âge de trente ans: Polybe ne dit pas que les hipparques flattaient

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leurs électeurs en vue d’un succès immédiat; ils songent à Pappui qu’ils en auront plus tard, εἰς τὸ μέλλον, quand ces jeunes gens seront électeurs, ou plus simplement les ambitieux comptent sur lappui que ces jeunes gens leur prêteront par leurs démarches, comme agents électoraux.

Tous les Achéens étaient-ils éligibles? Oui, à partir de âge de 30 ans.

La sentence d’arbitrage! entre Mégalopolis et Sparte sur la Sciritis et l’Aigytis porte au sujet du choix des arbitres, |. 28: καὶ ὅτι @uo6|arv αἱρήσεσϑαι ἐκ πα]ί(ν)των ἀριστίνδαν. Ces derniers mots ne peuvent signifier que l’élection des meilleurs parmi tous les citoyens. Donc, éligibilité générale. Un autre document de Pagae? rappelle un arbitrage qui a été confié à des juges envoyés par les Béotiens et les Achéens: ὅπως ἀποστείλωντι ἑχάτεροι [δικαστὰς . .. ἄνδρας aigelrodc πλουτίνδα καὶ ἀριστίνδα οἵτινες συνελϑόντες ἐνθάδε διαδικάσοντες] περὶ τῶν τόπων. Les arbitres ont donc été choisis parmi les meilleurs et les plus riches: on constate un fait pour en tirer un compliment, rien de plus; tout le monde est éligible, mais on n’élit pas tout le monde.

La même situation existait à Athènes avant la mort de Périclès: c'était le «bon vieux temps», que regrette si vivement Aristote, où les gens «comme il faut» arrivaient seuls; à défaut de lois, le bon sens des électeurs suflisait pour remettre le pouvoir aux plus dignes. En Achaïe, ce résultat ne fait pas seulement honneur au bon sens des citoyens: il est dû, pour une large part, à cette circonstance que relevait déjà Aristote: ὃ les fonctions étaient gratuites; il n’y avait même pas exception pour le Conseil, comme le prouve l’offre généreuse d’Eumène.f

Et je tire de ce qui précède un nouvel argument: éligrbilité générale et droit électoral général vont ensemble. On peut concevoir le suffrage universel avec des restrictions pour Péligibilité: il est contraire aux idées des Grecs d’accorder à

1 Inscr. d'Olympie, V, n. 47 — Dittenberger, Sylloge?, 304.

3 IG, VIE τ 188.

3 Arist., Polit., IV (VI), 5.

4 Polyb., XXII, 10, 3.

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tous les citoyens toutes les fonctions, mais de refuser à certains d’entre eux le droit de vote.

Abordons plus directement les textes et voyons s’ils cadrent avec notre opinion sur l'existence d’un Conseil et sur celle d’une Assemblée populaire ordinaire.

Il faut bien l’avouer, de témoignages positifs sur la βουλή, nous n’en avons que peu. Il y a bien un local appelé Bouleutèrion, situé tout près de l’agora, XI, 9, 8; mais cela ne prouve rien puisque la synodos se réunit dans ce local. Je crois rencontrer une mention certaine de la Boulè, dans le récit, XXXVIIL 10 (4), des débats tumultueux qui eurent lieu à la synclètos et où Critolaos poussa les Achéens à rompre avec les Romains: la gérousie, je comprends la Boulè, τῶν δὲ τῆς γερουσίας, essaya vainement de rappeler les esprits au calme. Une autre mention plus nette encore dans XXII, 10 (XXII, 7), dont nous parlerons tout à l’heure.

Voici maintenant quatre textes qui pourraient faire croire à l'identité de l'assemblée dite σύνοδος et du Conseil.

IL, 46, 6 4 déjà été cité: les chefs de la Confédération ont réuni les Achéens, συναϑροίσαντες τοὺς Ἀχαιούς; comme il s’agit d’une déclaration de guerre et vu l’époque, ce doit être, comme dans IV, 7, la réunion de tous les soldats. Les chefs décidèrent de rompre avec les Lacédémoniens, ἔχριναν μετὰ τῆς βουλῆς, et la conséquence fut la guerre dite de Cléomène. Le langage de Polybe est étrange: il identifie οἱ Ayaoi, c’està-dire le Peuple, avec la Boulè, c’est-à-dire une partie de celui-ci. Aucun Grec ne songera à comprendre avec Busolt que le Conseil représente les Achéens, parce que rien n’est plus éloigné des idées grecques que le régime représentatif. Polybe n’a pas pu vouloir dire que le Conseil statue valablement au nom des Achéens. S'il avait voulu le dire, ce n’eût pas été sous cette forme. Que pourrait-on donc conclure d’un texte qui contient une inexactitude de terme de quelque façon qu’on le prenne? Si c’est la Boulè qui délibère, on ne peut pas dire: οὗ Ἀχαιοί. Si ce sont les Achéens, on ne peut pas dire: la βουλή.

