‹ La Politique d'émigration de l'ItalieChapitre 18 sur 113 · en · texte numérisé non relu

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6.500 en 1926 M. Hauriou (2) estime qu’il faut doubler ces chiffres. On a parlé de 200.000 Italiens installés dans la vallée de la Garonne,

(1) La Journée Industrielle du 10 juin 1928.

(2) Dans « l'Année Politique ».

mais ce chiffre doit être au-dessus de la vérité. Ce qui est certain, c’est que, dans de nombreux centres ruraux, la population italienne forme 7 à 10 % de la population totale. Les immigrés sont répartis dans les différentes catégories de travailleurs. On trouve de simples ouvriers, travaillant isolément ou par équipes ; des maïîtres-valets qui, avec l’aide d’une famille, assurent l'exploitation d’une petite ferme, mais sans être intéressés directement à l’entreprise ; des fermiers et aussi des métayers ; on trouve aussi des propriétaires. De plus, des capitalistes italiens ont acheté des terres : les achats de propriétés n’ont pas toujours été heureux. Les immigrés souvent connaissaient mal la valeur des terrains qu’ils achetaiïent. Parfois ils ont été trompés par des intermédiaires peu scrupuleux. Tantôt la terre achetée s’est montrée trop ingrate pour rémunérer convenablement le capital investi; tantôt l’acquéreur trop ambitieux, ayant consacré presque tous ses capitaux à l’achat

du domaine, n’a pas su conserver une somme suffisante comme.

fonds de roulement ; tantôt enfin, trop attaché à ses procédés de culture, il n’a pas su tirer tout le parti possible de la propriété. D’autres, il est vrai, ont fait d'excellentes affaires, mais ils ne semblent pas être la majorité. D’après M. Joseph Barthélémy, les Italiens auraient acheté dans le Gers, de 1919 à 1923, 4.361 hectares. D’après M. Marcel Paon, les achats étrangers ne dépassent pas 2,07 % de la surface totale du Gers, 1,5 % du Lot-et-Garonne et 0,6 % de la Haute-Garonne. M. Hauriou les évalue à 3 % en moyenne dans ces quatre départements. Des banques italiennes ont favorisé ces achats. C’est surtout la Banque Française et Italienne pour l’Amérique du Sud qui fait, notamment, des prêts sur warrants agricoles. D’après M. Hauriou, le mouvement d'immigration a réussi (1). D’une part, en effet, la situation morale et matérielle des immigrants paraît excellente. [ls ont été bien accueillis par une population proche parente d’eux par la race, la langue, et les habitudes de vie. Aux foires, aux marchés, aux réunions publiques, on voit désormais, à côté des paysans français, des paysans italiens acheter, vendre, discuter, et se mêler volontiers au reste de la population. Ils n’ont d’ailleurs pas perdu contact avec leur pays d’origine ; les œuvres religieuses (2), les journaux italiens (3) pénètrent en France, et les journaux

(1) En Italie, on estime, au contraire, qu’elle n’a pas réussi. (2) Créées, en grande partie, par Monsignore Torricelli. (3) Ou, comme la « Voix des Champs », sont édités en France.

spécialement destinée aux émigrants. Enfin, d’une façon générale, les Italiens font leurs affaires et, sauf quelques propriétaires imprudents qui ont à payer des intérêts trop lourds, ils à peuvent élever largement leur famille et mettre tous les ans de E— l'argent de côté.

À Cette immigration en Gascogne est maintenant complètement arrêtée, le gouvernement italien y ayant mis obstacle ; mais elle a été une véritable tentative de colonisation à Pintérieur de la France. D’après M. Peyret : « L’immigration de la main-d'œuvre italienne en Gascogne » : « Il y a environ 50.000 Italiens dans les quatre départements gascons : 12.000 dans le Gers et le Lot-et-Garonne, 15.000 dans la Haute-Garonne, 8.000 dans le Tarn-et-Garonne ; 1/4 environ est fermiers, 1 /4 propriétaires ; le reste se compose de maïîtres-valets ou de métayers, mais il n’y a que très peu de domestiques, l’émigration ayant eu un caractère familial (1). » Les terrains possédés sont de faible importance. Dans le Gers, par exemple, en 1926, 17.478 hectares, soit 2,74 %, du territoire de ce département leur appartenaient, et 2.185 hectares furent revendus. En 1927, ils avaient 18.119 hectares, soit 2.89 % ; en Lot-et-Garonne, 8.984 hectares, soit 1.68 %. Tout le long de la frontière française des Alpes et de la Méditerranée, jusqu'aux Bouches-du-Rhône, 79 à 88 %, des exploitants étrangers sont Italiens et ils possèdent de 88 à 94 % des terrains possédés par des étrangers.

