I. Livre Bleu, 1896, III, p. 62-68, 8i
du Sultan étaient l'œuvre de comités Jeunes Turcs de Gonstantinople, qui, n'ayant pas de correspondants en province, s'adressèrent au comité arménien d'Angora et le chargèrent de l'afEchage. Mais les placards à l'adresse des chrétiens étaient une contre-manœuvre de l'autorité, afin de détruire l'impression causée par les autres. Les softas n'intervinrent que pour appuyer les excitations publiques ou secrètes de l'autorité. Un mois s'écoula (janvier-février) avant que le fanatisme fût suffisamment réveillé par leurs prédications. La populace des grandes villes finit par écouter leurs conseils : de février à mars 1898, la moitié des villes d'Anatolie fut en pleine anarchie. Pendant deux jours, dans les rues de Césarée, c'est un combat entre Turcs et chrétiens : boutiques pillées, prêtre pendu, femmes et troupeaux enlevés. Dans Arabkir, en révolution, les Arméniens attaqués appellent les Kurdes à leur aide ; les Turcs vaincus font venir un bataillon de Siwas : bataille ouverte ; colonel tué ; cent cinquante insurgés quittent la ville . désormais tiendront la campagne ^ Le gouvernement essaie de cacher