QUELQUES SCANDALES
La ‘ Patrie” disait l'autre jour, voulant donner des conseils aux électeurs de Soulanges, “1e le gouvernement actuel méritait J'être supporté, parce qu'il administra't bien la chose publique et qu'on ne lui connaissait pas de scandales. N'est-ce pas un scandale que cette affaire Gaynor- Greene, où deux fugitiis de la rustice américaine sont venus se réfugier dans la capitale de notre province,
Tout le muude sait qu'ils ont réussi à s'échapper grâce aux bons offices d'un certain bureau d'avocats, dont le ministre de la justice du Canada et le premier ministre de la province de Québec font partie.
Pourquoi Gaynor et Greene, accusés d'avoir volé environ deux millions de dollars au gouvernement de leur pays, ont-ils abandonné leurs familles, leurs amis et leur pays, pour se sauver en
ays étranger; s'ils sont innocents, l'intérêt avaient-ils à fuir les ades tribunaux américains ?
avaient volé du pain pour crevant de faim, croyez-vous que leurs défenseurs auraient jamais consenti à mettre l'administration de la justice au service de ces deux chevaliers de la haute pègre américaine,
N'est-ce pas un scandale épouvanta-
+, accompli au vu et au su et avec la complicité de gens chargés par la nature de leur hautes fonctions, de surveiller avec un soin jaloux la réputation de nos tribunaux ?
N'est-ce pas un scandale que cette distribution gratuite des livres d'éco-
P que gents Ah! s'i donner à manger à leur famille
le, fabriqués à la hâte ei distribués à la diable, sans système raisonné et sans s'être ascuré d'avance de la valeur d'un pareil procédé.
A la séance du 25 mars dernier, le gouvernement à été forcé d'avouer qu'après avoir distribué gratuitement ces deux premiers livres dont |: coût exorbitant et leur peu de valeur sont un scandale, il avait senti le besoin de s'arrêter, porr attendre, avant de continuer ce système, les résultats qu'il en pourrait obtenir, et c'est ainsi que l’on entend accomplir les promesses de ces messieurs en matière
tion.
-ce pas un scandale pour le parti au pouvoir, que de répudier aujourd'hui tous les articles de sen programme? Combien de fois les libéraux n'ont-ils pas demandé l'abolition du conseil législatif, l'abolition de Spencer Wood, comme résidence de nos lieutenants-gouverneurs, la diminution dans les dépenses du go .vernement. Aujourd'hui qu'ils sont au pouvoir, qu’en font-ils? Rien.
N'est-ce pas là un scandale?
Que n'ont-ils pas dit contre le coût des funérailles du regretté sir John Thompson?
Ouvrez les comptes publics et voyez le montant: qu'ont coûté les funérailles de feu l'honorable M. Marchand à Québec. N'est-ce pas scandaleux que de dépenser une somme de $9,833.00 pour un simple service funèbre, fut-ce même pour le nremier ministre de la province; surtout dans un temps où l’on a tant besoin d'économiser, afin de pouvoir aider plus généreusement au progrès de l’agriculture, de la colonisation et de l'instruction publique dans notre province.
Il y aurait bien d'autres questions à traiter, mais j'ai déjà parlé trop longtemps et je dois céder la place à un autre orateur. L'attention que vous avez prêtée à mes paroles me fait un devoir de vous en remercier. Je ne puis descendre de cette plate-forme, sans féliciter les organisateurs de cette splendide démonstration, d’avoir choisi la vieille paroisse historique de St-Eustache, pour y tenir l’une des plus belles et des plus grandes assemblées que l’on ait jamais vues à la campagne. Nulle part ailleurs, l'on pouvait recevoir une plus généreuse hospitalité, ni trouver une population plus courtoise et plus sympathique.
Le souvenir de cette fête superbe restera gravé toute ma vie dans ma mémoire.