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Nous voulons répondre ici aux attaques haineuses dont MM. Pichon et Baudin ont été l'objet de la part de M. Clémenceau, à propos de la politique extérieure des ministères Briand et Barthou.
M. Clémenceau a prouvé une fois de plus qu’il subordonnait le bien général du pays à ses ressentiments personnels et que, lorsque son intérêt semblait le lui dicter, iln’hésitait pas à dénigrer violemment la ligne de conduite que lui même n’avait cessé de suivre lorsqu'il avait la responsabilité du pouvoir.
Les palinodies de M. Clémenceau.
Sa mauvaise foi s’est montrée en maintes circonstances, mais d’une façon toute particulière à propos de la circulaire du 9 août 1913, dite du Vendredi Saint. Par celle-ci, M. Baudimn, ministre de la marine, rétablissait la latitude laissée aux commandants des bâtiments par la circulaire du 20 mars 1896, pour le salut du pavillon dans les ports, le jour du Vendredi Saint. Ce geste de politesse, qui n’avait jamais été expressément supprimé, était devenu nécessaire à la suite de circonstances que nous rela”
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terons au cours de cet ouvrage (1). La mesure qui lPordonnaïit n’avait pour objet que de régler ce point de détail dans l’ensemble d’une réglementation qui concerne les manifestations extérieures conformes aux pratiques de la courtoisie internationale.
Ces manifestations qui s'adressent d’ailleurs à tous les rites et à tous les cultes dans le Levant, M. Clémenceau n’a rien trouvé à dire contre elles quand il en avait la responsabilité comme chef du gouvernement. Non seulement il les a laissé faire, mais encore il a veillé à ce que leur exécution se fit avec le plus d’éclat possible (2). M. Clémenceau, bien qu’en contradiction avec lui-même, ce qui lui est arrivé si souvent, se trouvait alors dans la légalité.
Il ne devait pas tarder à en sortir.
En effet, dès l’année 1907, une série de dépêches et de rapports était échangée entre M. Thomson, ministre de la Marine, et la Préfecture maritime de Brest, au sujet de l’organisation des services religieux dans les établissements de la Marine, école non-navigantes, hôpitaux et prisons.
On voit qu’il s'agissait là, non plus d’une réglementation des manifestations de courtoisie dans le Levant et d’un simple salut du drapeau, ce qu’a seulement impliqué la circulaire du Vendredi Saint, mais bien d’une violation manifeste de la loi de 1909. |
L’esprit malfaisant de M. Clémenceau se retrouve partout. Il fait campagne, au nom des principes
(1) Page 63.
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républicains, contre un retour imaginaire au Cléricalisme et, lorsqu'il est au pouvoir, c’est lui qui fait tirer le plus de coups de canon en l’honneur des Capucins, des Pères Lazaristes et des Filles de la Charité ; c’est lui qui viole la loi de séparation; c'est lui qui réorganise, sur Île Borda, les services religieux (1).
Aussi bien la polémique à laquelle nous répondons aujourd’hui ne fait que fournir une preuve supplémentaire que M. Clémenceau, l/omme Libre, a été, est et restera toujours le prisonnier de ses haines. Pour les satisfaire, il n’a jamais hésité ni devant une incohérence ni devantune contradiction.
Voulant atteindre ses adversaires, il ne s’est à nul moment préoccupé des conséquences de ses attaques.
Il a poursuivi Gambetta à propos de la question d'Egypte. Et il a ainsi contribué à l'abandon des intérêts français dans ce pays, où nous avons tant semé de notre substance nationale.
Il a traqué Jules Ferry au cours d'une lutte sans merci et risqué de nous faire abandonner lIndo- Chine.
Il s'attaque maintenant aux manifestations du protectorat français des catholiques d'Orient, au risque de procurer les plus grands avantages à nos rivaux italiens, autrichiens et allemands.
C’est toujours le même jeu. Il crible deses flèches empoisonnées l'adversaire du jour et c’est le pays qui en reçoit la blessure. Vieux sagittaire dont le dernier geste sera malfaisant.
