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à Vienne, d'attendrir le prince Lobanofif et d'obtenir une intervention pour ce qui reste du peuple arménien. Le prince ne convient pas des atrocités commises, et, tout en regrettant les rigueurs nécessaires, il déclare le passé clos et l'avenir serein : désormais les Arméniens peuvent vaquer tranquillement à leur commerce ; l'ordre ne sera plus troublé en Turquie. Mais, dans le train qui le ramène de Vienne, il meurt subitement, et toutes les chancelleries racontent que cette morl surprenante a suivi immédiatement l'ouverture d'une dépêche. Cette dépêche annonçait les assommades du 26 août 1896.
Après six mois de massacres ininterrompus, l'Europe feignait de croire la question tranchée ; les Arméniens avaient voulu montrer à l'Europe qu'il existait encore une Arménie et qu'il n*existait plus de gouvernement turc .
Depuis le commencement de l'année 1896, la nouvelle association révolutionnaire du Trochak était entrée en jeu. EUe se donnait le nom de Tachnak (union) et semble avoir eu son
comité central à Tiflîs. Au mois de février, elle avait poussé le peuple de Van à chasser la Commission de réformes et les pachas envoyés du Palais ; Tintervention des missionnaires américains et du consul anglais avait contrecarré leurs efforts. En juin, leur agitation servit de prétextes aux autorités turques ; Van, jusqu'alors épargné, fut exécuté. Voici le récit d'un religieux français témoin oculaire :
Le 3/i5 juin, le major Halim-Effendi, déjà célèbre par le rôle qu'il a joué dans les massacres du Sassoun, s'avance avec son détachement dans la grande rue de la ville et commande une salve générale. Cette fusillade était le signal convenu.
Aussitôt accourent des bandes organisées à l'avance et munies de fusils, de haches, de poignards, etc. Les quartiers arméniens furent d'un seul coup envahis, les maisons et les magasins pillés et incendiés ; les femmes déshonorées sous les yeux même de leurs maris; les enfants mâles coupés en deux; les hommes massacrés, et plus de cent personnes brûlées vives. Le carnage continue toute la journée et ne cesse qu'à la nuit tombante. Huit quartiers ne présentaient, le soir de cette première journée, qu'un monceau de ruines.
Le lendemain, l'attaque fut recommencée contre d'autres quartiers restés intacts. Mais cette fois les Arméniens résolurent de se dé.'bndre et firent une résistance dcsesi^érce. Ils élevèrent des barricades à
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rentrée de leurs rues et répondirent par des coups de fusil à la fusillade de leurs envahisseurs.
Cette résistance des Arméniens exaspéra les assiégeants, qui, renforcés de nouvelles hordes de hamidiés, recommencèrent l'attaque le 5/17 juin. Les Arméniens avaient pris quelques nouvelles mesures de défense; ils avaient travaillé toute la nuit à créneler leurs terrasses ; ils avaient abattu les arbres de leurs jardins et s'en étaient fait des barricades. L'atlaque fut violente, mais elle vint se heurter à une résistance désespérée : les Turcs ne purent envahir les quartiers chrétiens. Alors les autorités militaires font avancer toutes les troupes régulières; unies aux bandes de Kurdes dont le nombre atteint au moins quinze mille, elles s'élancent sur les maisons et les barricades. Cette nouvelle attaque est également repoussée.
Devant cet insuccès, le vali et Saadeddin-Pacha demandent l'intervention des consuls européens. Le 7/19 juin, le missionnaire américain, M. Raynolds, arrivait au quartier arménien et proposait aux chefs des « rebelles » la soumission aux autorités. Les chefs arméniens consentent à cesser immédiatement leur résistance armée, à la condition que tous les consuls interviennent dans l'affaire et non pas seulement le consul anglais ou le missionnaire américain. MM. les consuls d'Angleterre et de Perse, présents en personne, un missionnaire dominicain, le P. Defrance, représentant la France, et le drogman du consulat de Russie (le consul russe étant en congé), acceptent cette mission de paix et proposent aux Arméniens de livrer au gou-
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\ernement leurs trois chefs avec soixante hommes armes, sous la garantie des consuls. Les Arméniens demandent un délai de vingt-quatre heures pour choisir les soixante otages exigés.
Les consuls y consentent. Mais à peine huit heures étaient écoulées que ces conventions, acceptées de part et d'autre, furent violées par les Turcs qui renouvellent soudain leur attaque. Le combat s'engagea donc de nouveau et dura douze heures sans succès pour les assaillants ; il leur fut impossible d'enlever les positions des assiégés.
