‹ La politique du sultanChapitre 81 sur 106 · Livre Bleu, 1896, I, p · texte numérisé non relu

Livre Bleu, 1896, I, p

LES MUSULMANS ET L*EUR0PE 3o7

nement anglais, poussé par ropînîon publique, demande, avant le i®' juin, une réponse au projet de réformes, le Sultan déclare n'avoir pas encore eu le temps matériel de l'examiner. L'Angleterre insiste ; mais le prince LobanofT télégraphie à son ambassadeur qu'en aucun cas la Russie ne coopérera à des mesures de coercition; que d'ailleurs elle ne consentira jamais à l'établissement en Asie Mineure d'une province arménienne privilégiée, noyau d'un futur royaume arménien ( 3o mai

Le Sultan, qui jusque-là a inventé cent moyens dilatoires, réuni des conseils de ministres et allégué les fêtes du Baïram, envoie sa réponse le 3 juin dans la nuit. Elle est si peu satisfaisante et semble même tellement dérisoire que les ambassadeurs ne veulent pas la discuter: «dans leur opinion, disent-ils, elle ne peut même servir de base à une discussion », car elle équivaut à un simple refus.

Mais ce refus, qui étonne les ambassadeurs, ne provoque aucune émotion à Saint-Pétersbourg : le prince Lobanoff assure même que le refus était à prévoir, que lui-même trouvait

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le projet des ambassadeurs sujet à nombreuses critiques ; il se réserve d'examiner la question plus à loisir : pour le moment, les Arméniens de Russie continuent leurs tentatives et le gouvernement russe est bien décidé à ne pas tolérer chez lui une agitation contre un Etat voisin. Dix jours plus tard (i3 juin), le prince reprend la question : la Russie verrait avec plaisir des réformes accordées à tous les sujets du Sultan, mais elle ne consentira jamais à la création d'une Bulgarie sur sa frontière asiatique.

Dès lors, la cause des Arméniens est entendue. Les trois ambassadeurs continuent leurs démarches ; mais, de Paris, on appelle l'attention de M. Cambon sur la Macédoine*, et de Saint-Pétersbourg, on recommande à M. de Nélidoff de ne pas s'avancer trop dans ses conseils de réformes à la Porte ^. Il semble pourtant que le ministre français appuie encore la politique très ferme de son ambassadeur.

Lord Dufferin télégraphie de Paris, le 4 juillet,

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