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LA TURQUIE

La Turquie.

La question bosniaque et l'expédition de Tripolitaine, par lesquelles l'Autriche ainsi que l'Italie entrèrent en conflit avec la Turquie notre amie, n'ont pu affaiblir la Triplice. Nous avons cultivé avec grand soin, surtout depuis le voyage en Orient de l'Empereur et de l'Impératrice, les rapports avec la Turquie et l'Islam. Ces rapports n'étaient pas de nature sentimentale, mais nous avions à la conservation de la Turquie un intérêt considérable, un intérêt économique, militaire et aussi politique. Pour nous, au point de vue économique et financier, la Turquie était un terrain d'activité fertile et d'un rendement considérable, sur lequel Rodbertus et Frédéric List avaient déjà attiré l'attention et que nous avons cultivé avec grand profit. Dans l'hypothèse, non désirée, mais non impossible, d'une conflagration générale, la force militaire de la Turquie aurait pu se faire sentir à notre avantage. Pour notre allié autrichien, la Turquie était la plus commode des voisines. Que son écroulement représentât une perte pour nous aussi, le dernier projet de loi militaire, motivé par la situation qu'a créée la guerre des Balkans, en fut la preuve. Je ne me suis pas fait d'illusions sur les limites de la puissance de la Turquie. C'est parce que je connaissais ces limites que je me suis efforcé avec succès, pendant de longues années, d'empêcher tout conflit sérieux en Orient : par exemple en 1897 pendant l'im-

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broglio Cretois, en 1908-1909 pendant la crise bosniaque, et dans toutes les phases de la question macédonienne. Il était à craindre qu'un conflit sérieux dans la péninsule balkanique n'entraînât pour nous comme pour l'Autriche-Hongrie plus de conséquences défavorables que de conséquences favorables, et que notre position en Europe ne fût pas allégée. La Turquie a été pendant longtemps un utile et important anneau dans la chaîne de nos relations politiques.

Notre position dans la Triple Alliance restera pour un temps donné le centre de gravité de notre politique étrangère. La Triplice a gagné en valeur pour nous, dans la proportion où notre entrée dans la politique mondiale et l'accroissement de notre flotte ont augmenté les coefficients de frottement entre l'Allemagne et l'Angleterre; sa valeur, en ce qui nous concerne, s'est également accrue en raison du changement de la situation internationale, amené par la con clusion de l'alliance franco-russe.

La Russie.

Le nouvel Empire allemand avait hérité de la Prusse de bonnes relations avec l'Empire des Tsars. Sauf lors de l'hostilité de la tsarine Elisabeth contre Frédéric le Grand, hostilité basée sur des motifs personnels plutôt que sur des raisons positives, et lor?^ des pseudo-hostilités entre la Prusse et la Russie en 1812, la Prusse et la Russie, la Russie et la Prusse,

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