L’impropriété du langage est encore bien plus frappante dans ΧΧΥΠΙ, 3, 7—10: aussi M. Lipsius n’hésite-t-il pas à la

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mettre sur le compte du compilateur qui nous ἃ transcrit ce passage. [ci ἐκκλησία et βουλή sont donnés comme synonymes, à peu près comme si en français on employait indifféremment: Chambre et Sénat. Polybe raconte qu'après la seconde campagne contre Persée, A. Hostilius envoya C. Popilius et Cn. Octavius dans les cités pour leur demander leur appui. Lycortas, Archon et Polybe étaient d’avis que les Achéens devaient rester neutres. La situation était délicate; les Romains pourraient être froissés de l'attitude des Achéens et les bruits les plus contradictoires prenaient cours. Les uns disaient que les ambassadeurs, ayant fait réunir lEkklèsia, se porteraient accusateurs des patriotes: οἱ δὲ περὶ τὸν Γάϊον, συναχϑείσης τῆς τῶν Ἀχαιῶν ἐκκλησίας, ἐλέγοντο μὲν βεβουλεῦσϑαι κατηγορήσειν τῶν περὶ Δυκόρταν, κτλ; on ajoutait que les Romains ne pouvaient considérer comme de vrais amis ceux qui attendaient pour se prononcer l'issue des événements. Mais les ambassadeurs n’osèrent pas agir ainsi, n'ayant aucun reproche fondé à adresser aux patriotes. C’est pourquoi, la Boulè ayant été convoquée à leur intention à Aegion, διὸ συναχϑείσης αὐτοῖς τῆς βουλῆς εἰς Αἴγιον, ils n’eurent pour les Achéens que d’aimables paroles, ἀσπαστικήν τε καὶ παρακλητικὴν ποιησάμενοι τὴν πρὸς Ἀχαιοὺς ἔντευξιν. À la rigueur, on pourrait comprendre que les députés renoncèrent à s’adresser à l’assemblée générale et se contentèrent d’une entrevue avec le Conseil; mais je crois plutôt que le texte commet cette grosse erreur d'appeler «βουλη, Conseil», l'Assemblée populaire qu’il a d’abord appelée exactement «ἐχχλησία».

Un troisième texte, IV, 26, 7, est conçu dans le même genre. Les Achéens se sont réunis en synode, συνελϑόντες εἰς τὴν καϑήκουσαν σύνοδον, et déclarent la guerre aux Étoliens, puis ὃ δ: le roi Philippe veut conférer avec la Boulë, προσελϑόντος δὲ καὶ τοῦ βασιλέως πρὸς τὴν βουλὴν ἐν Αἰγίῳ. C’est bien, semble-t-il, de la même assemblée, une fois appelée σύνοδος, une autre fois βουλή, qu’il est question. Même observation que tout à l’heure: Polybe s’est très mal exprimé, s’il a dit que les Achéens se sont réunis en Conseil; s’il avait dit «le Conseil des Achéens», il n’y aurait rien à reprendre et son texte aurait une valeur probante.

Francotte, La Polis grecque. 16

242 Le Conseil et l’Assemblée générale chez les Achéens.

M. Beloch invoque surtout pour son opinion ur quatrième texte, déjà cité plus haut, XXIX, 23 (8): la synodos s’est déclarée incompétente pour voter l'envoi de troupes en Égypte et la synclètos 4 été convoquée, ἐν ἡ συνέβαινε μὴ μόνον συμπορεύεσϑαι τὴν βουλήν, ἀλλὰ πάντας τοὺς ἀπὸ τριάχοντ᾽ ἐτῶν 24 (9), 6. M. Beloch en conclut: «ainsi ne prenait part aux réunions ordinaires que le Conseil». Et, en effet, ce texte, peut, pris d’une certaine façon, faire entendre que la synodos n’était en réalité qu’un Conseil: il suffit de compléter la pensée: »dans laquelle se réunit non pas seulement le Conseil (comme précédemment, c’est-à-dire dans la synodos, ou autre formule analogue), mais tous les citoyens âgés de plus de 30 ans». Est-ce bien là la portée du texte? Polybe n’a-t-il pas simplement voulu dire que tout le monde se rendit à cette séance si importante et le Conseil et les simples citoyens?

