‹ La politique allemandeChapitre 62 sur 68 · TACHE DE LA. PRUSSE · texte numérisé non relu

TACHE DE LA. PRUSSE

tonomie absolue dans la province entière, analogue à celle que les Hongrois possèdent aujourd'hui dans la monarchie des Habsbourg. Les Allemands de la province s'alarmèrent à l'idée qu'ils étaient menacés de perdre leur nationalité. Le résultat de cette mal heureuse tentative fut une irritation réciproque, jus^ qu'alors inconnue, entre les deux nationalités dans

lEst.

Après de longues années d'indifférence pour la lutte des naUonalités dans l'Est, indifférence causée, au cours des années 1860-1880, par la fondation absorbante et la consolidation de l'Empire, Bismarck inaugura en 1886 sa politique nationale de grand* envergure' dans les Marches orientales, après avoir préalablement introduit en 1872 la surveillance des écoles de la Posnanie par l'Etat, et en 1873 la langu* allemande comme langue d'enseignement. L'ère Flottwell n'avait pu être qu'une relouche, dans le sens national, de la politique appliquée aux Marches orientales. Avec Bismarck fut inaugurée, en connaissance de cause, la lutte en faveur de rinflueùec allemande. Jusque-là, on n'était pas' sorti de la défensive. Sous Bismarck commença l'offensive nationale de l'Etat prussien, pour sauver, conserver, et, si possible, fortifier le régime allemand dans l'Est. Il va de soi que les Polonais entrèrent en ébulliUon» se préparèrent à la résistance, et engagèrent la lutte à l'aide de leurs organisations modèles, souvent soutenues par le clergé polonais. L'antagonisme dos nationalités augmenta d'acuité. La politique des Mar-

ches orientales engloba toute la politique de parti, car le Centre se rangea du côté de ses coreligionnaires polonais, et les progressistes crurent qu'ils devaient à leur programme de ne voir que des mesures d'exception dans les mesures nationales de la politique prussienne des Marches orientales, mesures en contradiction avec le doctrinarisme libéral. Il est exact que la politique nationale des Marches orientales n'a pas rendu notre politique intérieure plus commode, qu'un nouveau motif de lutte et d'agitation vint s'ajouter aux autres, que la propagande panpolonaise se généralisa pamii les Polonais de Prusse et devint plus violente. Les adversaires allemands comme les adversaires polonais de la politique prussienne dans les Marches orientales aiment à tirer argument de cette inquiétude éveillée par la politique qu'inaugura Bismarck lui-même à l'égard des Marches de l'Est, et qui fut poursuivie dans le même esprit. Une pareille argumentation n'atteint que l'écorce de la politique générale, et non le noyau national de la question polonaise. Elle n'exprime pas autre chose que ce lieu commun, aussi commode que gratuit, que, dans la politique extérieure comme dans la politique intérieure, on a toujours la paix et la tranquillité, quand on ne poursuit jamais un but qui ne peut s'atteindre que par des combats et des difficultés. Une pareille tranquillité peut toujours s'obtenir en politique sans grande peine.

La question de la politique dans les Marches orientales est la suivante : devons -nous nous prêter, de-

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