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XIV AVANT-PROPOS

indéchiffrable. De là est venu, peut-être, leur mutisme. Cette pudeur nous agrée : elle ^it, elle est comme un retour discret sur soi-même, un désir de recueillement, un scrupule d'inquiétude, une crise morale, un besoin de cultiver le jardin de Candide, ou simplement la pudeur, la divine pudeur du silence — armure des faibles ou des forts, je ne sais.

Mais le « silence n'est plus la réponse du sage », comme disait l'Ancien, qui avait lu Euripide ; « l'abîme n'est plus le dieu unique. Pan nous commande. Il faut agir. L'action est le principe, l'action est le moyen, l'action est le but ».

Il y eut des heures où ces mots de M. Clemenceau prenaient leur sens le plus aigu. Nous vivons, nous vivrons longtemps de ces heures-là.

Albert Sorel écrivait un jour :

« Le passé ne déploie pas que des catastrophes. Le mal qu'un homme a commis, un homme meilleur le corrige ; le détriment qu'une génération a causé, une génération plus attentive et plus dévouée le répare. L'avenir demeure aux hommes de bonne volonté. Les hommes n'ont jamais paru plus grands que dans leurs épreuves et dans leurs relèvements... L'homme se sent d'autant plus relevé devant luimême et vaillant devant sa destinée, qu'il prend plus d'humanité, c'est-à-dire qu'il prend une conscience plus claire de ses devoirs. »

Dans quelque ordre d'idées que s'égare notre pensée, il apparaît bien qu'en cette période guerrière, où tant de Français se sont offerts en holocauste pour une cause jugée par eux supérieure à eux-

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