‹ La politique de ChoiseulChapitre 4 sur 8 · LUD · texte numérisé non relu

LUD

LES ANTECEDENTS Le Politique Française avant le renversement des Alliances .- La situation en 1758 .- Choïseul: se carrière .- Choîseul Praslin : sa carrière.

Lorsqu'on 1758, le Duc de Choiseul fut nommé Mie nistre et Secrétaire d'Etat aux Affaîres Etrangères, la France venait de retourner, tout au moîns en apparence,toute se politique extérieure, En ef'et, la lutte contre la Maison d'Autriche avait été depuis plus de deux siècles la grande préoccupation de la politique des Rois de France Commencée à la fin du 15° siècle, elle s'était poursuivie,

avec des alternatives de succés et de revers, de crises et de détentes, pour s'affirmer sous Louis XIII avee Richelieu, et aboutir enfin aux Traités d'Utrecht en 1715.

- Dans cette lutte, où les deux Maisons de France

et d'Espagne-Autriche s'étaient acharnées, la première n'a-

vait rien négligé pour vaincre, recherchant toutes les eliiances possibles: Turcs ,Suédois, Princes Protestants..... seul l'intérôt de la France avait compté, en ner de toute préoccupation idéologique, raciale ou religieuse.

Après le Traités de Rastadt et de Bade en 1714, la Meison d'Autriche semble bien affaiblie. L'installation sur le trône d'Espagne du petit-fils de Louis XIV écarte tout ris. que de voir la France prise dans un étau de territoires gouvernés par les Habsbourg. Les instructions données le 3 Jane vier 1715 par M. de Torey, Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrengères au Conte du Luc, Ambassadeur Extraordinaire auprès

de l'Empereur, contiennent une phrase suggestive sur les heu

"reuses dispositions qu'il y- a de part et d'autre à former en- “tre la Maîson de France et celle d'Autriche une me fgeuse à leurs intérêts qu’elle sera nécessaire au maintien “du repos général de l'Europe". ;

Toutefois, après la mort du Grand Roî, ce ne sera pes vers a? Autriche que le Gouvernement du Régent tourners ses regards, mais vers Angleterre ; après bien des missions, des pourparlers, des atermoiements, fut signée une triple Alltènet entre la France, l'Angleterre et la Hollande, Un homme a attaché son non à cette politique: l'abbé, puis Cardinai,Dubois; celuis=ci négocia les accords; céda beaucoup pour obtenir la signature; et favorisa aîns1i l'établissement de la prépondérance Anglaise sur l'Europe et partant sur le Monde. |

L'alliance dura 20 ans; l'Espagne même y adhéré et cela élargit le cendre de cette politique, Mais les cerises se multiplièrent, et en 1740 l'Alliance Franco-Anglaise avait véque. Les deux Puissances que les Mraîités d'Utrecht avaient consacrées les premières de l'Europe, n'avaient pas davantage pu rester réellement d'accord que ne l'étaient restées auparavant les Maisons de France et d'Autriche, La France ne pose vait eontinuer à admettre eommæ un fait acquis la prépondéranee Anglaise dens le Monde, elle qui avait lutté victorieuse ment contre l'encerclement menaçant de la Maison a° autriche, elie dont les intérêts aux Indes, aux Antilles et aîlleurs, = taîent s1 fortement visés par la domination commerciale et po- 1itique que cherchaît à établir l'Angleterre.

Au moment où ce système nsshagiete se manifestait dans 1‘Europe et le Monde d'rtanie, l'Empereur Charles VI mouraît, laissant héritière: sa fille Marie-Thérèse

d'Autriche .Frédérie II, roi de Prusse, en profiîita pour s°emparer de la Sîilésie,. En France, où grands et petits n'avaient généralement pas compris que le danger Prussien était celui qu'il fallait désormais combattre sur le continent, l'on applav dit; et on se lance dans une politique anti-Autrichienne fort eompliquée, eroyant respecter ainsi la pensée de Richelieu et de Louis XIV. Toute l'Europe, ou presque va être mêlée à cette guerre qui fatiguera tous eeux qui y ont pris part: seulsla Prusse et l'Angleterre y gagneront quelqu'avantage, l'une par la conquête de la Silésie, l'autre par le fait que la France désormais et jusqu'à Choîseul s'intéresse à l'Europe et dédaigne ses Colonies pour le plus grand profit des intérêts Anglais

