‹ La politique du gouvernement Parent à Québec [microforme]Chapitre 1 sur 12 · ST-EUSTACHE · texte numérisé non relu

ST-EUSTACHE

Le 21 septembre 1902.

DISCOURS DE L’HON., M. LeBLANC A ST-EUSTACHE LE 21 SEPTEMBRE 19L2

Devant ce concours extraordinaire de citoyens venus pour entendre discuter les choses de la politique, il me fait plaisir de constater, et la popularité toujours grandissante, si bien méritée de notre chef distingué, M. Monk, et l'intérêt intense que mes compatriotes apportent à l'étude des grandes questions qui agitent les esprits en ce moment.

Je remercie bien cordialement, les membres du Club Morin de m'avoir procuré le plaisir d'assister à cette belle démonstration. Permette/-moi de saluer en passant, mes fidèles élec teurs de Laval, que je vois ici en grand nombre, et que j'aime toujours à rencontrer.

Nous aurons bientôt une élection dans le comté des Deux-Montagnes, il était donc convenable de rensei gner les électeurs sur les choses de la politique fédérale. Nous avons des intérêts considé.ables à défendre à Ottawa ; c'est un terrain où nous sommes en minorité, et l'expérience de ces derniers temps s'est chargée de nous le démontrer. Je ne m'attar- Jerai p à reprocher ici la trop grande facilité avec laquelle, pour courtiser la majorité, l'on sacrifie nos intérêts les plus chers, établis sant ainsi de terribles précédents pour l'avenir. Je veux tout simplement, vous entretenir un instant de ce quise passe à Québec.

Ai-je besoin de vous rappeler toute l'importance de notre parlement provincial.

Nous sommes chez nous, à Québec, et noms le prouvons, en commençant par respecter les droits de laminorité dans notre province.

Nous sommes chez nous, à Québec, et c'est pour nous mettre chez nous, que la Confédération a été faite, ne l'oublions pas messieurs. La législature de Québec est le boule vard de notre nationalité et nous deyvons respecter et conserver avec un soin jaloux, la constitution qui nous

garantit le plus sacré des droits, celui de nous gouverner nous-mêmes.

Nous avons toujours le même gouvernement et la mème politique à Québec, depuis les élections de mai

Les seuls changements survenus depuis, ont produits parle décè de deux ministres, aussitôt remplacés par deux autres ministres

Si L'on veut bien se le rappeler, les élections générales de 1897, don nèrent comme résultat, 54 libéraux et 18 conservateurs, soit une majorité de 36 pour le gouvernement

Non contents de cette majorité, après deux ans de pouvoir seulement, le ministère Parent demanda et obtint, d'un gouverneur complaisant, la dissolution des Chambres, et lança la province de Québec, à peine sortie des élections fédérales dans le trouble et la dépense d'une nouvelle élection générale.

Ceci se passait dans le secret du ca- +inet, le mercredi, 14 novembre 1900.

Le samedi suivant, la ‘‘Gazette Officielle'’, de Québec, publiait ce fait extraordinaire sans précédent dans les annales parlementairs, de notre pays.

Le lundi, 19 novembre, le peuple apprit avec étonnement, cette étrange nouvelle.

La nomination des candidats était fixée au 30 novembre, et la votation, au 7 décembre suivant.

Au lieu des 30 jours traditionnels, il ne restait que 18 jours pour organiser l'élection, renseigner l'éectorat et le mettre en état de rendre un jugement éclairé sur les actes du gouvernement Parent.

Il était donc impossible de songer à faire une élection sérieuse.

Le lieutenant-gouverneur de la province de Québec, de par l'avis de ses ministres, nous invitait à assister à un simulncre d'élection. L'on jouait la comédie.

