C. Woog
50 LA POLITIQUE D'ÉMIGRATION DE L'ITALIE | l'Argentine de 1957 émigrants, la France était le pays recevant le plus grand nombre d’émigrants italiens.
Où se fixaient, en France, ces émigrants ? FRS
Cinq pôles d'attraction principaux peuvent être examinés :
La Région Parisienne.
La Région Lyonnaise.
La Région Lorraine.
La Région Niçoise.
Le bassin de la Garonne.
Dans la Région Parisienne, l'immigration italienne est de date ancienne, Paris attirant à lui les immigrants de même que les provinciaux.
Dans la région de Nice, l'immigration est favorisée par la proximité de l'Italie ; et le nombre d’étrangers, en grande partie italiens, s'élève (1) : dans l’arrondissement de Draguignan, à 23.988, soit 21.875 % de la population ; dans celui de Nice, à 91.712, soit 30,567 % ; dans celui de Grasse, à 48.936, soit 34,542 %. En Corse, par contre, les étrangers ne sont que 8.612 (2) sur une population de 289.890 habitants, soit 2,936 %.
Dans la Région Lyonnaise, l’immigration italienne est importante ; elle y date d’ailleurs de longtemps, car le roi François IT attira à Lyon un certain nombre d’artisans italiens, qui créèrent, dans cette ville, l’industrie de la soie.
En Lorraine, l’immigration italienne ne date que de 1900 : elle y a été attirée surtout par le grand développement des mines de fer, et elle a pris, en quelques années, sous forme d'immigration spontanée ou d'immigration collective (3), une importance considérablé. Ainsi, dans l’arrondissement de Forbach, le nombre des étrangers (parmi lesquels les Italiens représentent une forte proportion, quoique en décroissance, puisque les mineurs italiens ne;sont plus actuellement que 40 % du total, au lieu de 60 % il ÿ a peu d'années — et que, par contre, le nombre des Polonais, employés :dans les mines de fer, augmente) est de 27.598, soit 26,30 % de la population. Dans l'arrondissement de Briey, ils sont 60.298, soit 40,999 9 : enfin dans celui de Thionville-Ouest, ils sont 40.788, soit 42.463 %.
(1) Recensement de 1926.
(2) Dont 1.426 salariés italiens.
(3) Commencée — commeïonêle verra plus loin —, à partir de 1911, sous
Ja direction du Comité des Forges!de Meurthe-et-Moselle.
Dans le bassin de la Garonne, l’immigration italienne est de date récente, et diffère assez profondément de celle des autres zônes, car elle y revêt surtout un caractère agricole. C’est ainsi que (1) nous trouvons les renseignements suivants, sous le titre
-«L’immigration italienne dans le sud-ouest de la France » :
Dans le sud-ouest de la France, un grand nombre d'étrangers, et surtout d’Italiens, sont venus, après la guerre, cultiver les terres abandonnées par les paysans français, qui... Pour remédier au mal..., on en vint très vite à l’idée que l'appel aux étrangers était nécessaire. On préféra s'adresser à l'Italie, dont la population est surabondante, et présente plus d’affinités de race avec la population gasconne que les Suisses ou les Slaves. En 1921, d’ailleurs, quelques agriculteurs italiens étaient venus spontanément s'installer dans la région. Du côté français, les offices agricoles prirent l'initiative, approuvée d’ailleurs par administration, de demander la main-d'œuvre à l'Italie. En
mars 1924, fut créé un « Comité Régional de la main-d'œuvre
agricole du Sud-Ouest », qui étend son action sur 17 départements. Ce comité centralise les demandes de main-d'œuvre,
et met les agriculteurs français en rapport avec les services
italiens d’émigration. À l’aide de subventions accordées par les groupements agricoles, et d’une taxe perçue sur les exploitants auxquels il procure des travailleurs, il distribue des secours aux immigrants, afin de les indemniser, en partie, de leurs frais de transport et de premier établissement. Du: côté italien, le service compétent est le Commissariat Général de l'Émigration. En dépit de la surveillance des autorités italiennes, il se produit une forte émigration clandestine : aussi ne sait-on pas exactement le nombre des Italiens immigrés. Le Ministre du Travail a fourni les chiffres suivants :