La paix d'AÎx-la-Chapelle en 1748 mit fin à cette première série de crises bellitqueuses; e'étaîit une solution de compromis et le seul avantage qu'en aît retiré la Frénce a été de voir établie la preuve de la duplicité Prussienne,

À partir de ee momen%, les Puissances cherchent à se resseaîsir, La Paix d'Aîx-la-Chapelle ne pouvait durer; ét nul ne tenait à rester 1so1é au moment où éclaterait la noue velle guerre, L'Angleterre poursuit outre-mer l'établissement de sa domination commerciale; l'Espagne languit comme son Souverain, Ferdinand VI; Frédérie II cherche de nouvelles conquêtes à faire; Marie-Thérèse rêve de reprendre la Silésie,

C'est dans ce cadre que peu à peu, entre 1748 et 1755, va s'élaborer le Renversement des Alliances.Les Puissances continuent à s'opposer, deux à deux, Franee contre Angleterre, Prusse contre Autriche: mais la France va s'allier avec sa vioille ennemie, et la Prusse, continuant sa politique é6-

quivoque, va suivre les destins de l'Angleterre,

Les négociations qui précéädèrent le Renversement des Alliances, furent marquées par la fidélité de la France à son ancien allié,Frédéric II, et la fourberie de ce dernier; ge ne fut, en effet, qu'après maînts avertissements du Duc de Nivernais, et ensuite du Marquis de Valory, Ministres de Louis XV à Berlin, que la France décida de lier étroitement son sort à celui de l'Autriche,

L'instruction donnée au Comte de Staînville, le futur Duc de Choîseul, le 51 Juillet 1757, au moment de son dé-. part pour Vienne, montre le resséntiment provoqué par la tree hison Prussienne et ses conséquences, qui ont été la signeture du deuxième Traité de Versailles, Les proppéftions Autrichiennes, faîtes dès Août 1755 par Staremberg, propositions nettement dirigées contre la os, te. en effet, rejetées jusqu'en Février 1756, date de la publication du Traîté Anglo-Prussien. Ce fut alors que Roui1l1é et Bernis signèrent avec l'Ambassadeur de Vienne le premier Traîté de Versailles, le Ier Mai 1756, eonclu d'ailleurs sur des bases plus restreiîn tes que les propositions primitives, Mais loîn de s'en tenir à ce premier traîté défensif, le Gouvernement Français entama aussitôt une nouvelle négociation avee la eour d'Autriche qui aboutit au deuxième Traîté de Versailles du Ier Mai 1757. La | nouvelle forme donnée à l'Alliance avantageait l'Autriche qui devait recouvrer ses possessions perdues neuf ans auparavant en Allemagne et en Italie,

Les faits avaient donné is à ceux qui se mé fiaient de Frédérie II: dès Septembre 1756, celui-ei envahit le Saxe et marcha sur la Bohême, provoquant ainsi le déchan-

chement de le guerre. Le France était depuis 1755 en guerre

ouverte avee l'Angleterre; et eelle-ci ne fut pas étrangère à l'entrée en campagne de Frédérie II, désireuse qu'elle 6tait de voir son ennemie occupée sur d'autres thé@tres d'opérations,

L'Alliance Autrichienne, qui fut à partir de ce moment et jusqu'à la Révolution la base de la politique Continentale des Ministres de Louis XV et de Louis XVI, provoqua un véritable mécontentement. Déjà, maîs en vain, Louis XIV, puis Fleury, avaient tenté de faire cesser la vieille haîne Française contre l'Autriche; le paÿs ne eomprit fpas-et là neuvelle politique ne fut jamais populaire; la lutte eontre la Maison d‘Autriehe était devenue pour beaucoup le re non .’ plus le moyen. pour la Politique Française d'assurer le crenüeur Fstionale. es Pourtant la netteté et l'utilité En cette po] itique nouvelle ne sont plus à démontrer; maintenant, avos ie: rooui du temps et la suite dr Conte. à ne et voir combien justifiées étaient les eraîntes de nos Rois et de nos diplomates devant la fourberie et la rapacité Prusse siennes, Héles, 'néniretian que M. de Voltaire erut de bon ton d'afficher pour l'ennemi de sa patrie, ne fut que le partagée par la généralité du publie; et 11 faut séries 0 eri d'alarme poussé au milieu au 18° sièele par les vrais gardiens de la grandeur Française n'ait pas 6t6 mieux entendu,

