‹ La politique allemandeChapitre 61 sur 68 · TACHE DE LA PRUSSE · texte numérisé non relu

TACHE DE LA PRUSSE

aux dépens de nos possessions nationales dans l'Est, aux dépens de l'unité, de la souveraineté de l'Etat prussien.

Il est rare qu'un Etat traite des sujets d'une autre nationalité vivant sur son territoire avec moins de préventions et plus de bienveillance que ne le fit la Prusse à l'égard de ses Polonais dans les seconde et troisième décades du xix^ siècle. Les bienfaits des réformes de Slein et de Hardenberg furent accordés sans réserve aux Polonais; une société de crédit agricole vint en aide aux agriculteurs polonais très éprouvés par les guerres; une Diète provinciale réunie à Posen fut chargée de représenter les intérêts polonais locaux; les administrateurs de districts purent être et furent élus par les Polonais; un gouverneur polonais fut adjoint au représentant supérieur prussien du gouvernement. Le remerciement fut la révolte de 1830. La Prusse n'avait eu aucun succès à rechercher avec autant d'ardeur l'amitié des Polonais. Elle était allée aussi loin que possible, pour faire plaisir aux Polonais des Marches orientales, et elle avait oublié toute sollicitude à l'égard des Allemands qui les habitaient, en livrant ce pays à la fois allemand et polonais à une administration purement polonaise.

Les hommes qui agirent en Posnanie de 1830 à 1840, le président supérieur de Floltwell et le général de Grolmann, se rappelèrent les devoirs nationaux allemands de la Prusse dans l'Est. La seconde phase de la politique des Marches orientales com-

mença; elle se rattacha aux traditions nationales du moyen âge, à la politique du grand Roi, et elle nous a montré la marche à suivre, à Bismarck et à moimême. Le gouverneur polonais disparut; la suppression de l'élection des administrateurs de districts rendit possible l'emploi de fonctionnaires allemands, et on commença, dans la mesure modeste des maigres ressources de l'Etal, à établir des propriétaires allemands dans les Marches orientales. La politique de Floltwell eut, aussi peu que celle qui fut plus tard suivie sur ses traces, un caractère d'hostilité pour les Polonais. Par opposition à la politique qui avait mal réussi entre 1815 et 1830, elle ne chercha qu'à restituer aux Allemands leurs droits à côté des Polonais; elle se souvint des devoirs allemands que la Pf usse avait assumés en acquérant ces anciennes colonies de l'Est. Ce qu'on enleva aux Polonais, ce fut, en réalité, non pas des droits politiques, mais des privilèges.

La tentative de gagner les Polonais à la Prusse en leur accordant des droits particuliers, fut renouvelée dans les dix années qui suivirent le déplacement de Flottwell de Posen à Magdebourg (1840), et elle trouva sa conclusion dans ce qu'on appela « la réorganisation nationale » de la Posnanie, réorganisation qui échoua. On pensa « réorganiser » de la façon suivante : on sépara la partie orientale, plus polonaise, de la province de Posnanie, de la partie occidentale plus allemande, pour la, livrer à une polonisation complète. Les Polonais demandèrent une au-

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