‹ La politique Cartier-MacDonald [microforme]Chapitre 3 sur 6 · PORT OR · texte numérisé non relu

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Souverain. C'est la religion quiest la base des Etats, qu'on le veuille ou non ; et ses ministres, par la force des choses, auront toujours leur mot à dire dans la politique. Du jour où l'influence religieuse aura disparu parmi les Canadiens-Français, de ce jour datera leur déchéance. L'on peut dire d'eux ce que de Maistre a dit des Français, leurs ancêtres: sans la foi rep MR non seulement un Canadien est diminué, mais mutilé.…

Au reste, en parlant comme je l’ai fait, de nos compatriotes d'origine étrangère, de ce qu'ils ont été pour nous, dans l'histoire d’un passé déjà lointain, je désire, avant d'aller plus loin et comme acte de justice, noter qu'il n'y a peut-être jamais eu d'époques aussi fécondes en malentendus de toute espèce que celles dont j'ai parlé, entre quelques administrateurs du Bureau colonial de Londreset le Bureau même. Nous le voyons dans le rappel fréquent des gouverneurs et dans l’essai loyal, à Londres, de redresser les griefs dont nous donnions connaissance à l'autorité.

Cette remarque n’est pas nouvelle-Elle a été souvent faite par ceux qui parlent ou écrivent ; et, pas plus tard que l'an dernier, lors de la réception de Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur, l’on 2 pu entendre un travail in téressant lu à l'Institut, par monsieur le juge Blanchét, sur “l’Acte de 1774,” danslequel il établit les responsabilités de chacun et rend justice aux Anglais bien pensants, à ceux de la Mère-Patrie aussi bien qu'à ceux de la Colonie. Il est avéré aujourd'hui que la Métropole a souvent été dupe de quelques aventuriers qui ne représentaient pas plus les idées du Bureau colonial ou des Chambres que les idées des Anglais excellents habitant alors notre Province Le fait est que bon nombre d'entre ces derniers étaient des nôtres et soutenaient ouvertement nos revendications.

Lors des Troubles de 87, dans les Cantons de l’Est,presque uniquement peuplés de sujets anglais ou écossais, l’agitation y était considérable et l’on y signait des requêtes de concert avec les Canadiens.

Qu'ily ait eu des oppresseurs, il n’est que trop vrai, comme il n’est que trop certain aussi que c’est le petit nombre toujours qui mène en temps de révolutions ; qu'un pays nouvellement conquis ou cédé forme une proie trop facile aux convoïtises.

Nous voici à l'Union.

Ce rapide coup d'œil sur les événements passés aidera à

faire mieux comprendre ce qui va suivreet dont j'ai promis de vous parler.

Le demi-siècle qui vient de passer est plein d'événements de toutes sortes dont, en somme, nous avons triomphé.

En unissant nos efforts surle terrain commun du patriotisme, comme je l'ai dit, ilse trouva du côté de nos oppresseurs des cœurs généreux pour embrasser et soutenir notre défense. Mais ce fait s'illustre bien davantage encore sous l'Union, où les luttes ne sont ni moins fréquentes, ni moins acri- ÿ monieuses, ni moins grosses de danger. |

En y songeant bien, nous apprendrons peut-être que les cau- Fa ses justes, quand elles sont défendues avec persévérance, sou- % tenues avec courage, marquées de patience et de libéralité, finis- 4 sent par faire leur chemin. é

Entrons maintenantdansquelques détails.

Au commencement del'Union, c'est Lafontaine et Baldwin 1 qui apparaissent au premier rang. Cette alliance implique l’adop- 4 tion d’une politique dont le caractère marque une ère nouvelle | pour le pays. Mais la coalition qui vient ensuite et par suite de laquelle MM. Cartier et Macdonald entrent en scène, en 1854, faisant alliance, l'un comme chef des B.-C. et l’autre des H.-C. ce pacte ensuite fidèlement gardé, entre eux, pendant la viede Cartier, continué en quelque sorte, par M. Langèvin, comme successeur de Cartier, jusqu'à la mort de Sir John-A. Macdonald, sont le fait le plus important et le plus significatif des dernières années de toute la politique canadienne.

En 1854, les conservateurs du H.-C. sous le ministère Mc- Nab-Morin, John-A. M. est fait procureur-général de sa Province. Il avait été violent et injuste jusqu'à cette époque, de même que le chef actuel du ministère, Sir Allan McNab. Dans le cabinet, A.-N. Morin est commissaire des Terres, Drummond, proc.gén. du B.-C . Chauveau, sec.-provincial, et E.-P. Taché, receveurgénéral.

Cette coalition amenée par les circonstances, était devenue nécessaire et le B.-C. l’accueillit avec joie, en ce qu’elle venait de de mettre fin à un antagonisme et à un fanatisme qui avaient duré déjà beaucoup trop longtemps pour le bien du pays. Ce sont les conservateurs de la nuance Allan et Prince qui abaissent leurs prétentions devant les libéraux.

De làle parti désigné longtemps ensuite sous le double nom de parti conservateur-libéral. M. Cauchon avait appelé cette alliance de tous ses vœux, depuis la retraite de Lafontaine.

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Cartier, dans la politique depuis 1848 déjà, assure le ministère de son concours. Le parti opposé voit à sa tête Dorion, Laberge, Brown, Merritt, John Sandfield Macdonald et est désigné sous le nom de parti c/ear-grit. Il se compose de démocrates français et de conservateurs avancés.

De ce moment date la grande carrière de John-A. Macdonald.

La question de sécularisation des réserves du clergé, celle de la tenure seigneuriale, un traité de réciprocité commerciale entre les provinces et les Etats-Unis —le traité de 1854—, la question des pêcheries du golfe, l'établissement du fonds consolidé d'emprunt municipal, telles sont les mesures principales qui vont occuper son attention, mais surtout la question des réserves du clergé.

Ces réservesconsistaient en d’immensesétenduesdeterre données au clergé protestant par le gouverneur, dès le commencement du siècle, mesure qui avait provoqué en partiel’insurrection de 37-38. Il ne craint pas de proposer de faire vendre ces biens et de les distribuer également aux municipalités. Jamais rien d'aussi audacieux peut-être n'a été tenté jusqu’i i de la part de qui que ce soit parmiles protestants. Grâce aux alliés du B.- C., cette mesure, de même que celle pour l'abolition des droits seigneuriaux, est réglée dès la première session et reçoit la sanction royale.

L'année suivante, en 1855, Greorges-Etienne (Cartier était ministre pour la première fois. M. Morin a laissé la politique, et c'est M. Taché qui le remplace comme l’un des chefs du cabinet, avec sir Allan McNab. Cartierestsecrétaire-provincial, Cauchon, commissaire des Terres, et Lemieux, commissaire des Travaux-publics. Les principes qui avaient dirigé le ministère précédent, restent les mêmes ; car les nouveaux ministres lui avaient loyalement prêté leur concours. C’est le début dans la carrière pour Cartier, aussi,--“ Cartier, nous dit M. Turcotte, avait déjà conquis, par ses talents et son énergie, une place brillante au barreau. Dès son entrée dans la politique, il s'applique à l’étude des ressources de la Province et de toutes les grandes entreprises publiques. Il continue à lancer le Canada dans la voie du progrès matériel, tout en restant fidèle à Lafontaine et à Moria, auxquels il est appelé bientôt à succéder. 11 avait déjà, du reste, refusé le poste de solliciteur-général et de commissaire des Travaux-publics, dans les administrations précédentes. Homme intègre et désintéressé, Cartier, s’il n’est pas brillant orateur, parle toujours avec force, clarté et conviction,

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