En Vaucluse, ils sont 84 % du nombre des exploitants étrangers et possèdent 75 % du sol cultivé par eux. En Garonne, Haute-Garonne, Gers, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, ils sont 57 à 82 % des propriétaires étrangers et possèdent de 58 à 99 % de ces propriétés :

4 français de la région ont eux-mêmes ouvert une chronique £

Gers res 3.539 (2)

NAT vus aler 5.250 (3) Exploitants italiens ayant 11.979 H.ares Alpes Maritimes. 8.525 (4) id 4.792 ‘id Tarn et Garonne. 2.212 (5) id 17.547 id SAPOIG 1 eue 299 id 540 id

(1) Par exemple, le domaine de Blanquefort — de 500 hectares — qui échut en fermage à une société composée de 14 familles italiennes. (2) Propriétaires : 1.046 ; fermiers et métayers : 2.493. Dans le Gard 1.670 salariés et dans l'Hérault 1.144. (3) Propriétaires : 3.284 ; fermiers ou métayers 1.966 ; salariés 9.793. (4) Propriétaires : 2.588 ; fermiers ou métayers : 5.937 ; salariés : 9.943, (5) Propriétaires : 851 ; fermiers ou métayers : 1.361.

pa,

54 LA POLITIQUE D'ÉMIGRATION DE \LUTA PER OS à

Bouches du Rhône 2.665 (1) Exploitants italiens ayant 9.853 H -ares

Haute Garonne .. 3.462 (2) id Vaucluse... 750,008t6 lei 2.149 ïid HAT NE RARE 661 | id 8,824 id Basses Alpes...., 562 id . 8.285 id Lot et Garonne... 4.581 (3) id 21.440 id

Dans les autres régions de la France, le nombre des Italiens est faible : 15.000 en Bourgogne : 30.000 en Auvergne ; 9.000 dans l'Ain ; 6.000 dans le Jura ; 11.000 dans le Doubs ; 9.000 dans la Loire, ete. (4). k

Dans les autres pays d'Europe, Suisse et Allemagne exceptées, il ÿ a peu d’Italiens. Pour la Belgique, par exemple, voici à titre d'indication le nombre des ouvriers italiens employés dans les mines : septembre 1922, 694 sur un total de 4.320

mineurs ; août 1923, 3.824 sur 11.869 ; novembre 1923, 5.611 .

Sur 16.952 ; février 1926, 3.943 sur 15,994 : novembre 1927, 3.245 sur 16.633. S

(t) Propriétaires : 1,122 : fermiers ou métayers : 1.548 ; salariés : 3.496.

(2) Propriétaires 721 ; fermiers ou métayers 2.741 ; salariés 4,430.

(3) Propriétaires 1.832 ; fermiers ou métayers 2.749. F

Le nombre total des exploitants agricoles italiens en France est (Enquête du Ministère de l’Agriculture de 1927) de 39.052 sur un total de 91.704 exploitants étrangers.

Les propriétaires étaient 14.719 sur un total de 33.285.

Les fermiers et métayers étaient 24.333 sur un total de 58.419.

Enfin, les salariés étaient 41.264 sur un total de 162.799. ë

(4) Cf. l'article de M. Sanda, Vice-Président de la Chambre de Commerce Italienne de Paris, nos 15 et 16 du Bulletin bimensuel officiel de cette Chambre (août 19928).

D'autre part, à titre d’indication, le nombre des ouvriers italiens employés

dans l’industrie française par rapport à celui des autres ouvriers étrangers est le suivant, pour l’année 1927 :

Mines de fer.... 12.179 italiens ; 19.510 autres ouvriers étrangers ; Charbon, potasse,

phosphate ...., 10.945 id ; 128.980 id ; Métallurgie ...... 37.626 id ; 96.944 id :

Constructions et bâtiments. ,... 88.268 id OO TE id .

Manœuvres ..... +. 78.416 id: 187:624 id :

Industries diverses. 80.342 CA 70627 id

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