I. Livre Bleu, 1896, III, p
a. Livre Bleu, 1896, III, p. 199.
Passant à Texécution, ils incendient, en février 1898, le collège américain de Marsovan. Les consuls de Trébizonde affirment, de source certaine, que le feu a été mis par le colonel de gendarmerie, Khosref-Bey , qui d'abord a menacé toutes les missions de Marsovan , protestantes et catholiques , et tenté de leur extorquer de Targent ; n'ayant rien obtenu, il a amené des caisses de pétrole et mis le feu aux quatre angles du collège américain*. Les Etats-Unis font une enquête et obtiennent réparations et indemnités pour leurs nationaux. Les plaintes de l'Alliance Évangélique forcent l'ambassade anglaise à intervenir aussi. L'autorité turque, en effet, inquiète encore les missions et met en prison deux professeurs arméniens, sous prétexte qu'ils sont les chefs du comité révolutionnaire et les auteurs ou les instigateurs de placards séditieux : des centaines d'Arméniens, leurs complices, dit-on, sont emprisonnés.
Une interpellation au Parlement anglais amène une dépêche, très raide de ton, de lord Rosebery à son ambassadeur, le ai mars 1898: c< La persécution des chrétiens
I, lÀvre Bleu, 1896, III, pp. 64, 79, 80,160 el 198.
rendant nécessaire un langage énergique, prévenez la Porte que le gouvernement anglais organisera de son propre chef une enquête, si elle n'agit promptement *. »
Cette fermeté de T Angleterre, qu'appuient les Etats-Unis, intimide le Sultan : il signe une amnistie. Mais il en excepte les auteurs ou prétendus auteurs de placards ; une cinquantaine d'accusés sont amenés devant la cour d'Angora, parmi eux les docteurs Thoumayan et Kayayan, professeurs au collège américain, et un grand nombre de protestants. Ils ont chanté, dit-on, et distribué des chants révolutionnaires ; on a trouvé chez eux des copies des fameux chants : Silahnalem (Armons-nous I ), Ileri gedelim (Avançons I), et Mouharrabbé gedelim (Combattons I). Us ont présidé des réunions secrètes. Ils ont aflfiché des placards. Aucune preuve n'est donnée de ces accusations. Les fameux chants ne sont que la traduction, mot à mot, de cantiques religieux que l'on répète chaque dimanche dans toutes les églises protestantes et que l'on peut lire dans la collection Moody et Sankey. L'un d'eux, même, celui qu'on in-