‹ La Politique de l'incohérenceChapitre 9 sur 20 · RS · texte numérisé non relu

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Saint-Louis, qui est tout disposé à prêter le concours d’un de ses vicaires. »

Lettre du sous-secrétaire d’État à la Marine au préfet maritime de Brest.

Le 20 novembre 1909, M. le sous-secrétaire d’État à la marine écrivait dans une lettre adressée au préfet Maritime de Brest :

.. CH semble qu’il y aurait intérêt à préconiser les solutions suivantes :

1° Affecter l’abbé Lainard au service du Borda et confier le service religieux de l'hôpital et de la prison à un prêtre de la paroisse de Saint-Louis, qui recevrait la même somme que celle attribuée aujourd’hui à M. l'abbé Lainard, soit 1,620 francs. Cette rétribution paraît d'autant plus raisonnable qu'à Cherbourg le prêtre desservant l'hôpital reçoit une indemnité annuelle de 1,560 francs ; 2° Maintenir l’abbé Lainard dans son service à l'hôpital et à la prison et rechercher pour le Borda, comme On l'a fait pour le Magellan et le Calédonien, un prêtre auquel serait alloué une indemnité ne dépassant pas 1,200 francs. »

Le 7 décembre 1909, le préfet maritime, dans sa réponse au ministre de la Marine, disait :

« .… Toute notre attention doit être concentrée sur votre solution n° 1 qui aurait pour moi, tout d’abord, le grand avantage de confier le service religieux des élèves de l’École navale à un ancien aumônier de la Marine. Sa connaissance de la vie de bord, de l’existence des officiers, des équipages sur les bâtiments, ses idées personnelles pendant

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les entretiens avec ces jeunes gens sur ce qu'il a vu et remarqué au cours de ses différents voyages, seront d’un incontestable et très intéressant enseignement pour les élèves de notre Ecole navale qu’il entretiendra de choses qu’il aura vécues et qu’ils seront à même de retrouver dès leur sortie de l'École; et je reste convaincu que, tant qu'on pourra avoir un ancien aumônier de la Flotte, c'est lui que-la marine devra utiliser pour le Borda. »

On voit par ces divers documents de quelle façon le cabinet Clémenceau appliquait la loi de séparation! Des chicanes sur les allocations à donner, mais pas un scrupule, pas une hésitation devant la violation flagrante et méthodique de la loi !

M. Clémenceau manque de mémoire.

Le souvenir de ces agissements avait certainement échappé à M. Clémenceau, quand il écrivait dans l'Homme libre, au mois de septembre 1915 :

« La question est bien simple : Y a-t-il une loi de séparation de l'Église et de l’État qui dit que la République française ne connaît aucun culte ? Voilà toute Paffaire. S’il n’y en a pas, j’ai tort. S'1yYena une, il faut nous dire comment ce n’est pas reconnaître un culte que de célébrer des fêtes officiellement. »

Mais, de la part de M. Clémenceau, un tel oubli ne peut être que volontaire. Pour qui en douterait, il suffirait de rappeler d’abord qu'il a habituellement une mémoire remarquable, ensuite qu’il était de son intérêt de commettre cet oubli. Or nul n’ignore que pour M. Clémenceau l'intérêt

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personnel prime tout. Quand il a agi, que lui importe qu'on vienne, les preuves en main, lui démontrer qu’il a tort, qu’il a été plus loin que ceux qu'il accuse dans l'application d’une loi, qu’il à même violé cette loi. M. Clémenceau, après s’être fait un front qui ne rougit jamais, a su se façonner une conscience trop souple pour être gênante.

Ministère Briand.

Quand M. Briand, qui avait été l'artisan de la loi de séparation et qui avait largement collaboré à son application, prit la succession de M. Clémenceau, M. Pichon gardait le ministère des affaires étrangères et continuait la tradition qu’il y avait apportée de concert avec ce dernier.

Le nouveau cabinet fit connaître son opinion sur les missions accomplies au cours de l’année, en Orient, dans une lettre que le ministre de la Marine adressait, le 25 août 1909, à l'amiral Pivet et ainsi Conçue :

Lettre du ministre de la marine.

« Par lettre du 25 août dernier, dont copie est cijointe, le ministre des affaires étrangères m’a prié de vous transmettre les remerciements de son département pour le concours efficace que vous avez prêté aux agents de la République au cours de la mission que vous avez remplie sur les côtes de Cilicie et de Syrie.

«m'est agréable d’avoir à porter à votre connaissance les appréciations élogieuses dont vous êtes

objet de la part de M. Pichon et auxquelles je m’associe bien volontiers. »

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