‹ La politique de demainChapitre 27 sur 34 · M. GRATIEN CANDACE I9I · texte numérisé non relu

M. GRATIEN CANDACE I9I

francs à nos colonies; 200 millions de francs de café à l'étranger et seulement 1,800.000 francs à nos colonies; 120 millions de coprah à l'étranger et seulement 8 millions à nos colonies; 103 millions de caoutchouc à l'étranger et 22 millions à nos colonies; 50 millions de cacao à l'étranger et 1 million à nos colonies; 41 millions de tabac à l'étranger et 1,500,000 francs à nos colonies; 12 millions de bananes à l'étranger et seulement 21,000 francs à nos colonies.

La guerre nous a pour ainsi dire révélé les ressources de nos colonies et ce dont elles étaient capables pour le ravitaillement de la métropole; souhaitons que l'expérience soit retenue pour une œuvre féconde d'après-guerre.

On ne pourra plus désormais considérer les colonies pour les seuls avantages qu'elles offraient jadis aux fruits secs de nos universités; il ne sera pas permis non plus de parler avec ironie ou avec dédain du piètre résultat de la politique d'aventures coloniales.

D'autres questions encore solliciteront la. bonne volonté des partis: celles ayant trait au relèvement de la natalité, à une meilleure répartition des charges fiscales, à l'organisation de l'enseignement professionnel. Certes, il ne faut pas abandonner la culture classique, ainsi que l'a dit, dans des pages admirables, écrites au cours de cette guerre, un de nos jeunes et brillants grands maîtres de l'Université, M. Albert Sarraut. Nous sommes pleinement de cet avis, car la culture classique attise la flamme de l'idéal; mais nous n'avons pas non plus le droit de dédaigner cet enseignement utilitaire qui forme les bons agriculteurs, les bons commerçants et les. bons industriels, ces soldats pacifiques de la perpétuelle lutte économique. La France est incontestablement le foyer intellectuel le plus vivifiant, la pensée française rayonne sur le monde, et c'est à sa source que toutes les démocraties viennent s'alim^enter. Ce qu'il faut former désormais, ce sont les muscles de ce pays

pour la bataille continuelle de la vie, pour l'expansion de notre puissance économique. C'est la tâche à laquelle devront s'attacher demain tous les partis.

M. Gratien Gandace a des idées générales et cependant précises. Il affirme avec vigueur sa confiance dans la solidité du régime démocratique qui sortira de la tourmente, au désespoir peut-être de quelques amis de la dernière heure, agrandi et fortifié. C'est d'une heureuse prévision. M. Candace partage cette confiance avec tous ceux que nous avons interrogés.

Entre quelques questions — dont l'urgence est apparue aux plus aveugles — le Député de la Guadeloupe touche au problème de l'enseignernent technique. Ce fut un problème d'avant-guerre. Il durera longtemps. 11 y avait ainsi quelques courants dans l'air, nous ne disons pas quelques « modes » ou « tendances », car il ne s'agit point, pour le moment, de manies vestimentaires ni de tango. Enseignement technique, enseignement professionnel ! M. Candace parle d'or. La guerre, en effet, a grand besoin pour être résolue victorieusement de techniciens et de professionnels. L'après-guerre ne mettra pas, ne devra pas mettre nécessairement au second plan cette culture classique dont il serait naïf, outrecuidant ou quasiment ridicule de faire l'éloge. Elle fut, elle demeure, elle l'estera le parangon de la France civilisatrice. Elle a ses ingrats. Elle aura ses défenseurs qui ne seront point pour cela des « traditionnalistes » obtus et fermes au progrès. Elle a aôouré, fixé, répandu à travers le monde

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