‹ La politique du sultanChapitre 78 sur 106 · I. Livre Blea, 1896, I, p · texte numérisé non relu

I. Livre Blea, 1896, I, p

a. Livre Bleuy 1896, I, p. i8.

3o2 LA POLITIQUE DU SULTAN

tonomie* ». Il oubliait que le gouvernement français, dans une note de 1862, avait déclaré, par Torgane du marquis de Moustier, ce avoir toujours connu le Zeïtoun indépendant et exempt d'impôts ». En réalité, avant les événements de 189^, il existait au moins deux Arménies ; de chaque côté de l'Eu— phrate, dans la Grande et dans la Petite Arménie, deux témoins de l'ancienne indépendance, deux centres compacts d'Arméniens avaient toujours subsisté, le Sassoun et le Zeïtoun.

La campagne de 1894 avait presque anéanti le premier. Mais le second, au mois d'avril 1896, était encore intact. Quand on se fût borné à cette Arménie, quand on eût de parti pris négligé les autres districts où les Arméniens avaient la majorité, on pouvait encore appliquer au Zeïtoun le régime du Liban et donner satisfaction aux réclamations arméniennes.

Cette réponse du prince Lobanoff coïncicidait, jour pour jour (28 mars 1895), avec une démarche collective des consuls d'Erze-

I, Journal ojfîciel y 1896, p. i358.

LES MUSULMANS ET L'EUROPE 3o3

rpum. La situation des Arméniens dans celle ville était telle que, craignant un massacre et sans attendre l'avis de leurs ambassadeurs, les trois consuls anglais, russe et français, avaient envoyé leurs drogmans au gouverneur, qui les reçut « extrêmement mal, en disant qu'il ne pouvait admettre une pareille intervention et que toutes ces histoires étaient de pures chimères * » .

Cependant les ambassadeurs français et russe a Gonstantinople travaillent avec leur collègue : un mémorandum et un projet de réformes sont arrêtés entre eux le i8 avril 1895 ; (( l'expérience de M. Cambon, ancien résident à Tunis, lui a permis d'avoir une opinion motivée sur ces questions administratives^».

On décide de les présenter d'abord à la Porte d'une façon officieuse. Le Sultan donne de bonnes paroles. Le ministre français promet de laisser une entière liberté a son ambassadeur^. Le ministre russe exprime son peu d'espoir de voir ce projet aboutir, mais promet, lui aussi, de laisser l'aflaire entre les

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