Le gouvernement annonça alors aux consuls et aux missionnaires sa résolution de bombarder les quartiers arméniens en se servant de tous les canons des forteresses, et il invita les Européens à se retirer dans la citadelle, pour ne pas s'exposer aux accidents du bombardement. L'honneur d'un refus catégorique revient au représentant de la France, le P. Defrance, et à M. Karapet-TchilingarofT, drogman au consulat de Russie : ils déclarèrent que leur devoir leur défendait de quitter le consulat et qu'ils succomberaient, s'il le fallait, sous leur drapeau national. Quant au consul anglais, on prétend que c'est lui, M. Williams, qui aurait conseillé au gouverneur turc d'avancer les canons; ce serait lui encore qui aurait tâché de persuader à ses collègues de se retirer dans la citadelle en laissant agir les autorités à leur guise...
La situation des chrétiens devenait très critique; les canons étaient déjà braqués sur les quartiers des Arméniens. Leurs chefs avertissent alors les consuls qu'ils font leur soumission à condition que le
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bombardement n'ait point lieu, et, la même nuit, . quinze cents Arméniens environ, munis de toutes leurs armes, sortent de la ville*. Sous prétexte de consolider la soumission, le consul anglais et le missionnaire américain font signer aux notables arméniens une adresse au Sultan, composée d'après les indications de Saadeddin-Pacha, dans laquelle figuraient nombre de louanges pour la conduite du commissaire impérial, qui « avait su réprimer la rébellion » : les Arméniens de Van imploraient le pardon du Sultan et recouraient à sa clémence...
Quand tout le monde croyait les troubles terminés par Tacte de soumission, Saadeddin-Pacha cerne les quartiers arméniens et fait ouvrir le feu des canons. Les boulets détruisent en quelques instants les habitations, même les plus solides, ensevelissant sous leurs décombres une quantité de chrétiens. Le major Halim-Effendi, dont nous avons parlé plus haut, ordonne à haute voix à son détachement de ne s'occuper tout d'abord que de massacres ; le pillage viendra après ! . . .
Les massacreurs, à la poursuite des fuyards, viennent même attaquer le consulat anglais et le vaste établissement des missionnaires américains et demandent que les fugitifs leur soient livrés. Heureusement, M- Williams a repris tout son sangfroid : il monte sur Jes terrasses de la mission américaine. Les autorités avaient, dès les premiers jours, placé quelques soldats sous ses ordres, pour sauve-
I . Poursuivis quelques jours après par les Kurdes, la plupart furent massacrés.
garder sa personne et sa maison. Il ordonne le feu sur les envahisseurs. L'effet produit fut magique : à la vue des soldats, qui tiraient sur eux, les musulmans se retirent immédiatement. Une autre bande tenta une attaque pareille contre le consulat de Perse, qui servait d'asile à un millier d'hommes, de femmes et d'enfants. Mais grâce h l'opposition héroïque du consul de Perse, le carnage, ici encore, était évité ; pas un Arménien ne fut livré.
On était déjà au huitième jour des massacres. Les chrétiens étaient tous dispersés ou tués et leurs maisons complètement détruites. Les consuls s'entremettent de nouveau, et le 11/28 juin, mardi à midi, le commandant de la ville fait sonner le signal de cesser la fusillade et la poursuite des fugitifs ; on enlace les quartiers chrétiens d'un cordon militaire pour les protéger, et la populace turque se retire toute trempée de sang chrétien et chargée d'un butin immense.
Les Arméniens avaient perdu, en hommes tués, 10 000 des leurs environ, sans compter ceux dont le sort est resté inconnu. 3 000 maisons arméniennes n'étaient plus que des ruines où l'incendie fumait encore ; des trente-cinq quartiers arméniens , il n'en restait plus que trois, et ceux précisément où se trouvent les délégations étrangères. Un autre quartier ne fut que très peu endommagé, grâce à un officier circassien, Emin-Agha, qui réprima par la force toute tentative de carnage. La perte matérielle totale que subirent les Arméniens dépasse un million de livres turques, soit 28 millions de francs.
Mais ce premier massacre, si horrible qu'il fût, n'est rien encore en comparaison du grand malheur qui le suivit immédiatement. Le délégué impérial Saadeddin-Pacha s'était mis, dès son arrivée, en relation directe avec des tribus nomades kurdes, habitant les frontières turco-persanes, et il les excitait contre leurs voisins chrétiens. Non seulement il leur avait fait distribuer d'avance une grande quantité de fusils « Henry Martiny » , mais il avait encore eu la prévoyance d'armer les Juifs de Bachkalé. A la nouvelle des émeutes de Van, et suivant l'ordre reçu, tout ce monde se met en roule vers la ville. Mais, à leur arrivée, ils se heurtent à des troupes régulières, que la Porte avait expédiées au secours de Van, sur les instances de M. Cambon, ambassadeur de France à Constantinople.
