ALGÉRIE, TUNISIE, COCHINOHINE, TONQUIN, ETC
considérables qu'on + entreprend chaque année, — de cette simple observation, il résulte qu'au total, sous le rapport commercial et colonial, notre possession d'Algérie, toute proportion gardée, n’est pour ainsi dire pas moins profitable aux autres pays qu'à nous, et cela, qu'on ne le perde pas de vue, bien que la contrée soit entièrement sous notre domination.
Peut-être quelques-uns seraient-ls portés à supposer qu'en revanche, l'Algérie constitue pour la France une source importante de revenus fiscaux.
Malheureusement, de ce côté encore, les chiffres oficiels viennent témoigner du contraire. Pour 34,482,000 franes de recettes tirées par la métropole de l'Algérie, elle y doit faire face à 40,643,000 francs de dépenses, soitun déficit de 6,200,000 francs; et, en outre, parmi ces dépenses, m'en figurent pas plusieurs autres, dont celles qui relèvent du ministère de la guerre, lesquelles doivent certainement monter aux environs de 100 millions de francs par an.
On voit par là que, financièrement parlant, après une occupation d'un demi-siècle, FAlgérie représente encore aujourd'hui pour la Franee une charge énorme, Et, bien entendu, dans les chiffres qui précèdent, nous avons volontairement passé sous silence l'intérêt annuel des milliards que sa conquête
nous a demandés, Si lon avaitsous les veux lessomimes
6 NOTRE POLITIQUE COLONIALE AU XIXe SIÈCLE
d'argent et le nombre d'hommes qui y ont été engloutis de ce chef, il n’y aurait pas un habitant de la métropole qui n'en scrait effrayé.
Et qu'on n’aille pas s’imaginer que ee soit là tout ce que l’on ait à dire de l'Algérie. Ce qu'il y a de plus lamentable en outre, c’est qu'onne peut pas promettre que notre domination y soit complètement et à jamais acceptée. Nous nous y somnies effectivement si mal pris avec les indigènes ; nous avons si peu fait pour nous les assimiler; en accordant, il y a seize années, la qualité de Français aux juifs algériens sans édicter une mesure équivalente en faveur des Arabes ou des Kabyles qui auraient rempli certaines conditions, notre conduite a été si impolitique, que, dans la colonie, par notre faute, de sérieux éléments de mécontentement et d’insurrection subsistent encore qu'on n'y devrait plus renconter. Nous n'entendons point dire par là que notre pouvoir pourrait en être irrémédiablement atteint. Ce n'est pas notre pensée, Nous voulons simplement indiquer que des dangers de désordres, de perturbations, de ruines publiques ou privées, y existent, qui, à un moment donné, en éclatant, auraient pour effet de se traduire par de grosses dépenses au budset.
De l'Algérie, l'envie prend-elle de se transporter en
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