Nous sommes chez nous, à Québec, c'est vrai, mais l'on devrait, avant tout, chercher à démontrer que, dans

la seule législature canadienne-française du pays, l'on comprend et l'or. respecte la première de nos institutions, On ne joue pas ainsi avec le droit le lus sacré, l'un des plus grands attriüts d'un peuple libre, et intelligent le droit de suffrage, le droit de se gouverner lui-même en décidant du sort de ses gouvernements

Le ministère libéral avait été placé au pouvoir pour cinq ans. Il en avait donc encore pour près de trois ans.M, Parent n'avait rien à dire au peuple, pas de question importante et nouvelle à Jui soumettre. Il avait dans une Chambre de 74 députés, une majorité de 38 pour le supporter et l'aider à travailler au progrès du pays

Mais, alors, générales *

Deux choses obsédaient l'esprit large et éclairé de M. Parent : l'opposition était trop forte, trop embarrassante sous ses talents d'homme d'Etat, et il désirait prolonger son terme d'office de deux ans de plus

Se voir surveillé, critiqué et dénoncé comme nous l'avons fait en 1898-99 et 1900, c'était embarrassant pour lui, j'en conv'sns. Aussi, profitant de la défaite écrasante du parti conservateur,

pourquoi des élections

à Ottawa, quelques jours auparavant, il a voulu nous affaiblir encore et nous décimer en nous prenant par surprise,

désarmés et sans organisation.

M. Parent désirait aussi avoir à bon marché, n'importe comment, légalement ou non, sans resrect pour l'électorat, un prolongement de deux ans de cette vie politique qu'il mène à Québec.

M. Parent est premier Ministre, maire de Québec et président de la compagnie du pont de Gnébec. Pauvre pont, sera-t-il jamais bâti?

Comme premier ministre de la province, il a fait voter à sa compagnie, il s’est donné à lui-même $500,000 de ntre argent pour bâtir son pont.

Comme maire de Québec, il s’est fait voter par les braves échevins de cette bonne ville, $250.000 pour l'aider à bâtir son pont et pour l'en récompenser, cet excellent conseil municipal de la vieille cité de Champlain, lui a voté, à lui personnellement un bonus de $5,000 par-dessus le marché. L'his toire ne dit pas avec qui il a partagé, mais elle démontre à l'évidence, le sans-gêne avec lequel ce grand homme qui préside à nos destinées transige a-

vec les administrés de notre province et de capitale

Or, durant les années IN9N, 1899 et 1900, Ça n'a pas marché ‘oujours comme cela dans l'Assemblée Législative

Nous étions 18 et Vous me permet trez de Vous rappeler tout à l'heure aussi ièvement que possible le travail accompli par la loyale opposition de Sa Majesté à Québec, durant ces trois année:

De là, ces procédés de <oupe-jarrets indignes d'un gouvernement qui se respecte et qui constituent l'un des plus grands attentats politiques que L'on ait lamais vus depui. la confédération

Le résultat a eté désastreux notre province,

L'équilibre si nécessaire au bon fonctionnement de nos institutions parle mentaires a été bri

Sur les 74 députés de la Chambre, à Québec, s:, conservateurs seulement ont urvéeu à cette guerre d'embuscade, où nos ministres se sont servis des armes les plus déloyales et des morens les plus répréhensibles pour écraser leurs adversaires.

La conséquence, c'est que les conservateurs ne sont pas assez nombreux à Québec, nour pouvoir contrôler effica cement les actes du gouvernement

Au point de vue de l'intérêt de notre province, c'est un grand danger et une menace pour nos institutions

S'il est survenu quelqr"s changements dans son personnel depuis 1897, la politique du gouvernement est restée la même: vivre sur le vieux gagné et se la couler douce, tout en ne négligeant as ses petites affaires, semble être le but ultime de nos gouvernants de Québec.

Je dis vivre sur le vieux gagné, en effet, M. le président, en autant qu'une bc" administration peut con tribuer à la prospérité générale du pays, le gouvernement actuel n'a rien fait, et cette prospérité relative dont jouit notre province est due, sans dou te, à l'esprit de travail et d'économie qui anime les habitants de cette province,—mais aussi à l'impulsion énergique donnée à l'agriculture et à la colonisation par les gouvernements conservateur:

Leur politique a consisté dans la ditfusion la plus grande possible des connaissances pratiques en agriculture.

pour

Page 1