Les troupes avaient la consigne de barrer l'entrée de la ville. Les Kurdes doivent se retirer; furieux de cet obstacle et bien décidés à égorger et piller quand même, ils se vengent sur l'immense et riche plaine de Van. Tombant à l'improvisle sur les villages arméniens, et se conformant au mot d'ordre, ils massacrent tous les Arméniens mâles âgés de plus de dix ans. Les jeunes filles et jeunes femmes furent enlevées, et des atrocités horribles furent commises sur elles et sur les enfants... Toutes les églises, tous les couvents de cette ancienne province d'Arménie, parmi lesquels le grand et célèbre monastère de Varak, furent mis à sac et détruits ou incendiés.
Le nombre des victimes dépasse toutes les suppositions. Les informations de source persane, qu'on
ne saurait soupçonner de partialité, Tévalueut à 12 ooo âmes; mais nous croyons que ce chiffre est bien au-dessous de la réalité; les calculs de tous les témoins le portent à plus de 20000. Nous ne comptons pas dans ce nombre ceux qui ont été convertis par force à l'islamisme et qui n'ont été épargnés qu'après avoir été circoucis. Le vali de Van, Nazim-Pacha, qui s'était mo^(ré moins fanatique que Saadeddin, fut révoqué, un l'a remplacé inmiédiatement par Saadeddin-Pacha, le fidèle exécuteur des ordres officiels, qui ne tarda pas à être nommé grand-officier de l'Osmanié .
Une misère affreuse règne actuellement dans la population arménienne de Van et dans toute cette malheureuse province. Des inilliers de malheureux font, chaque jour, leur entrée dans la ville, avec l'espoir d'y trouver un ^lorceau de pain chez les missionnaires. Hélas! pas une seule jeune fille, pas une seule jeune femipe pe se trouve parmi ce troupeau de malheureux. Elles ont toutes été ravies par leurs bourreaux qui les ont gardées pour eux ou sont allés les vendre, jusque sur les marchés de la Perse. Beaucoup d'entre elles ont pu se donner la mort, les autres subissent Je pire des désjionneurs et des esclavages. Chacun de leurs envahisseurs turcs et Jcurdes, officiers ou fpuctionnaires civils, en ont plusieurs dans leurs harems.
Plus de 26000 réfugiés, tous saps aucune ressource, sont donc actuellement à Van. Bientôt les secours des missionnaires, qui les ont nourris jusqu'à présent, vont manquer.
Cette tue^rie de Van, qui épouvanta l'Asie Mineure, jeta dans les bras des comités toute la communauté de Constantinople et, au début de juillet, les ambassades recevaient la circulaire suivante :
Les Arméniens de Turquie, las de souffrir toutes les torlures alors que promesse solennelle a été faite de leur accorder les réformes que nécessite leur douloureuse situation, émus des récents massacres à Van, viennent informer votre Excellence que plus que jamais ils sont décidés par tous les moyens à s'affranchir de la tyrannie qui les écrase ; ils déclarent formellement que le gouvernement seul reste responsable de Textrémité où ils sont poussés et des mesures qi\i pourront être prises par les Arméniens; ils rejettent les conséquences possibles de leur désespoir sur leurs odieux oppresseurs.
Signé: les arméniens de Turquie.
Les intentions du Palais n'étaient, au reste, un secret pour personne et, depuis un an, à Constantinople, on organisait le massacre. En octobre 1896, on avait officiellement dénombré et fouillé les maisons arméniennes :
la police avait dressé des listes par quartiers. Le 29 juin 1896, l'officieux Levant Herald avait annoncé le départ d'Erzeroum d'un esca-
dron de Hamidiés et, le i^ août, ces cinq cents Kurdes débarquaient à Scutari. Ces précautions, une fois prises, le Palais provoqua la nation en exigeant la démission du patriarche Ismirlian. Depuis son admirable serment de fidélilé, le Sultan haïssait cet homme, que l'Europe admirait comme un saint et les Arméniens comme un héros, et qui, gardant son indépendance vis-à-vis des révolutionnaires et sa dignité vis-à-vis du Palais, s'en allait répétant à son peuple : « N'oublions pas, mais pardonnons et, puisque la force nous opprime, prions pour nous et pour nos morts. » Plusieurs fois déjà, par des menaces contre lui et contre son peuple, on avait tenté de lui extorquer sa démission ; mais les instances des conseils nationaux et les supplications du peuple l'avaient maintenu à son poste. A l'arrivée des Hamidiés, le Palais lui fit entendre que son entêtement causerait un malheur : monseigneur Ismirlian démissionna.
Aussitôt la Porte, violant la constitution signée par elle, cassa le conseil chargé de l'élection et, par quelques créatures à elle, fit nommer comme locum tenens un certain Bartholomeo, le prélat le plus indigne de l'église arménienne.
