Les larifs douaniers
La question des tarifs douaniers et de leurs rapports avec le monopole du commerce extérieur a été l’objet de plus vives controverses dans la presse soviétique. Cette question n’a été définitivement tranchée qu’au cours du XIIe Congrès du parti communiste.
Trois doctrines avaient chacune leurs défenseurs parmi les économistes soviétiques et les membres du gouverne-
ment :
1° Les partisans des tarifs douaniers qui proposaient
1. Voir section suivante : « Clause asiatique ». 2. Voir nomenclature complète de ces marchandises (44 produits), dans Lorenz, Handbuch des Aussenhandeis und Verkehrs mit der U. R. S. &$.,
Berlin-Grunewald, 1920, p. 169-170.
de substituer au monopole du commerce extérieur une forte protection douanière.
29 Les partisans de la coexistence des deux systèmes.
3° Les adversaires des tarifs douaniers qui prétendaient que le monopole du commerce extérieur constituait à lui seul une garantie suffisante.
La lutte était vive, surtout entre partisans des deux premiers systèmes.
La question a été tranchée par Lénine qui, dans un article du 13 décembre 1922, a vivement critiqué les idées émises par un économiste communiste, partisan du régime protectionniste à outrance et adversaire du monopole du commerce extérieur.
Dans l’article en question, Lénine écrit :
« C’est sa principale erreur, erreur purement théorique d’ail-
leurs, car nulle politique douanière ne peut être effective à une époque d’impérialisme et de différence monstrueuse entre pays misérables et pays incroyablement riches. Il (l’économiste en question) se réfère à la protection douanière sans se rendre compte que dans les conditions données, n'importe lequel d’entre les pays industriels riches, peut briser cette protection douanière. I] lui suffira pour cela d’accorder une prime à l’exportation des marchandises dont l'importation en Russie est soumise à un tarif douanier. N'importe lequel des pays industriels dispose pour cela de plus d'argent qu'il n’en faut, et cette mesure aurait pour résultat de briser indubitablement notre industrie nationalet, »
En raison de ces considérations, Lénine arrive à cette conclusion que « ce n’est que dans le monopole du commerce extérieur que nous pouvons trouver ce rempart qui nous
permettra, malgré la concurrence étrangère, de ressusci-
ter notre industrie, »
Aux adversaires du monopole du commerce extérieur qui estimaient qu’il empêchait d’intensifier la circulation des marchandises sur le marché intérieur, Lénine répondait que ce danger était évité par la création de sociétés mixtes.
« Ces sociétés mixtes ont précisément pour objet exclusif l'intensification de la circulation, tout en maintenant la pro-
1. L. B. Krassine, article « \ladimir Illitch (Lenine) et le monopole du commerce extérieur », op. cit., p. 51.