Voici un dernier passage, XXII, τὸ (XXIII, 7), où la distinction entre σύνοδος et βουλή me parait nettement posée et où chacun de ces corps reçoit le nom qui lui revient, non pas οἱ Ayœoi pour βουλή, mais correctement ἡ βουλὴ τῶν Ἀχαιῶν et d'autre part ἡ σύνοδος τῶν Ἀχαιῶν: la synodos est réunie à Mégalopolis, ἐν MeyalondAe τῆς συνόδου τῶν ᾿Αχαιῶν ὑπαρχούσης. Eumène fait annoncer la libéralité qu’il projette: 120 talents dont le revenu servira à défrayer la Boulè, à l’occasion des synodes, μισϑοδοτεῖσϑαι τὴν βουλὴν τῶν ᾿Αχαιῶν ἐπὶ ταῖς χοιναῖς συνόδοις.

Ce dernier texte pourrait bien donner la raison pour laquelle la Boulè est si rarement nommée: dans une confédération, le rôle d’un Conseil n’est pas tout à fait le mème que dans une cité. Ici, il doit sièger d’une façon permanente; 1] y a toujours des affaires à expédier; dans une confédération, les séances sont moins nombreuses et peut-être même ne se tiennent-elles, en règle générale, qu’à l’ocvasion des assemblées. Le texte, comme on l’a déjà remarqué, nous apprend, en outre, vu l’importance de la somme, que le Conseil était très nombreux, comme en Étolie, où Beloch l’évalue à un millier de membres. Ce Conseil était apparemment, toujours comme en Étolie, formé des délégués des différentes villes et les votes se recueillaient, non par têtes, mais par délégations. De même

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dans la synodos, on votait par cités. Les simples citoyens peuvent donc rester chez eux et laisser faire leurs représentants. Cependant cette abstention n’était pas générale, et tout au moins les habitants de la cité où se tenait la session en suivaient les séances, et formaient un public que Polybe a en vue quand il emploie les mots οἱ πολλοί, τὸ πλῆϑος pour désigner la synodos. Mais leur présence ne changeait pas l’équilibre des votes, et les absents, pour une fois, n’avaient pas tort.

Ainsi s'expliquent enfin les textes qui nous montrent la synodos siégeant dans le bouleutèrion.! Si grand que fût ce local, il ne pouvait abriter des foules et, il faut bien admettre que, dans ce cas, l’assemblée générale n’était générale que de nom.

Et, précisément, parce qu’il en était ainsi et que les convenances de tous s’arrangeaient si bien de ce régime, on introduisit et on perfectionna cette curieuse institution de la synclètos. La synodos expédie les affaires courantes: les magistrats, le Conseil et ceux qui veulent se joindre à eux font la besogne; la grande masse des citoyens ne s’en mêle pas. Elle se réserve pour la synclètos: alors se posent les grandes questions de politique étrangère, d’où dépendent le salut ou la perte de la patrie. Cette fois, les tièdes, les indifférents, les paresseux s’empressent et tout est encore arrangé pour leur épargner des courses inutiles: l’ordre du jour leur a dit les objets qui allaient être discutés; la session dure trois jours: le premier, discussion; le deuxième, dépôt des propositions; le troisième, vote. Chacun peut en prendre autant et aussi peu qu’il lui convient.

Je ne crois pouvoir me dispenser, pour finir, d’un peu de statistique et je suis d’autant moins enclin à la supprimer qu’elle me paraît confirmer mes deux conclusions: identité de compo-

1 Polyb., I, 50, 10 (Guerre de Cléomène): les Mégalopolitains entrant εἰς τὸ κοινὸν βουλευτήριον, insistent auprès des Achéens, οἱ Ἀχαιοί, pour qu’on réclame l’aide d’Antigone; la foule, τὸ πλῆϑος (I, 51, 1), est d’abord de cet avis, puis se laisse ramener (II, 51, 1) à l'avis d’Aratus qui préfère retarder cette démarche. XXII, 11 (XXII, 8), 13, débat à la synodos au sujet de la donation d'Eumène, dans le bouleutèrion: τοιούτων δὲ yevoμένων λόγων ἐπὶ τοσοῦτον παρέστη τὸ πλῆϑος.