Ce fut après le début de la guerre que le Roi rap pelant le Comte d'Estrées, qui était allé à Vienne plus + qualité de militaire qu'en qualité de diplomate, envoya à sa place Etienne-François de Choîseul, eomte de Stainville, le

31 Juillet 1757,

æ Le nouvel Ambassadeur encore fort jeune, 11 n'était fgé que de 38 ans,avait déjà une earrière bien remplie.Destiné au métier des armes, 11 s'était distingué à la guerre de Suc-. cession d'Autriche, et était sers Ke ride de Maréchal de Camp. Ii avait épousé en 1750 la petite-fille du finaneier Crozat, Grand Seigneur, mis à l'abri des besoîns d'argent par son mariage,fort intelligent, travaillant avee énormément de facilité, 11 avait une grande réputation de charmeur bien que par son aspeet extérieur, petit, gros, le visage couvert de t£ches de rousseur, 11 ne pût jamais passer pour un bel homme Le: eireonstances de son entrée dans la vie politique sont mal eonnues; les uns l'ont chargé de nombreux méfaits; d'autres l'ont: défendu; tout ee que l'on peut dire est qu'il fut nommé Ambase sadeur à Rome le 22 Septembre 1754, et qu l'époque 11 était en fort bons termes avee 1: Marquise de Pompadour, après l'es | voir beaueoup raîillée dans ses propos, Choiseul arrive à Reme le 5 Novembre 1754; 11 y res- ta jusqu'au 23 Janvier 1757; 11 avait résolu de frapper l'imegination des Romaîns et par là de gagner du crédit à la Cour de Versailles, Le magnificence de son entrée officielle dépassa, s1 l'on en eroît les ehronîques du temps, tout ce qui a'é tait fait jusqu'alors. L'esprit, la bonté, la gentillesse de la Comtesse de Stainville servirent considérablement 1°Ambas= sadeur dans ces débuts, Le travail diplomatique du Comte de Steînville ne fut pag inférieur à son travail mondaîn?: Le Pape Benoît XIV l'avait pris en affection, malgré de nombreuses, et d'ailleurs célèbres, disputes. Les dépêches et rapports envoyés sur les Romains, et en partieulier les Cardinaux, pouvaient :

permettre à la Cour de Versailles d'être aussi au courant que

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possible de l'entourage du Pape et des intrigues qui y étaient Tomentées, L'esprit eaustique qui rêgne dans eette eorrespondar ce de l'Ambassadeur est vraiment remarquable, Mais le grand . succès de Choîseul à Rome fut l'Enceyclique Papale sur l'applieation de la Bulle "Unigenitus" ot sur l'affaire des "Billets de Confession". Ce fut la première négociation sérieuse qu'4l entreprit: 11 la fit aboutir, eoupant à la raeîne le mel renaissant du Jensénisme dans le Royaume, Sur çce suecès, 11 ait ta Rome au moment de l'attentat de Damiens; à son arrivée à Versailles, 11 obtint l'Ambassade de Vienne, la plus ist du moment. ; Le Conte de Stainville arrive à Vienne le 20 Août

1757. Le fait que son père avait été au service de François ., de Lerraîne et qu'un de ses frères l'était encore,ne fut su. étranger au bon accueil qu'il y trouva. Cependant, dès le a6but, la situation fut difficile; l'Ambassade de France à Vienne était presque 6e qus l'on appelerait de nos jours un Mintetère des Opérations de Guerre. Les talents militaires que hotel avait montrés dix ans auparavant, lui pornettaiènt de donner des avis compétents. Hélas, la Cour de Vienne n'en fit guère de cas, et le sort des armes nous fut souvent aéfavorable.Vers le milieu du séjour äu Conte de Staïnville à Vienne, Beénis s'eaperçut que la guerre contre l'Angleterre avait plus d'impertanee que tout le rsste et voulut conclure une paix ie sur le eontinent. Choiseul, parvenu à en arracher le censen= tement à l'Impératrice, 56 rendit compte du déelin de l'étoile de Bernis du fait de sa pusilianimité :"dès lers, 11 ne prit = plus eonseil que de lui-même" éerit Filon dans son mémoire sur l'Ambassade de Choîseul à Vienne. L'ambassadeur faît valoir qu

