La politique aléatoire
Une nouvelle édition de la brochure parue sous le titre « Entêtement funeste » est devenue nécessaire, la première étant épuisée, mais aussi parce que depuis lors une publication importante, parue en 1911 et retirée peu de jours après de la circulation a pu être retrouvée et utilisée. Elle s'intitule « Situation de la Belgique en prévision d’un conflit franco-germain » et est signée O. Dax, pseudonyme derrière lequel se cacherait le général de Witte, le même qui fut envoyé du quartier général belge, porteur de hautes décorations aux généraux russes victorieux. Ce petit ouvrage contient surtout des réflexions d’ordre militaire et des combinaisons stratégiques, mais s'occupe aussi de notre neutralité. Comme ce chapitre commence à devenir agaçant, nous n'en dirons que peu de mots, car un jugement définitif ne sera possible que quand on verra plus clair.
Le public belge, dans sa naïveté, se croyait à couvert sous le bouclier de la soi-disante garantie des puissances, sans savoir s'il y avait réellement des traités ou non, ni ce qu'ils contenaient. Le gouvernement, par contre, voulait faire de la politique et s’est servi de la neutralité comme d’une arme, mais en oubliant quelle était à deux tranchants et qu'elle n’était un.
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préservatif contre le danger d'une guerre qu’entre les mains de gens habiles, et d’une impartialité absolue. Mais prédisposé contre V Allemagne et en faveur de la France et de l’ Angleterre, le gouvernement se rangeait du côté de celles-ci, ayant reçu probablement des promesses de butin de i (la part du syndicat), bien que mis en garde par ses diplomates et, comme on lira dans les pages d’O’Dax, par des militaires expérimentés qui tenaient V Allemagne pour la plus forte combinaison.
Cet auteur s est prononcé pour la résistance, opinion très compréhensible chez un militaire ; car à quoi bon avoir une armée et des forteresses si l’on veut livrer le pays sans coup férir ? Puis le combat, avec l’aide des Alliés — condition indispensable — pouvait aboutir à la victoire ; alors le gouvernement avait le beau rôle vis-à-vis du public qui — comme toujours en cas de succès — auiait applaudi. Seulement, si la neutralité nous imposait des obligations, elle en faisait autant pour les puissances garantes. Or, qu’avaient-elles fait pour les remplir ? La France, en envoyant quelques automobiles avec des troupes, le 31 juillet, par notre frontière, a commencé par saboter cette neutralité, ce j]iii a provoqué l’ ultimatum allemand, tandis que l’armée annoncée par le Consul de France, le 7 août, n’est pas lenue. Et V Angleterre a bien crié à la violation de notre territoire, « le plus grand crime du siècle », mais également sans nous porter Secours. Mors lâchés par ces « nations amies » à la première épreuve de la neutralité menacée, elles ne devaient pas s’étonner d’être lâchées à leur tour et de nous voir nous mettre à l’abri.
Avant-propos
A partir du moment où nous nous trouvions sans les secours attendus, et en présence d’une artillerie irrésistible dont la première victime fut Liège, il ne fallait plus télégraphier, comme remerciement du Roi au Président Poincaré, pour la Légion d’Honneur conférée à la ville de Liège, le même jour de la capitulation, le 1 août 191 U : « Liège, le pays et V armée continuent à faire vaillamment leur devoir », mais comprendre qu’on avait fait fausse route et ne plus prolonger un combat à outrance et ruineux. On s’était trompé de direction en prenant le tram pour le Midi au lieu He celui pour le Nord. Mais en descendant au premier arrêt (le 9 août * 191 4) on avait sauvé l'indépendance du
pays , l’enjeu dans cette guerre, tandis qu’en prolongeant la spéculation sur la « victoire finale », on avait fait preuve d’un « Entêtement funeste ».
<=5° «SÇ» cjo djo <^C> c^o «djo djo c^o