I. Livre Rien, 1896, III, p
crimine le plus, Ileri gedelim^ est un cantique français, catholique :
En avant, soldats du Seigneur, Marchons à la victoire I
traduit d'abord en anglais, puis en turc. Le procès d'Angora ne démontre la validité d'aucun des griefs allégués. Néanmoins onze accusés seulement sont acquittés ; les autres sont condamnés de deux à quinze ans de prison, et les deux professeurs à mort, ainsi que treize de leurs compagnons. Ils en appellent à la Cour de cassation. Mais le nerveux lord Rosebery est indigné de cette comédie judiciaire :
Le gouvernement de Sa Majesté, écrit-il le 3 juillet, ne peut pas attendre les résultats du procès devant la Cour de cassation. Le Sultan est évidemment décidé à ajouter à la cruelle farce d'Angora une autre condamnation ridicule. Chaque jour qui passe sur ces prisonniers innocents est une nouvelle injustice.
Lord Rosebery sait comment il faut parler pour être entendu d'Yildiz : le 4 juillet, le Grand Vizir annonce à l'ambassade que la Cour de cassation a confirmé les condamna-
lions d'Angora, maïs que le Sultan veut bien gracier les deux professeurs.
Les protestants désormais ne sont plus emprisonnés. Us obtiennent les firmans qu'ils demandent pour leurs missions. Néanmoins ils sentent contre eux la baine et le sourd travail des autorités locales. En décembre 1898, deux chapelles sont encore fermées à Egbin ; à Kbarpout, les missionnaires sont suivis, comme à la piste, et la censure interdit certains livres révolutionnaires ou impies, le Paradis Perdu de Milton et les œuvres de Shakespeare* ; en janvier 1894, la communauté protestante d'Ordou, — composée uniquement de Grecs, — est privée de ses écoles et de son temple^; en février, c'est la communauté arménienne d'Yuzgat qui se plaint des tyrans locaux, préfets et gabelous. L'ambassadeur présente à la Porte un mémorandum sur ces incidents (mars 1894). L'Alliance Evangélique, de son côté, s'efforce vainement de détruire la défiance du Palais. Dans un mémorandum remis à Rustem-Pacha, elle se déclare satisfaite de la tolérance turque, et désireuse c< d'éviter toute cause possible d'irritation de la part du gou-