‹ La Politique d'émigration de l'ItalieChapitre 28 sur 113 · ANTÉRIEUR eau ae ae 37.000 Tunisie · texte numérisé non relu

ANTÉRIEUR eau ae ae 37.000 Tunisie

En 1924

Augmentation

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non seulement naturalisent légalement les étrangers en un clin d’œil, mais surtout dénationalisent automatiquement les tendances nationales ». f

Pour lutter contre cette tendance, on a souvent proposé, en Italie, de donner aux émigrés une représentation parlemen- :

taire (1), qui les inciterait à garder leur nationalité — et l'Italie

lutte autant qu’elle le peut — nous le verrons plus loin, à propos des traités franco-italiens relatifs à la Tunisie — contre la naturalisation de ses fils. Mais la loi du 13 juin 1912; sur la nationalité, a remis en vigueur dans son art. 8, $ 3, une

‘ disposition du Code civil italien que la loi de 1901 avait sup-

primée. « Perd la qualité d’Italien celui qui accepte d’un « gouvernement étranger un emploi public, et le conserve « malgré l’ordre du Gouvernement, ou accepte du service

« militaire à l'Etranger. » D’autre part, l'Italie n’a pas signé,

(1) Pendant les débats sur la réforme électorale, qui eurent lieu après la guerre, de nombreuses propositions, concernant le vote des émigrés, furent soumises à la Chambre des Députés. Leur échec ne fut causé que par la difiiculté matérielle de réaliser ce projet. Comme il était impossible, vu le grand nombre d’Italiens résidant dans certains pays, et leur dispersion à des distances, parfois considérables, en Amérique, du siège des Consulats italiens, de les faire voter nominativement aux Consulats, on avait proposé l’envoi de lettres sous enveloppes fermées, comme cela se pratique pour les votes dans toutes les associations. |

Cependant, cette idée ne fut pas retenue ; on lui faisait l’objection suivante, ‘Ces lettres devant parvenir aux consulats quelques jours avant l'élection, äl aurait pu arriver que certains électeurs perdent leurs droits civiques ou meurent pendant cet intervalle et il aurait été matériellement impossible d’annuler leur vote. Ainsi, par crainte de quelques erreurs qui auraient ‘entaché la justesse du scrutin — mais, n’en est-il point commis d’autres ? — cette réforme, qui aurait pu être si utile à l’Italie, échoua. Le député Mucei tenta de reprendre la question (séance du 18/7/1923, amendement à l’art. 40 bis) en montrant que l’émigrant temporaire conserve ses. relations avec son pays, mais son amendement fut repoussé. Cependant, l’art. 69 de la loi du 13 novembre 1919 permit au Gouvernement d’organiser, par un règlement, des réunions périodiques des délégués des principales collectivités italiennes établies à l’étranger. Pour préparer ce règlement, un décret institua le 25 février 1921 une Commission présidée par l’ancien président du Conseil Orlando. Cette commission aboutit, en 1922, à un projet de règlement, prévoyant une élection de délégués par les Associations et Sociétés italiennes à l'étranger. Ces délégués formeraient un Conseil National des Italiens à l'étranger et se réuniraient périodiquement ; il y aurait en outre un Comité Permanent ‘siégeant en Italie.

Ces Comités collaboreraient avec les autorités diplomatiques et consulaires à la protection des intérêts économiques et moraux de la collectivité italienne à l'Étranger. Tous les frais devaient être payés par le fonds d'Émigration.

Cette tentative eut un résultat meilleur que celle ayant pour but l’élection de députés et permit de faire entendre dans les Conseils du Gouvernement la

voix des expatriés.

ainsi que la France Pa fait. (1), de conventions militaires avee. les puissances sud-américaines. Aussi ne serait-ce que par ces: points (service militaire et emplois publics), l'Italie perdrait-. elle un grand nombre de ses émigrants au profit de pays étrangers.

En résumé, les avantages de l’'émigration sont faibles : s’il est vrai qu’elle amène, par manque de main-d'œuvre, le partage des grandes propriétés et des latifundia, le développement du machinisme agricole et qu’elle favorise l'amélioration de la balance des comptes (avantage d’ailleurs, en fait, illusoire, puisqu'il est contrebalancé par une énorme perte de capital : humain), par contre, l’'émigration provoque des effets néfastes. L’on comprend donc que l’Italie se soit préoccupée de cette question, et ait dû légiférer à son sujet.

(1) Arrangement franco-argentin du 26 janvier 1927, relatif au service militaire — et franco-péruvien du. 14 mars 1927. Toutefois l’Italie a signé: avec le Brésil un accord réglant la question des fils d’Italiens nés au Brésil.

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