‹ La politique de demainChapitre 4 sur 34 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

superficiel pour être convaincu de leur actualité. Nous prions qu'on les replace à leur date, à leur moment. Cette date, ce moment étaient tragiques. Faire, alors, une Enquête politique, économique, sur la France de l'après-guerre (pour nous servir du vocable usuel), quelle audace, quelle hérésie, quel paradoxe !

Et cela nécessite une explication simple et sincère.

S'il était indispensable que, dans un régime démocratique, la voix des assemblées pai'lementaires se fît entendre à côté de la voix du canon, s'il était nécessaire que se préparât à l'arrière le labeur d'organisation qui devait permettre à nos héroïques soldats de combattre et de vaincre, il n'était point chimérique de se demander, plusieurs mois avant la cessation des hostilités, ce qui, pour quelques domaines plus ou moins limités, pourrait résulter de la formidable mêlée des armes où une nation de proie, où des hordes casquées d'orgueil et avides de meurtre ont jeté pendant plus de quatre anixées un pays libre, féru d'idéal, loyal et droit.

On se préoccupait, d'ailleurs, un peu partout, de chercher des « directives ».

Y avait-il lieu de dire à ceux qui marquaient ces préoccupations raisonnables : « Attendez, remettez à plus tard, surtout en matière de politique, vos conseils, vos projets, vos doléances et vos espoirs »?

Nous ne le pensons pos. Nous ne l'avons pas pensé.

Voilà pourquoi, assuré, par avance, des difficultés que nous pourrions rencontrer, des objections qu'on

AVAMT-PROPOS XIII

allait nous faire, et sans méconnaître, une seule minute, les ^périeuses nécessités des heures graves que nous traversions alors, que nous traversâmes depuis, nous avons interrogé des Parlementaires, des industriels, des savants, à qui nous avons posé la question suivante :

Faui-il prévoir, après la guerre, un changement profond dans V orientation de la Politique ?

N'y a-i-il pas lieu de supposer (1), d'ores et déjà, que la question économique devra être mise au premier plan du programme des Partis?

Certes, nous sentions la délicatesse de notre question.

Nul n'est prophète.

Presque tous nos interlocuteurs ont pris cette précaution oratoire, fort sage en vérité. Nous ne demandions aucune prophétie, des impressions plutôt, pendant et après la tourmente, qui impose à tous de sérieuses disciplines et même des examens de conscience. Et si, parmi ces aspirations et ces impressions, se glissent quelquefois des critiques du passé et des conseils, pour l'avenir, nous ne pouvons que nous en réjouir. Les unes et les autres, de la part d'hommes qualifiés et fortement attachés aux institutions républicaines, sont livrés désormais à nos méditations.

A nous d'en faire notre profit.

Nous avons semblé proposer à certains un rébus

(1| Nous étions en 1917.

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