244 Le Conseil et l’Assemblée générale chez les Achéens.

sition de la synodos et de la synclètos; existence d’un Conseil, c’est-à-dire d’une assemblée tout à fait distincte de la synodos qui est une assemblée générale.

J'ai trouvé à propos de la synodos:1

οἱ ᾿᾿χαιοί avec ἡ ἐχκλησία, IV, 7, 1,

οὐ χα ΠΝ 26 NT ΣΙ 7, TVA 50 ΠΝ: OT,

οἱ ᾿᾿χαιοί avec τὸ πλῆϑος εἰ ἡ ἐκκλησία, V, 1, 6, οἱ Ἀχαιοί avec οἱ πολλοί, XXIIL 17 (XXV, 1), 5, οἱ πολλοὶ τῶν ᾿Αχαιῶν avec ἡ ἐχχλησία, XXI, 9 (7), 2,

τὸ τῶν ᾿᾿χαιῶν πλῆϑος, IV, 14, 1,

τὸ πλῆϑος avec ἡ πρώτη ἀγορά, avec ὃ ὄχλος, avec οἱ Ayaoi, XXVIIL, 7,

ἡ ἀγορά, XXIX, 23 (8), 30.

τὸ ἔϑνος, XXIIL τό (XXIV, 12), 12. Ce texte est l’un des plus décisifs, car il donne τὸ ἔϑνος — οἱ Ἀχαιοί — ἡ σύνοὗος: τῆς μὲν οὖν ὑπὲρ τῶν ὅλων διαλήψεως τὴν ἀναφορὰν ἐπὶ τὸ ἔϑνος ἐποιήσατο (χαὶ γὰρ ὥσπερ ἐπίτηδες συνέβαινε, τότε πάλιν συνάγεσϑαι τοὺς Ἀχαιοὺς εἰς Μεγάλην πόλιν ἐπὶ τὴν δευτέρα» σύνοδον κτλ.

À propos de la synclètos:

οἱ “πολλοί avec ἡ éxxAnoia, XXI, 9 (7), 2 et XXIL, 13 (XXIIL, 10), το,

οἱ πολλοί avec οἱ Ἀχαιοί, XXII, 16 (XXIIL, 12), 7,

οἱ Ἀχαιοί avec ἡ ἐκκλησία, XXII (XXIV), 5, 17,

ὁ ὄχλος, τὸ πλῆϑος, οἱ Ἀχαιοί, XXXVIIL, τὸ (4) et 11 (5),

οἱ ἀχαῖοί, 5. XXIV, 10 (XXVL, 1}, 7.

Cas douteux d’où il pourrait résulter que le Conseil et la synodos sont identiques:

oi Ayaoi, Il, 46, 5; IV, 26, 7,

ἡ τῶν Ἀχαιῶν éxxAnoia, avec οἱ Ἀχαιοί, XXVIIL 3, 7—10.

τὸ πλῖϑος, avec οἱ Ἀχαιοί, 11, 50, 10;

Une dernière considération nous est fournie par les institutions de la ligue Étolienne: des magistrats, un Conseil, une

1 Je ne cite que les passages sur lesquels il n’y ἃ pas de doute quant à leur application à la synodos ou à la synclètos.

2 1] s’agit d’une synclètos, car on délibère sur un message des Romains.

Le Conseil et l’Assemblée générale chez les Achéens. 245

Assemblée générale et que l’on remarque les termes employés pour celle-ci par Polybe, ἡ σύνοδος, IV, 26, 6; 7 ἐκκλησία; ΤΥ το 1: οὐ Airoiok, [IV,.15,.8:.

Si les questions d’histoire pouvaient se trancher à coups de majorités, les idées que je défends seraient certaines du succès: la minorité ne compte pas et encore est-ce une minorité sans netteté à laquelle on peut faire dire à volonté oui ou non.!

1 MM. Lipsius et Beloch se sont tous deux occupés de fixer les époques auxquelles avaient lieu les sessions de la synodos. Je ne crois pas inutile de résumer ici leurs conclusions:

Tous deux admettent les sessions que voici:

Session d’avril-mai: entrée en fonctions du stratège, IV, 7, 1;

Session de juin, V, 30, 7 et 94, 4;

Session de juillet (vers la fin du mois), V, 102, ὃ et IV, 14, 1;

Session d’octobre, IV, 26, 7.

Il y faut ajouter une session pour les élections qui devaient se tenir quelques semaines avant la session d’avril-mai, du moins à l’époque où les élections n’avaient pas encore été reportées du printemps à l’automne, ce qui eut lieu à l’époque des guerres d’Annibal.

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