‹ La politique du sultanChapitre 80 sur 106 · I. Livre Bleu, 1896, I, p · texte numérisé non relu

I. Livre Bleu, 1896, I, p

LES MUSULMANS ET L'EUROPE 3o5

II® Le maintien et la stricte application des droits et privilèges concédés aux Arméniens ;

12*^ La situation des Arméniens dans les autres vilayets de la Turquie d'Asie.

Ce projet ne satisfait qu'à demi l'Angleterre. Elle aurait voulu plus de garanties stipulées, plus de contrôle assuré à l'Europe. Elle ne peut obtenir les additions qu'elle demandait ; les ambassadeurs français et russe les ont trouvées trop difficiles à faire admettre par leurs gouvernements et par les Turcs. Elle veut au moins une garantie morale : elle fait communiquer le projet aux ambassades d'Allemagne, d'Italie et d'Autriche. Déjà elle avait essayé d'amener ces trois puissances à l'enquête de Mouch. Mais l'Allemagne avait déclaré n'avoir aucun intérêt en ces provinces ; l'Autriche, faute de consul à Erzeroum, n'avait pas de délégué à proximité; l'Italie avait proposé d'en nommer un, mais la Porte fit traîner Vexequatur. Cette fois, l'Allemagne promet son appui moral, et le prince Radolin conseille au Sultan d'aviser à une meilleure administration des provinces asiatiques. Le Sultan ne veut voir dans cette démarche qu'une intrigue de son Grand Vizir (i8 mai

3o6 LA POLITIQUE DU SULTAN

1895)*. Il remet de jour en jour la date de sa réponse au mémorandum et compte sans doute sur quelque bonne volonté secrète. Si l'Angleterre a espéré lui forcer la main par l'action combinée de toute l'Europe, elle s'aperçoit bientôt que la combinaison n'est pas solide.

Le ao mai 1896, un rapport du consul français de Diarbékir, annonçant ce que les Kurdes ont reçu la permission d'exterminer les chrétiens », provoque une démarche des drogmans français et anglais, à laquelle le drogman russe ne s'associe pas. Quand l'ambassadeur anglais à Sainlr-Pétersbourg veut reprendre, deux jours plus tard, la question des réformes, le prince Lobanoff répond que des nouvelles très graves lui sont venues de l'Arménie russe : les Arméniens, avec l'appui des comités de Londres, préparent une insurrection; un comité central et des comités locaux sont en permanence, — le prince ne sait pas où, — et doivent introduire en Russie et en Turquie de la poudre et des armes ^ Cette attitude et ce langage ont leur contrecoup à Gonstantinople : comme le gouver-

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