VIII AVANT-PROPOS
penser les autres , voilà son but et toute son ambition. Il est content s'il arrache ou du moins s'il dispute ses contemporains à cet automatisme intellectuel et moral que les roués favorisent, développent et dont gémissent les esprits honnêtes, clairvoyants.
J'ai cherché consciencieusement. A d'autres de chercheràleur tour, devoiret de dire si j'ai trouvé des solutions possibles, indiqué des moyens raisonnables, ouvert des issues vers le mieux. Si je contribue à dissiper une paresse malsaine et coupable, à réveiller une activité salutaire, j'aurai, pour ma faible part, accompli la tâche qui incombe en ce moment au penseur patriote.
Ce volume est écrit, non pas certes dans une disposition dénigrante , mais avec une ferme résolution de critique à l'égard du présent. On a beau ne point se sentir, comme dit Montesquieu, VesprU désapprobaten/Tj il y a des époques où l'on trouve si peu à louer que le blâme devient le fond et, en quelque sorte, la raison d'être de l'action comme dé la langue politique. Durant ces périodes ingrates, on n*est soutenu que par l'espérance d'un avenir meilleur; on n'est excité, inspiré que par le désir, le soin d'y travailler, de le préparer.
C'est à ce point de vue que je me suis placé. La nécessité d'une réforme sociale indispensablement liée à un retour vers des institutions libres m'a surtout occupé. Le présent sous toutes ses formes a mérité de périr; il n'échappera point à sa destinée. Pénétré de cette conviction, j'ai porté mon attention vers l'avenir. Je me suis demandé