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Cette violation de tous les droits nationaux poussa les Arméniens à bout. Vers la fiii d'août, le « Comité central de la Fédération révolutionnaire dite Tachnaktzoutioun » prévient les ambassades que a la patience des nations écrasées a des limites. Nous ne souffrirons pas qu'un prélat, auquel on fermait naguère les portes des églises, donne aux peuples le spectacle d'aller au nom de la nation arménienne baiser la main qui a signé l'arrêt de cent mille de nos morts. Encore une fois la colère arménienne va se déchaîner et, des actes par lesquels elle se traduira, l'entière responsabilité retombera sur le Sultan et sur les représentants des puissances*. »
Le 26 août, à midi et demi, vingt révolutionnaires, armés de revolvers et de bombes, s'emparaient de la Banque Ottomane et n'en sortaient — sans dégât de leur part et sans le moindre vol — que sur la promesse pour eux de la vie sauve et de la transportation en pays étranger. La pression des ambassades forçait le Sultan à donner cette promesse et à l'exécuter. Mais Abd-ul-Hamid, prenant, comme toujours, sa revanche des révolutionnaires sur
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la nation, lâchait les bandes d'assomineurs et, pendant trois jours, protégeait leur travail. C'était le couronnement de son œuvre. Il pouvait ensuite se reposer. Il avait tout fait pour légitimer le mot du grand old man et pour mériter de l'histoire le glorieux surnom d'Assassin.
Quant aux puissances, la vue du sang au seuil de leurs ambassades les tira pour quelques jours de leur inertie.
Elles semblaient disposées aux résolutions viriles et, après avoir par leurs menaces au Palais fait arrêter les massacres, elles adressaient à la Porte une note sévère.
En se référant à leur note collective du i5 (27) août, les représentants des grandes puissances croient devoir attirer l'attention de. la Sublime Porte sur un côté exceptionnellement grave des désordres, qui ont ensanglanté dernièrement la capitale et ses environs. C'est la constatation par des données positives du fait que les bandes sauvages, qui ont assommé les Arméniens et pillé les maisons et les magasins où elles prétendaient cher-
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cher des agitateurs, n'étaient point des ramassis accidentels de gens fanatisés, mais présentaient tous les indices d'une organisation spéciale connue de certains agents de l'autorité, sinon dirigée par eux.
Les circonstances suivantes le prouvent :
1 . Ces bandes ont surgi simultanément sur différents points de la ville, à la première nouvelle de l'occupation de la Banque par les révolutionnaires arméniens, avant même que la police et la force armée aient paru sur les lieux du désordre. Or, la Sublime Porte reconnaît que des avis étaient parvenus d'avance à la police sur les projets criminels des agitateurs .
2 . Une grande partie des gens qui composaient ces bandes étaient habillés et armés de la même manière.
3. Ils étaient conduits ou accompagnés par des soldats, et même des officiers de la police, qui non seulement assistaient impassibles à leurs excès, mais y prenaient même part.
4. On a vu quelques-uns de ces chefs de la sûreté publique distribuer à ces Bachi-Bouzouks des gourdins et des couteaux, et leur indiquer aussi la direction à prendre pour trouver des victimes .
5. Ils ont pu circuler librement, et accomplir impunément leurs crimes sous les yeux des troupes et de leurs officiers aux environs même du Palais impérial.
6. Un des assassins, arrêté par le drogman d'une des Ambassades, a déclaré que les soldats ne
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pouvaient pas l'arrêter. Conduit au Palais de Yildiz, il y a été accueilli par les gens de service comme une de leurs connaissances.
7. Deux Turcs employés par des Européens, qui avaient disparu pendant les deux jours des massacres, ont déclaré à leur retour qu'ils avaient été réquisitionnés et armes de couteaux et de gourdins pour tuer des Arméniens.
Ces faits se passent de commentaires.
Mais, depuis la mort du prince LobanolT, la Russie, qui jusqu'alors avait pris la lête, semblait hésiter elle-même dans sa politique. Des influences contradictoires s'agitaient autour du jeune Tsar, les unes tenant toujours pour l'alliance turque, les autres voulant revenir à la défense et à la protection des chrétientés. Dans cette lutte, la France aurait pu exercer une influence déterminante, et l'Europe attendait l'avis de celui qui personnifiait maintenant la Double Alliance. Le discours de M. Hanotaux, le 3 novembre 1896, apprit à l'Europe que rien n'était changé : le gouvernement français répudiait toujours ce qu'il appelait l'esprit d'intervention, de croisade et d'aventure, et ce que d'autres appelleront l'esprit de justice et d'humanité. Deux jours plus tard, les massacres reprenaient à Everek. On
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revînt aux discussions, aux notes échangées, aux projets de réformes. Trois mois d'eflbrts et de dépêches ont abouti jusqu'à présent à une amnistie dérisoire qui ne peut ressusciter les victimes, et qui semble seulement accorder au bourreau le pardon du monde civilisé.
Le 13 février 1897.