CE QU'ILS AURAIENT DONNÉ EN ALGÉRIE, ETC
morale en un mot, et qu'ils n'auraient nullement en tout et pour tout compti, comme on à fait, sur la guerre et les armes; la guerre, destructive de tout en affaires de colonies, qui est toujours énormément coûteuse, et dont l'inévitable et déplorable effet est d'amonceler des ruines et des haines que des siècles ensuite suffisent à peine à effacer. Il n'est pas douteux d'autre part, qu'en ces diverses contrées, nous aurions remplacé, dans toutes les occasions possibles, le canon et le fusil par la douceur, la patience, l'habileté, et qu'au lieu de nous faire un point d'honneur de briser les résistances par la force, nous nous serions ingéniés à les épuiser et à les vaincre, en opposant adroitement les tribus aux tribus, les peuplades aux peuplades, les partis aux partis, bref, en faisant ce que nous fimes autrefois au
Canada et aux Indes, et en imitant ce que Îles
Hollandais et les Anglais ont toujours fait et font loujours dans leurs colonies.
Cela étant, pour donner un exemple, si l'onp rend l'Algérie , il n’est pas contestable que, si l'on avait usé à son égard d’une conduite semblable, cette contrée, en tant que possession coloniale, présenterait un aspect tout autre que celui que nous lui voyons, Non seulement, en effet, on peut ètre sùr que nous aurions considérablement moins dépensé pour sa
conquête, et qu'elle ne nous aurait pas coûté les
milliards de francs et les centaines de milliers d'hommes qu’elle nous a demandés; mais, comme la guerre à outrance, impolitique, que nous avons adoptée de parti pris contre elle n'aurait pas eu lieu, on en peut conclure qu'il y aurait aujourd’hui sur son sol quatre où cinq fois plus de colons français qu'on n’y en compte, et que depuis des années toutes ses richesses minières, forestières et agricoles seraient en exploitation.
Rien ne dit même qu'à la place de la conversion à la foi chrétienne, exigée au xvur siècle des « sauvages » pour devenir Français, on n'aurait pas accordé aux Arabes et aux Kabyles la qualité de citoyen, sous la condition, entre autres, de servir cinq ou six années dans nos troupes. Or, les avantages d’une pareille mesure, en si complet Accord avec l'esprit pratique du xvu* siècle, se perçoivent du premier coup. Il est certain que, tout en offrant un débouché aux éléments guerriers et par conséquent anticolonisateurs des Kabyles et des Arabes, depuis trente années, on aurait pu constituer de cette manière une armée d'élite, absolument acclimatée et dont l'emploi aurait été tout trouvé dans la conquête de l'Afrique équatoriale.
Ce que nous disons là de l’Algérie pourrait bien
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