(1) Veir page 41.
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M. Clémenceau et Jules Ferry.
Qui ne se souvient des fameuses séances de la Chambre, au moment de l'affaire de Lang-Son : Jules Ferry faisant tête à l’orage habilement fomenté par M. Clémenceau et ses amis lors de la réception des nouvelles alarmiste du Tonkin, les attaques chaque jour plus acharnées, les interpellations plus virulentes, et, dominant le triste spectacle donné par un parlement sans caractère, M. Clémenceau, le masque grimaçant et la voix tranchante, désignant Ferry impassible et réclamant, comme aux jeux du cirque, le « pollice verso ». Mais le cabinet étant démissionnaire, M. Clémenceau n’a pas terminé sa besogne. En effet, on apprend que les mauvaises nouvelles sont dues au manque de sang-froid d’un officier général, puis arrivent des dépêches plus rassurantes, puis c’est l'acceptation de la Chine de signer la paix aux conditions posées par Jules Ferry. Alors M. Clémenceau, qui ne veut à aucun prix que son adversaire se relève, au mépris des intérêts évidents de la France achève de ruiner le crédit que l’ancien ministre pouvait encore obtenir du parlement et ne se déclare satisfait que lorsqw’il le voit définitivement abattu.
La direction et l'importance de notre politiques en Orient.
Mais voyons d’abord quelle a été de tout temps la direction et l’importance de notre politique en Orient. : |
La France est la première nation européenne qui
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d’après les capitulations ait eu le privilège de la protection des catholiques du Levant, sans distinction de nationalité.
Les divers traités passés depuis lors avec la Turquie ont reconnu à la France le droit de protéger les religieux dans tous les territoires soumis à l’autorité du sultan, et si, au cours des siècles, des transformations se sont accomplies dans cet état de choses, les différentes nations ayant eu à cœur de défendre elles-mêmes leurs nationaux, il n’en reste pas moins que nous avons pour nous la tradition.
Jamais cependant les bouleversements de la politique intérieure n’ont changé notre facon d’agir auprès des peuples qui pouvaient se prévaloir de l’amitié de notre pays. Le souci constant des gouvernements qui se sont succédé en France a été de maintenir notre tradition en Orient en dehors de nos luttes intérieures.
C’est sur cette cons‘atation que M. Paul Deschanel basaïit l’éloquent appel qu’il adressait, en 1898, au bon sens et au patriotisme de la Chambre :
« Ah ! messieurs, disait-il, si au seizième siècle, alors que la foi religieuse était si profonde, nos rois, nos évêques, n’hésitaient pas à traiter avec les Turcs, avec ceux qu’on appelait alors les infidèles, les païens, et que leurs devanciers etleurs ancêtres n'avaient pas cessé de combattre ; s’ils n’hésitaient pas à faire ce que leur adversaire Charles-Quint appelait « l’alliance impie et monstrueuse du Croissant et des fleurs de lys », et cela afin de créer un contrepoids à la maison d’Autriche à l’autre bout de l’Europe, afin de ne pas nous laisser cou
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per la Méditerranée et d’assurer nos communications avec l'Orient, et si, au siècle suivant, Richelieu, Mazarin, tout nédideux qu’ils étaient, soutenaïent les protestants d'Allemagne, pour maintenir l'équilibre de l’Europe, serait-il possible que nous, fils de la Révolution, nous eussions moins de liberté, de largeur, d’ vavérture e d'esprit que nos pères, et que nous fussions incapables de nous élever un instant au-dessus des passions qui nous divisent, pour sauvegarder les résultats de leur grande et habile politique. (r) »
Aussi bien n’est-il pas utile ici de justifier l'intérêt de notre protectorat en Orient. Personne n’oserait le contester. Ce qu’on conteste parfois, c’est la nécessité de le garder dans sa forme traditionnelle et le danger d’y apporter les préoccupations de notre politique intérieure. C’est à ces prétentions que M. Paul Deschanel répondait le même jour en ces termes :