I. Livre Bleu, 1896, II, p
4® Il n'y a aucune raison suffisante pour affirmer de quel côté est parti le premier coup.
5^ De nombreux Arméniens avaient des armes et étaient prêts à s'en servir ; les Arméniens ont tiré de quelques maisons et boutiques ; mais la majorité était sans armes, ne songeait qu'à se cacher, et n'a offert aucune résistance.
6° Le nombre des morts, du côté des Arméniens, s'est élevé à trois cent cinquante environ (cadavres retrouvés au 26 octobre/7 novembre) et du côté des musulmans à vingt-cinq, dont six soldats (renseignements officiels), ce qui confirmerait les faits cités plus haut.
7® Environ mille boutiques et trois cents maisons ont été saccagées.
8° Les autorités, averties de^s dispositions de la population musulmane, auraient dû prendre certaines précautions et prévenir les attroupements; quels que soient les ordres donnés par elles, les troubles n'ont été arrêtés qu'une fois les boutiques complètement saccagées et leurs habitants massacrés ; les massacres et le pillage ont continué la nuit du 3o au 3i octobre et la nuit suivante, dans les quartiers isolés.
9° Les jours suivants, les autorités ont fait preuve de sentiments d'humanité en aidant à rechercher les cadavres, à distribuer des soins aux blessés ainsi qu'aux personnes sans ressources, en s'occupant enfin de retrouver les objets volés.