CE PR TPE OP LE EN T
L'ÉMIGRATION ITALIENNE je 43
naux un niveau de vie élevé et pour garder son caractère britannique. L’on peut en donner l'exemple suivant. En 1927, M. Bruce, premier ministre de la Confédération Australienne, sollicité par l’Australian Natives Association de ne pas adopter de mesures susceptibles de faire diminuer le pourcentage en Australie des habitants d’origine britannique, répondit qu'il n’en avait nullement l'intention, et que le gouvernement cherchaït à restreindre l'immigration étrangère dans des limites permettant l'assimilation des émigrants et empêcherait un afflux excessif d'étrangers. « La race australienne, disait-il, doit être protégée non seulement contre les races de couleur, mais aussi contre les autres races blanches. Tous les immigrants, qui ne veulent pas s’assimiler, sont indésirables.» L’émigrant italien, qui veut entrer en Australie, doit savoir lire — non seulement en italien (1) —, mais en anglais ; ce qui, au fond, empêche
toute immigration italienne.
En Afrique, l’émigration italienne se dirige surtout vers les pays méditerranéens — principalement vers l'Algérie et la Tunisie (2), où les émigrants italiens se rendent chaque année en plus grand nombre que dans les colonies italiennes de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque, tout au moins jusqu’en 1925.
Il est vrai que l'Algérie et la Tunisie sont des pays prospères, et tranquilles sous la domination ou la protection française, tandis qu’en Tripolitaine et Cyrénaïque,les armées italiennes ne sont pas encore arrivées à finir la conquête du pays. Cependant, le nombre d’Italiens introduits annuellement dans nos possessions ne représentait, à peine, avant la guerre, qu’une dizaine de milliers d'individus, ce qui était assez peu important. L’émigration vers l’Afrique méditerranéenne était d’ailleurs fournie, presque exclusivement, par les Siciliens, qui ne se trouvent qu’à quelques heures de traversée de la Tunisie.
Le nombre des Italiens, établis en Algérie et Tunisie, est cependant considérable ; car, jusqu’en 1900, une grande partie
(1) Ce qui lui est d’ailleurs demandé, aussi, aux Etats-Unis. (2) Au Maroc, le nombre des Italiens est très faible,
de l’émigration des provinces méridionales se dirigeait vers ces pays. Pour l'Algérie, cependant, il est assez diflicile d’en apprécier le nombre, la loi de 1889, faisant application du « jus soli », ayant décidé de déclarer Français les fils d'étrangers nés dans le pays. Aussi la colonie italienne diminua-t-elle d’une façon importante, et cela surtout à partir du moment où elle ne fut
Enugration Italienne vers l’ Algérie et la Tunisie
Algérie Tunisie