‹ La politique commerciale de l'AllemagneChapitre 38 sur 39 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

En tout cas, pensent-ils, la coopération de T Angleterre, de TAllemagne, de l'Italie, de rAutriche- Hongrie, des provinces danubiennes pourrait déterminer le rajeunissement de la Tiu-quie européenne, asiatique et africaine, sans menacer le moins du monde la France en Afrique et sans la détourner du concert. Ce serait là un élai^issement non médiocre du vieux monde! Alors justement, on serait de force d'empêcher la Russie ou quelque autre puissance d'accaparer le monopole sur le marché sino-japonais, auquel l'avenir réserve une immense importance ! Alors on pourrait tenir bon, jusqu'à ce que la Russie et l'Amérique nous eussent approximativement rejoints sur les marches de l'économie intensive.

A la condition que les choses se passent ainsi, la vieille Eiu-ope pourra, avec ses dépendances tropicales et subtropicales, qui lui sont assurées d'une façon durable, échapper au rabougrissement, dont les souvenirs de l'histoire universelle la menacent.

Pour arriver au but final, il ne s'agirait précisément que de persévérer dans ime politique de tarifs de douane, de tarifs de chemins de fer et vétérinaire, la plus libérale possible, méthodique et périodiquement progressive avec imiformité.

Peut-être la réussite ne serait-elle pas aussi certaine — c'est du moins l'avis de Schâffler, qui, sous ce rapport, ne parait pas se rencontrer avec Bren-

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tano, de Hock et autres, allant plus loin ou plus vite que lui — si d'ores et déjà était entreprise une union douanière conforme au droit publie. Bien avant que l'Europe occidentale et centrale puisse se résoudre à des unions douanières, dans le sens strict et juridique de ce mot, H ne saurait être question pour elle, d'après les esprits les plus circonspects, que de concourir à des traités périodiques, expirant simultanément, ne portant aucune atteinte à l'indépendance même de l'Etat le plus infime, établissant seulement pour le moment un lien imposant entre nations de vieille culture, dont ils engloberaient aussi les dépendances actuelles et futures. Quant aux associations douanières proprement dites, on pourrait alors en confier la réalisation aux neveux ou arrière-neveux dont on aurait, par une gradation savante, singulièrement facilité la tâche.

Seulement, la politique mercantile se heurte de nos jours en Allemagne , comme chez nous et en maints autres pays , à des obstacles provenant du parlementarisme. Car, nous ne sommes plus au temps où Napoléon 411 opérait, à lui seul, une évolution économique. Ces obstacles ont paru avoir leur source dans la circonstance, que la représentation nationale serait incomplète, que l'intérêt particulariste des couches sociales pourrait se déployer trop à son aise au sein du Reichstag. La politique des intérêts matériels gagnerait en élasticité, estime-

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t-on, à ce que la représentation nationale fût exempte de fissures, devînt proportionnelle, fût mise en possession des éléments additionnels modérateurs.

Loin de nous la pensée de méconnaître les entraves au progrès souhaitable, que ne sont pas parvenues encore à supprimer absolument partout les organisations conçues cependant pour barrer la roule au bon plaisir. Et loin de nous aussi la pensée, à propos de ces entraves qui nous choquent et nous inquiètent, de fermer les yeux sur le lien profond qui rattache les uns et les autres, dans Tordre politique par exemple et dans l'ordre économique, les grands problèmes qu^agite notre époque.

Il faudrait toutefois se garder d'exagérer les imperfections du régime constitutionnel établi, pour se laisser aller au découragement et désespérer de l'avenir. Si défectueux que puisse être l'instrument législatif, en usage chez nos voisins allemands comme chez nous, rien n'autorise à le considérer comme réduisant à l'impuissance les peuples qui s'en servent. L'exemple même de l'Allemagne sortant, quoique timidement, des voies où elle s'était enlisée, protesterait au besoin contre ce pessimisme. Car l'expérience est une école où la nation, éclairée par elle sur ses véritables intérêts, puiserait certainement la résolution de remplacer des mandataires en dissentiment avec elle, à supposer même que les

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députés, les plus intraitables d'abord, hésitassent à s'y instruire et à y abdiquer leur parti pris. Mais cette dernière hypothèse n'est-elle pas gratuite, après que l'on a vu des lords d'Angleterre, des magnats de Hongrie s'incliner devant l'opinion publique, après que Ton a vu chez nous l'assemblée nationale, nommée pour ramener la monarchie, fonder et constituer la République?

L'espoir de jours meilleurs n'est donc pas interdit. Et, par jours meilleurs , nous entendons ceux qui verront luire une plus grande liberté pour les hommes. Les projets grandioses d'entente entre une fraction de l'humanité ne vont pas, il est vrai, sans une sorte de cordon tiré autour de celle-ci pour la rendre plus ou moins inaccessible à quelque autre fraction vue avec méfiance. Ce qui n'empêche pas toutefois, en dedans au moins de cette frontière artificielle, les êtres si nombreux qu'elle abrite, d'entretenir entre eux des rapports pacifiques, agréables, réciproquement avantageux, en attendant que, grâce à une nouvelle étape, à ime nouvelle évolution, la ceinture s'élargisse encore davantage. Dans ce mouvement de concentration des hommes et des peuples éclate sans conteste le triomphe lent mais sûr de la solidarité; et, comme celle-ci, loin de rien coûtera la liberté, lui ouvrirait même des horizons nouveaux, nous en saluons, quant à nous, l'avènement et l'extension possible avec une joie bien autrement grande que cette autre solidarité, trop en

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