rien n'est encore perdu, et de fait le 10 Oetobre 1758 Soubise bat le Prince d’Isembourg à Lutterberg et le Maréchal Daun surprend et bat Frédéric à Hochkîreh. Déjà Choîiseul avait été fait Duc au mois de Septembre préeédent et sa faveur auprès de la Cour de Versailles grandissaiîit de jour en jour, Le 26 Août Bernis lui écrivait de venir oecuper la sores de Secrétaire d' >. tat aux Affaires Etrangères, L'importanee que le nouveau Due avait donné à son Ambassade, les talents qu'il y avait déployés en avaient faît l'arbitre de la situation, Le 9 Oetobre, Louis XV aeceptaît enfin la démission du malheureux Bernis affolé depuié longtemps par ses responsabilités, 2 Novembre 1758, le Roi infornait l'Impératrice Marie-Thérèse du rappel du Due de Choiseul. :

| Le 6omte de Choïiseul-Praslin, eousin de Stainville, et depuis longtemps très 116 avee lui, devait le remplacer eomme Ambassadeur à Vienne: en 1759. Dans un éloge du Due de Praslir titre par lequel le Reï avait récompensé ses serviees, prononcé après sa mort à l'Académie des Sciences par M. de Condorcet, ce: luisci dit que lorsque le nouveau Ministre proposa à son cousin. le poste de Vienne, ce dernier refusa tout d'abord et n'accepte qu'après des instances réftérées, Sa parenté avee son prédécessour, l'excellente réputation dont 11 Jouissait depuis longtemp: déjà en Franee, facilitèrent beaucoup les débuts auprès. de 1s Cour de Vienne du Comte de Choîseul, Plus âgé que son eousin, le futur Due de Praslin svait 48 ans à l'époque où 11 entra dans la pelitique, Il avait auparavant fait preuve d'assez de talents militaires, en 11742 notamment, pour que eertaîins vissent en lui un futur maréchal de France, nous disent ses contemporains; mais

sa faible santé l'avait eontraînt à quitter l'armée à l'âge de

38 ens; 11 vécut dès lors de la vie de famille, site dt tiré, et eontinuant à étudier l'art de la guerre d'après les eempagnes qui se déroulaient alors, Il était d'autre part fort porté sur les seionces mathématiques, et s'y adonne avee une ardeur qui lui valut en 1770 d'être nommé membre de l'Académie des Seiences,

Le peu d'ambition dont le Comte de Choîseul faisait

preuve lui valait, dit également M, de Condoreet, d'être uni-

versellement apprécié par la Société, personne n'ayant à re-

douter sa concurrence, Autant le Comte de Staînville était brillant, spiritue]), vif, ai son cousin se montrait calme, diseret, see, un peu maladif aussi, Dans de eourts mémoires qu'il a laissés, celui-ci devenu Due de Praslin définit ainsi | ses prineïipes de conduite, tant comme Ministre que comme pare ticulier :

fJe sais que l'on me reproche de n'être pas assez fouvert, d'être peu eommunieatif, d'avoir un abord froid et n fbarrassant, enfin d'être see et laconîique dans mes réponses, * "surtout peu libéral et avere même de promesses, À eela je ré- “pendrai que éhaeun à sa manière d'être et ses défauts mais "qu'au moins personne ne peut se plaîndre que j'aîe été impoli, fque j'aie dit des choses désagréables, que j'aie refusé de voi. ‘les gens qui avaient véritablement affaîre à moi, et que je îe “les ale bien écoutés.Quant aux grâces dont en effet je n'étais “pas prodigue, je puis assurer que c'était pour moi une grande “privation et que j'aurais eu pour le moîns autant de plaisir Ê

“qu'un autre à en répandre, puisque etest presque.

auton

"puisse goûter dans le ministère; mais, mes devoirs allaient de:

fyant tout et je eroyais qu'un des plus essentiels était 1'éeo- “nonte. Cependant je n'ai jamais refusé les récompenses que j'ai feru justement méritées, et je erois que s1 les ministres sa- "valent, ou voulaient, ne les placer qu'à propes, en devenant “plus rares, elles augmenteraient de prix, elles exeiteraient “plus d'encouragements et la charge de l'Etat en serait moins “pesante. À l'égard des promesses, 11 est vrai que je n'en fai fsais guère, paree que les miennes étaient sacrées et jamais “personne n'a pu me reprocher d'y avoir manqué. 11 me semble que rien n'est plus avilissant pour un ministre, et plus eanpable de le deshononer que de manquer à s-parele. J'avouerai fencore que je portaîis gette réserve jusqu'aux espérances, pare “ce qu'on les prend souvent pour des promesses, et que ce ed “tendu expose d'âne part le ministre à un reproche, et de l'au- “tre donne une fausse joie à celui qui s'y est trompé",

