‹ La Politique d'émigration de l'ItalieChapitre 10 sur 113 · EE · texte numérisé non relu

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tion italienne vers l'Uruguay abandonna, à cette époque, ce pays, et se tourna vers l'Argentine dont les ressources sont plus abondantes ; aussi le nombre des colons italiens en Uruguay restera-t-il stationnaire depuis 1870 jusqu’à nos jours. En 1901, ils sont 80.000 ; en 1908, 62.357 sur un total de colons de 180.722, parmi lesquels 54.885 Espagnols et 8.341 Français. En 1924, le commissariat uruguayen évalue leur nombre à 127.000 ; mais, dans ce total, sont compris les enfants de colons italiens nés en Uruguay et considérés comme Uruguayens selon la législation du « jus soli » locale. C’est pourquoi le recensement de 1927 ne donne plus que 65.000.

En Argentine, au contraire (« la colonie sans le drapeau (1) ») l’émigration italienne ne commença que vers 1870, mais prit, assez vite, un grand développement (2). La moyenne d’avantguerre (80.000) n’était inférieure qu’à celle des États-Unis, et comparable à l’émigration italienne en France et en Suisse, légèrement supérieure — par suite — à celle en Allemagne. Dans la province de Mendoza, en 1926, le nombre des colons italiens était de 35.388, représentant 9,30 % de la population, et la richesse possédée par des Italiens représentait 49 % de la richesse totale de la province. Dans la province de San Juan, les Italiens étaient 5.000, représentant 3,30 % de la population ; dans celle de San Luis, 9.000 — représentant 6,20 %. Au total, en 1926, on comptait environ 300.000 Italiens en Argentine, parmi lesquels 93.000 agriculteurs.

(1) Suivant l'expression de M. Nitti.

(2) Quoiqu’en progression, en valeur absolue, la part de l’immigration italienne décrut, par rapport au total général des arrivées d’émigrants en Argentine. Représentant, en effet, la moitié de l’émigration totale jusqu’en 1907, elle ne représentait plus que les 2/5 en 1910, et diminuaïit encore après cette date. Cependant, la part de l'Italie représentait à peu près la même proportion que la part de l'Espagne et M. Mussolini pouvait dire,-en 1924, que l’Argentine était à demi-Italienne. Sans compter les émigrants temporaires, plus de 28 % de ses habitants sont des descendants d’Italiens. M. Nitti disait de même : « Si nous savons oser, la langue et le nom de l’Italie se réper- « cuteront dans quelques 10 ans, sans être en butte à la haïne ou à la moquerie « dans un continent immense où l’avenir est à nous, où nous trouverons cette « richesse et cette puissance que vainement nous avons cherchées ailleurs ». Aünsi que Einaudi : « Un principe mercante » : «.. le jour où l'Argentine sera habitée par une population de sang mêlé avec une grande prépondérance de sang italien. »

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