I. Livre Blea, 1896, IT, p
sulmans guettant l'apparition du muezzin et les chrétiens s'attendant au massacre. On meurt de faim. La Porte et le Palais ont envoyé quelques secours, mais le consul annonce que ce le gouverneur les a supprimés, parce que Tévêque a refusé de signer un télégramme reconnaissant la culpabilité des Arméniens*». Enfin, quand le printemps est venu et que les routes sont ouvertes, trois cents chrétiens viennent demander au consul de les emmener à la côte. Le consul ne veut pas quitter son poste, craignant que son absence ne soit mise à profit. Mais sa femme s'offre pour conduire la caravane. Il faut quinze jours de cheval jusqu'à Alexandrette, le port le plus voisin. Les villages ont été pillés. Les Kurdes coupent la route. La femme du consul a quatre petits enfants, dont un à la mamelle.
Elle part avec ces trois cents personnes et plusieurs centaines de chevaux. Le gouverneur lui offre une escorte, mais pour elle seule. Elle déclare que l'escorte protégera tout le monde ou qu'elle ne l'acceptera pas; puis, pour forcer les gendarmes à veiller sur toute la colonne, elle envoie ses enfants en tête et reste en