PE défini la politique Française avant la nomination du Due de Choîseul some Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, ayant vu quel était l'homme qui allait diriger eette politique pendant 12 ans, quel était celui qui secondera son chef de fîile et dont le rôle moîns brillant et moeîns eonnu ne manque sans doute pas de solidité et d'effiencité, 11 reste maîr tenant à examiner et ce que fit le Due de Choiseul et —

part eut dans l'action son eousin, le Due de Praslin, Re IE CHOISEUL AUX AFFAIRES ETRANGERES

La Politique Autriehienne.- Le rôle de l'Ambase sadeur à Vienne, La Politique de Guerre ,.- Pourparlers de la Haye,

"Le défaut des Français dit un jour Frédérie II, est d'être tou

*a tour, et suivant l'inelinatieon du moment, Anglais, Prussiens “ou Autrichiens. Choîseul fut trop Autrichien",. M. Alfred Bourguet qui elite cette phrase dans un ouvrage sur la politique au. Due de Cheïseul, ajoute auss1t8t :"le met dénote quelqu'un qui faîme à faire de l'esprit, mais l'examen de la eorrespogdanee “au Ministre ne permet pas de le ratifier sans réserves",

Sans vouloîr diseuter si le trait du Roi de Frusse est fondé ou non, 11 est évident que en 1758 la politique Autrichtennqétait la principale question dont le Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères avait à s'occuper. D'autre part, dans la lettre du 2 Kovembre 1758 où Louis XV éerivait à arte Thérèse que le Cardinal de Bernis quittait le ministère, le Roï disait notamment :"- pour le remplaser, nous n'avons pas eru poi- Myoir tetre un choix plus sonforme an bien de nos intérêts com Mmuns, ni plus agréable à Votre Majesté, qu'en confiant ce môme fminkètère à notre Cousin, le Due de Choiseul, qui est partteu- “lièrement instruit de notre ferme résolution à persévérer cons- “tamment dans le système d'union et d'alliance si heureusement fétabli entre nous, et qui a vu dans sa souree la réciprocité | intentions de Votre Majesté pour 1e mâme objet”. De plus, Choïsoul était un dos “Hommes de l'Alliance"; 11 devait à la : nouvelie politique beaucoup Ge la faveur dont 11 Joutssait, et, en quittant Vienne, Leurs Majestés Impériales l'avaiont comblé de marques de distinction. Les aprarences semblent Gonc donner raison au Roî de Prusse, et la suîte de l'histoire montre que Frédéric ser seul à traîter le ministre de Louis XV a'autrichien. .

Pourtant, le premier acte diplomatique que le nouveau Ministre accomplit, leîn de lier encere plus étroitement

la Francé et l'Autriche, dégageait la Cour de Versailles d'obligations qui lui pesaient fort vis-à-vis de celle de Vienne. Le Le Traité de Versailles conclu le 31 Décembre 1758 réduisait à 20 millions de livres le subside de 30X milliens payé par le Roï de France, transformait le concours de 24.000 hommes garanti par le traité du premier Mai 1756 en un concours équivalent d'argent et modifiait les buts de guerre en Italie, Ce ne fut pas tout; l'Instruction donnée en 1759 au Comte de Choîseul "Allant à Vier ne en qualité d'Ambassadou- auprès de Leurs Hajestés Impériales" insiste sur la nouvelle forme donnée à l'alliance France-Autrichienne ,"Quelques fortes que soient les liaîïsons de l'amitié “et de l'Alliance, 11 est cortainqu'elles ont de justes bornes. | MLes devoi:3 primitifs du Roi sont de réparer 1'injure faite à “se dignité par les Anglais, de maintenir s2 puissance, de déffendre ses peuples, de rétablir leur repos et leur sûreté, Les devoirs de l'amitié et de l'alliance, tout respoctables qu'ils "sont, doivent être subordonné s à ces devoirs primitifs et essens “tiels", Le ton de l'instruction continue de même et l'on sent o chez le nouveau ministre des vues claires; le vrai danger e 6té aperçu :"Le principal objet doit être de porter des coups direct "a l'Angleterre... .."

