‹ La Politique de l'incohérenceChapitre 10 sur 20 · LS A · texte numérisé non relu

LS A

« En outre, le 15 octobre 1909, l’amiral Boué de Lapeyrère donnait au vice-amiral, commandant en chef la rr° escadre, les instructions suivantes :

« . Au cours de ses relâches dans les ports de Syrie et d'Asie Mineure, le commandant de la re division légère devra, après entente avec nos consuls, visiter les établissements français qui S'y trouvent...)

Ministère Monis.

Le ministère Monis, venu aux affaires le 3 décembre 1910, ne vit qu'un printemps ; mais cette unique saison, si favorable à une croisière dans les eaux du Levant, fut largement mise à profit. On organisa une manifestation auprès des populations catholiques, pour laquelle tout fut prévu, et qui réussit à souhait.

Instructions données par M. Delcassé à l’amiral Dartige du Fournet.

Le 3 février, M. Delcassé, ministre de la marine, adressait les instructions suivantes à l'amiral Dartige du Fournet, commandant la division légère de la re escadre :

«... Vous profiterez de votre séjour à Jaffa pour faire à Jérusalem une visite officielle (la division ira attendre à Saint-Jean-d’Acre pendant votre absence).

« En dehors des officiers qui vous accompagneront, vous désignerez, pouT vous escorter officiellement à Jérusalem, deux officiers supérieurs, trois officiers subalternes et trente officiers mariniers OU marins par bâtiment.

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« Les officiers devront être en tenue et porter le sabre, les hommes seront sans armes, mais auront le ceinturon, les bretelles et cartouchières,

« Vous vousentendrez à l’avance avec notre consul général à Jérusalem, en particulier pour les cérémonies auxquelles vous aurez à assister et les visites que vous aurez à faire.

« Pour solder les dépenses occasionnées par ce voyage, vous aurez à vous faire remettre, avant de quitter Toulon, une somme de quatre mille francs à titre de fonds de prévoyance... »

C’était 1à une mission d’une particulière importance, dont l’amiral s’acquitta avec le plus grand zèle et rendit compte dans quatre rapports circonstanciés. Le 6 mars, il écrivait au ministre :

Rapport de l’amiral Dartige du Fournet.

« La journée du 3 mars a été employée tout entière en visites à l’archevêque de Smyrne, à l’hôpital français reconstruit récemment et inauguré depuis deux jours, siège de l’Alliance française, aux écoles diverses où l’on enseigne avec notre langue le respect et le culte de la France. Je citerai en première ligne :

« Les Lazaristes, avec 150 garçons de toute races et de toutes religions.

« Les Sœurs de la Providence (450 jeunes filles, dont plus de la moitié reçoivent l'instruction gratuite).

« Les Dames et Pères de Sion (clientèle de familles riches).

« Les Frères de la Doctrine chrétienne (écoles en

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pleine prospérité ayant, autour de Smyrne et dans la ville, près de 5,000 élèves).

« L’Alliance israélite, très intéressante en raison du caractère essentiellement pratique de son enseignement.

« L’AlHance française, installée à l’ancien consulat, à une organisation très remarquable. Les salles de réunions, de conférences, de lecture, sa bibliothèque, ont une belle apparence, et la colonie française a le droit d’en être fière...

« Ce séjour à Smyrne nous a causé une vive impression. Nous avons vu là une des colonies françaises les plus anciennes, et le vieux nom de ses chefs élus « députés » de la nation le prouve amplement ; elle a pourtant toute l’activité, toute la chaleur de cœur de la jeunesse, sa prospérité matérielle est visible. Commerçante, industrieuse, elle a construit les quais du port, elle exploite les voies ferrées qui rayonnent autour de Smyrne. Elle lutte sur tous les terrains pour maintenir ici la prépondérance séculaire de la France... »

Le rapport du 14 mars contient des détails non moins intéressants :

« À bord, en mer, le 14 Mars 1911.

Le contre-amiral Dartige du Fournet, commandant la division légère,

À Monsieur le Ministre de la Marine.

Accompagné du consul général, j'ai visité, du 11 au 13, l'hôpital français, les écoles françaises des

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orphelinats et écoles professionnelles des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, l’école laïque française, eic:, etCs…

« Partout j'ai trouvé un enseignement empreint de l'attachement le plus ardent à notre pays, des œuvres qui développent puissamment notre influence. Mes souvenirs d'écolier sont malheureusement bien loin de moi, je puis pourtant affirmer que l'accueil des écoliers de Beyrouth à l’amiral français dépasse de beaucoup en chaleur celui que nous faisions, il y a quarante ans, aux visiteurs de nos lycées.

Capucins, des Frères de la Doctrine chrétienne, les | |

« Je fais une mention toute particulière de FUniversité Saint-Joseph, où les Jésuites ont créé une faculté de médecine appelée au plus brillant avenir, et j'insiste sur une visite, la plus importante de toutes, celle que j'ai faite au patriarche des Maro-

Œ nites du Liban : Ms Hoyeck, à sa résidence de | Bkerké, sur les premiers contreforts de la mon- | tagne.

« L'accueil du patriarche lui-même a été très cordial; au cours du déjeuner qu’il nous a offert, il m'a longuement parlé de ses trois voyages en France et des attentions de notre gouvernement à son égard lors de ses séjours à Paris. M# Hoyeck est notre ami; il a dans le Liban une influence prépondérante. Je me suis attaché à répondre chaleureusement au toast qu’il a prononcé en l'honneur de la France ..…..»

Le rapport du 20 mars est un compte-rendu très documenté de l’exécution des instructions trans-

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É mises par le gouvernement. A ce titre, il est dou-

‘à blement instructif.

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| Le 16 mars, à 11 h. 10 du matin, la mission désignée pour monter avec moi à Jérusalem partait par train spécial. Elle comprenait le personnel énuméré - dans vos instructions du 3 février 1911, soit : ro offi- | ciers supérieurs, 14 officiers, 03 officiers mariniers, quartiers-maîtres et marins triés sur le volet, auxquels s’étaient joints 27 officiers mariniers, quartiers-maîtres et marins voyageant à leurs frais; au total, 145 personnes. J'avais fait appel à toutes les bonnes volontés, afin de donner toute l’ampleur possible à cette manifestation de l’action de la France en Palestine. Les officiers et maîtres étaient > en armes et épaulettes, le reste du détachement sans armes, mais équipé avec ceinturon, bretelles et cartouchières.

A € À 8 h. 4o nous entrions en gare de Jésusalem. Li Une garde de 150 hommes avec musique y avait été L t à envoyée par le commandant des troupes ottomanes \ pour rendre les honneurs; un délégué du gouver- 2 neur s’est présenté pour me souhaiter la bienvenue, accompagné du président de la municipalité, (1 Hussein Selim Hussein. Le consul général était là, et avec lui toute la colonie française, des représentants des autorités religieuses latine, maronite, grecque, arménienne, les directeurs des écoles

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