Livre Bleu, 1896, VI, p. i4o
2l6 LA POLITIQUE DU SULTAN
la nécessité de trouver, sur les champs d'autruijles provisions qu'ils ne pouvaient se procurer chez eux. Les consuls, même les consuls anglais , reconnaissaient le bien fondé de ces plaintes*. On avait donc une occasion unique de contenter à la fois et les Kurdes et l'Europe.
Les préfets, dans bien des districts» décidèrent les montagnards à quitter leur vie pastorale et semi-nomade pour s'installer dans les villages des plaines. On donna des terres aux hommes du commun. On afferma aux torouns les dîmes des villages voisins. On nomma les aghas sous -préfets. L'Arménien dut fournir aux concessions de terres, à l'entretien des colons durant les premiers mois et aux exactions nouvelles de ces singuliers administrateurs. Se sentant et se disant soutenu par la faveur du Sultan, dont il portait l'uniforme et les décorations, le Kurde se comporta comme en pays conquis. Il s'installa chez le chrétien, lui, ses bêtes et ses invités, réquisitionna, — n'était-il pas le soldat de Sa Majesté? — tout ce dont il pouvait avoir besoin et, en cas de refus ou de résistance,