Le rôle de l'Ambassadeur à Vienne en devient singulièrement complexe, Non seulement Choîseul ne porte plus son principal effert à soutenir l'Autriche, Sais sien faire rese pecter les Traités de Westphalie :"Quelque ferte que soît l'ufnion du Roi avec l'Impératrice, quoiqu'11 soit animé du désir “le plus sincère de la rendre à jamais durablo,son idée n°a je mais été d'abandonner l'Empire, ni les Princes protestants en.

particulier, ni de se prêter à aucune mesure qui pt donner

fatteînte su jets et constitutions de l'Empire dont 11 est "rarant#. ....Ltintention du Roi est donc que son Ambassadeur | travaille à affermir lea nouvelle union de la France avec la fCour de Vienne sens affaîblir celle qui est anciennement établi: entre la France et l'Empire , 2t dont le noeud le plus ferme ré. Mside dans le garantie de le Paix de Westphalie qui en fixant le: bornes de l'autérité Impériale, assure aux Princes de l'Empire les droîts de la liberté et de 1e Religion.......S'"il arrivait “contre toute attente que le Sieur Com$e de Cho seul s'aperçût que la Cour Impériale voulft faire quelque démarche epposée faux lois et constitutions Germaniques, non ere il states ftiendra d'y prêter son ministère, 41 emploiera les conseils les “plus amiebles pour les en détourner, et 11 en informera sur le. Mchamp le Sieur Duc de Choiseul, Ministre des affatres Etrangère fafin que l'on puisse prévénir à temps les inconvénients qui … fpourraient résulter et qui seraient aussi contraîres au bién de "l'Empire et aux intérêts de leurs Majestés Impériales qu'à ceux Ade ls cause commune..."

Et un mémoire lu au Conseil par Choeîiseul en Janvier 1759 sur le plan de campagne proposé par la Cour de Vienne pour 1t6t6 suivant dit :" La Cour de Vienne marque avec trop peu d'a- *Aresse que ses uniques vues tendent à employer ses alliés à sa "guerre personnelle et à son projet de conquête sur la Silésie",

Mais critiquer n'est pas tout; la guerre était aussitôt conduite avec plus de vigueur sur mer; la bonne volonté 2 et la foi re manquañent pas au Ministre; les plans les plus …. tes furent conçus. Hélas, les moyens étaient insuffisants; et le espérances que ces beaux projets avaient fait naître ne se ei

lisèrent pas,

Dans la ee contre l'Angleterre, les tonps étaient passés où M. de la Galissonière mettait en fuite 1'Amiral Byng. L'Angleterre avait frémi en 1756 et Byng avait payé de sa vie un échec, cuisant pour l'amour-propre de sa pa-

trie, Mais alers que l'Angleterre réagit, la France s'endort dans une douce quiétude, Les résultats ne se font pas attendre: en 1757, les Anglais enlèvent l'Ile d'Aix à l'embouchure de la Charente et en détrufsent le port; en 1758, 11s attaquent St-Male. Choiseul voulut prendre l'initiative à sen tour, et préparer une descente en Angleterre: Chevert et Soubise auraient le com mandemenÿ du corps de débarquement. Des escadres qui devaient les soutenir, l'escadre de la Méditerranée, commandée par La Clue, fut battue par Boscaren devant Lages; celle de Brest subit le malheureuse “Journée de M. de conf1a#s" ; et au Hêvre où l'on construisait une escadrille, le Commodore Rodney bombarda | et brfla les chantiers. Aucun de nos efficiers généraux ne mé- | rite en réalité les amères critiques qui leur ent été prodiguées seul l'incompréhension totale des choses de la marine qui, à par cortaînes exceptiens célèbres, a toujours régné en France, deît être incriminée,. Un corsaire, Thuret, sauva l'henneur par une . descente en Irlande; mais isolé, 11 ne put que mourir glorieusement ;@t sa petite escadre fut dispersée,. Dès lors, et pendant | près de étse ans, 41 n‘y aura plus de marine Française. La guerre contre l'Angletérre est perdue. es Sur le centinent, eù Choiseul considérait les opérations comme secondaires, le mémoire déjà cité dit :" La France pense que per la nature de la guerre. .…..L@ paix des alliés ne "peurra s'établir fermement que lersqu'en forçera l'Angleterre

