PROGRAMME
L'Organisation Internationale du Travail, s'appliquant à réaliser son vaste programme, a manifesté l'intention d’examiner les problèmes de l’émigration ; mais les efforts que pourront tenter les Conférences générales de l'Office International du Travail pour aboutir à une réglementation internationale dans le domaine spécial de l’émigration et de l’immigration sont, pour des raisons évidentes et indépendamment de la difficulté qui résulte pour ces conférences de l’abstention de pays qui ne sont pas membres de l'Organisation, destinés à ne progresser qu'avec lenteur et nécessiteront une sérieuse et longue préparation.
Le phénomène de l’Émigration et de l'Immigration n’intéresse pas tous les pays dans la même mesure. Il y a des pays dans la vie desquels l’'Émigration ou l'Immigration joue un rôle d’une importance capitale à cause des conditions démographiques ou économiques dans lesquelles ils se trouvent. Les pays, plus directement intéressés à ces problèmes, sont ceux qui peuvent le mieux mettre en lumière la nécessité d’un effort en vue de létablissement d’ententes directes entre pays, tendant à coordonner l’action de ces derniers en ce qui concerne les rapports que créent l’émigration et l'immigration. Partant de cette considération, le Gouvernement italien a estimé que la réunion d’une Conférence des délégués techniques des divers pays qui peuvent être considérés comme des pays d’émigration ou d'immigration typiques serait particulièrement indiquée en vue de provoquer un examen, conduit dans un esprit essentiellement pratique, des problèmes en question. Cet examen permettrait de recueillir un ensemble de propositions susceptibles de fournir une orientation officieuse pour une réglementation internationale de ce problème si complexe. C’est dans cet esprit que le Gouvernement italien a pris l'initiative d’inviter les principaux pays d’émigration et d'immigration à une Conférence Internationale.
La Conférence Internationale.
La Conférence aura un caractère technique et non diplomatique. Sous réserve des questions qui rentrent essentiellement dans la compétence de la législation interne de chaque État, elle examinera les divers problèmes qui portent sur les relations
d’émigration et d'immigration afin d'étudier les accords qui seraient désirables en vue d’établir une coordination entre les services d’émigration et d'immigration des divers pays, et ainsi obtenir la satisfaction réciproque la meilleure des besoins d’émigration et d'immigration. Etant donné son caractère exclusivement technique, la Conférence ne sera pas qualifiée pour arriver à la signature de conventions collectives. Elle se bornera à formuler, sous forme soit de projet, soit de déclaration ou de recommandation, les principes fondamentaux qu’elle estimera utiles d’indiquer comme base pour les conventions internationales générales ou spéciales que les gouvernements pourront, au moment voulu, négocier et conclure, ou encore pour les accords administratifs que les gouvernements seront d'avis d'établir entre leurs services respectifs.
La Conférence.
Sous réserve de modifications ultérieures, la Conférence comprendra les sections suivantes :
a) Transport des émigrants ;
b) Hygiène et services sanitaires ;
c) Collaboration entre les services d’émigration et d’immigration des différents pays ;
d) Assistance aux émigrants dans les ports d'embarquement, aux immigrants dans les ports de débarquement, et aux émigrés, par des institutions privées. Assistance spéciale aux femmes et aux enfants ;
e) Adaptation du courant d’émigration aux demandes de main-d'œuvre dans les pays d'immigration ; moyens à adopter à cette fin (services de renseignements sur les marchés du travail, services de placement, entreprises de colonisation) ;
f) Développement de la coopération, de la prévoyance, et de la mutualité parmi les émigrants ;
g}Principes dont les traités d’émigration devraient s'inspirer.
Tout Gouvernement... » .
Cette invitation fut acceptée par 58 Gouvernements et la Conférence s’ouvrit à Rome le 10 mai 1924.
L'Italie montra de suite qu’elle avait l'intention de profiter de cette conférence pour régler le mieux possible les intérêts de ses émigrants : En effet, 75 questions furent soumises à la Conférence par les gouvernements — 14, par l'Espagne ; 1, par la Hongrie ; 6, par le Mexique ; 1, par la Norvège ; 2, par les Pays-Bas ; 4, par la Pologne ; 4, par la Suisse ; et 43 par l'Italie, c’est-à-dire 57 % des questions posées.