"à la désirer". Les campagnes, sans être très glorieuses, n'é-

<Æ taient pas désastreuses comme sur mer, @t la France ne s6 vit Jamais à la merci de son adversaire, En 1759, le général Russe Seltykeff battait Weddell, un des lieutenants de. Frédéric , à Paltzig, joîgnait l'Autrichien Lauden à Francfort sur 1'Oder, et infligeait aux Prussiens la sanglante défaite de Künersdorff, 1e'noût 1759, Le maréchal Autrichien Daun malgré son apathie récolta les fruits d'une 51 belle campagne à Maxen, où Finck capitulait avec 12,000 hemmes: Frédéric II avait perdu la Saxe. L'armée des Cercles le menaçaît aînsi que les Danois et les Suédois, En Allemagne occidentale, les alternatives de succès , Bergen, et de revers, Minden, se suivaient; maîs, en 1760, Cas tries est victorieux à Glostercamp, Cependant qu'en Allemagne Orientale, les Autrichiens se faisaient battre à Lignitz ef à 2 lTorgau,. Si la prise de Berlin par les Russes avait un grand | effet moral, Frédéric n'en avait pas moîns rétabli sa situation; et, comme le pensait Choîsoul, n'avait pu être forcé à la paix puisque l'Angleterre le soutenaît à la fois par sen argent et ‘par son armée de Hanovre,

La Guerre diplomatique n'était pas négligée; Cho seul parvensit, grêce à l'habileté du représentant de la Cour de Fran ce à la Haye, à maîntenîir les Pays-Bas dans une position de neutralité favorable à la France, Il erut même un instant pouvoir former une serte de Ligue des Neutres avee au début la Hollande et le Danemark, L'Angleterre d'ailleurs lui facilitait la boso=. gne par la daideur qu'elle affecteit, Si l'habileté du Comte : dtaffry, devenu Ambassadeur en Hollande, et du Président Ogier au Danemerk, ne put arriver à la conclusion, 11 n°en reste pal moins que le sympathieé$ciose, grêce au Ministre et à son Ambas=

De 5 sadeur, dans le gouvernemënt ü9s Provinces Unies est un beau

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succès étplomatique, cer la Hollande comptait depuis longtemps ééjà parmi les pays favorables aux Anglais.

Ce fut d'ailleurs par l'intermédiaire du Comte d'Affry que les premnîères offres de paix parvinrent de la part de l'Angleterre à la France, Le Cabinet de Versaîlles ne laissa pas ses avances sans réponse: Affry reçut mission &e continuer à discuter avec le général Yorke, représentant Anglais à La Heye, des avantages de la paix mais "sans trop approfondir", Le France entendait séparer la guerre continentale de la guerre Anglaise. Londres ne voulait pas avoir l'air d'abendonner Frédéric . Yorke disait à Affry, d'après le compte renäu envoyé à: Versailles le 15 Février 1760 :" que 5.M. Britannique en consi- “dération de son grand âge et autres raisons, désirait sincères ment la paix, si nous ne proposions pas d'abandonner le Roî 4 Prusse; que lui, M. Yorke, était chargé de me le dire, de me | prier de vous 1e maander, et autorisé à recevoir de moi les Fe fyertures que vous m'adresseriez là-dossus et à les faire - | “ser en Angleterre", Mais deux points restaient touiours obscurs : l'Espagne depuis longtemps déjà avait tenté de s'interposer, et la réponse ne venant pas de ce côté fit croire à juste raison que le Roï Georges était plus désireux de paix que son ministre Pitt; cela ne l'empéchaîit pas toutefois de reliée fidèle à Frédéric et de refuser de faire une paix séparée .Ce dernier fait empêche les points de vue de se rapprocher, et le 5 Mai 1760 Affry et Yorke s'aperçurent de l'impossibilité de négocier. D'ailleurs la proposition de paix primitive qui s'é-. tendait à la Russie et à l'Autriche, aÿaît été repoussée par une communication du 51 Mars 1760 où l°on maîntenait le prin- . cîipe de la séparation des guerres, et o on acceptait la |

sp ë

sition Anglo-Prussienne de règler la guerre continentale seule,

- dtsatent les alliés, par un congrès,

Le Cour de Vienne, n'avait pas 6t6 sans réprouver en quelque sorte ces pourparlers préliminaires à une paix Fran-. co-Anglaise, Comme tout ce qui éloiîgnait les regards de la Fran ce de la guerre d'Allemagne, ce projet inquiétait 1'Impératricé. Déjà la recrudescence des opérations navales avaît été mal vue à Vienne; combien plus un essai de paix inquiétait-11 l'alliée de la France. Ce fut surtout à propos de la négociation engagée par l'intermédiaire de l'Espagne que le gouvernement Autrichien, montra le plus de méfiance.

Le rôle de notre ambassadeur à Fsenne prit à ce mO=. ment toute son importance. Déjà, peu après son arrivée, Choi seu] Praslin avait obtenu de Kaunitz de ne point léser les Princes protestants de l'Empire à propos du droit de Séparation, 81, à 1 vérité, 11 avait trouvé quelque mal à avoir satisfaction. Lors de le mort de Ferdinand VI, roi a'Espagne, Kaunîtz avait der. ché à éloigner la France de son successeur Charles III, et Choi geul-Praslin avait écrit:" Peut-être M, de Kaunitz voudrait-11 “que nous n'eussions d'ami intiue que l'Impératrice, afin de 3 “tenir davantage dans sa dépendanee”. Le 23 Octobre 1759 ,Kaunît voyant toujours les offres de paix d'un mauvais oe11, Choi seul écrivait à son cousin et ajoutait, après avoirdécrit l'état mal fheureux du pays:" I1 n'y a pas &'engagenent qui tienne contre fl'impossible.....Nous ne ferons pas la paix sens elle(1'Impé= fratrice).....meis 11wfaut la prévenir que nous serons forcés ii “par les circonstances de faire la paix ‘Angleterre dès qu'£1 “sera possible, ....ce n'est pas tout d'avoir du courage, Î1l fau

faussi avoir le moyen de le soutenir....." et un peu plus tard

de

:" nous ne sommes poînt dans l'intention de sacrifier les îne ftérêts de la France à ceux de la Maïson d'Autriche, de même “que cette Maison ne sacrifierait pas les siens aux nôtres, aîn "81 qu'elle le prouve." Tels étaient les propos que Choiseule Praslin devait tenir devant le ministre de Marie-Thérèse et peut-être devant l'Impératrice elle-même. Les letires, et l'insistance que le Ministre Choîseul mettait à les répéter, montrent bien la résistance opposée à l'Ambassadeur; celui-ci rêue sit néanmoins dans cette délicate négociation, puisqu'au mois de Mai 1761, 11 était rappelé, pour &8tre plénipotentiaire au Congrès de paix d'Augsbourg. |

Les Anglais acceptaiènt enfin &e séparer les deux. guerres. Le 26 Mars 1761 un mémoîre était envoyé par Choiseul à Londres. Puis on nomma de part et d'autre des plénipotentie1res : Bussy alla à Londres, Stanley vint à Paris. On entama des pourparlers fort difficiles : les Anglais voulafent le Canada, prétendeient garder les prises, faire raser Dunkerque, la France de son côté ne conservañt pas les avantages conquis au Hanovre. durant la Devre. Devant les résistances Françaîses, Pitt crat bon d‘envoyer un ultiuetum le 29 Jyîlleÿ; le 5 Août, Choiseul répondit par un deuxième ultimatum. Dès lors 11 dteit conti Ë qu'on ne pouvait arriver à un accord; et le 15 Septeribre, Bussy approuvé par le Ministre Français, rompait les négociations. Pitt fut surpris, L'opinion Anglaise 1e critique sévèrement. Choiseul qui négociait avec les Espagnols, espérait beaucoup. de cette alliance. Devant l'insuccès des négociations êe Lonäres, le Congrès a&'Augsbourg perdait son importance. Choîiseul avait décidé de se dévouer à le conduite des hostilités; 11 prit e

Ministère de la Guerre, et celui de la Marine, et conserva le

direction des Affaîres d'Espagne: Choîseul-Praslin, de retour : à Paris, prit les Affaires Etrangères, espérant retrouver à conclure la paix le même succès qu'#1 avait obtenu à Vienne

dans les négociations qu'il y avait eu à mener,

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