‹ La Politique Ecclésiastique du Second Empire de 1852 à 1869Chapitre 42 sur 150 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

MAURAIN. — POLITIQUE

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Le coup d'État du 2? décembre fut d’abord accueilli avec hésitation par les chefs ecclésiastiques et laïques des catholiques français. En décembre 1848, ils s'étaient divisés : la plupart avaient soutenu Louis-Napoléon, mais plusieurs évêques avaient fait voter pour Cavaignac. Depuis, Louis-Napoléon avait sans doute pris part à la politique favorable à l’Église que le gouvernement français avait suivie depuis 1849. Mais cette politique était surtout l’œuvre de l’Assemblée législative. Louis-Napoléon avait personnellement encouragé l'expédition de Rome, mais sa lettre à Edgard Ney avait montré peu après qu'il n’était pas disposé à soutenir docilement le pape. Le chef parlementaire des catholiques, Montalembert, appartenait depuis quelque temps au parti de l'Élysée, mais aucun des collaborateurs personnels, aucun des nouveaux ministres de Louis-Napoléon, ne pouvait être considéré comme dévoué à l'Église. Aucun, d’ailleurs, ne lui était hostile. L'on ne savait donc pas quelle serait la politique religieuse du nouveau gouvernement, ni

{1) Sources : Les Archives Nationales ñe contiennent sur les événements de décembre 1851 que des renseignements fragmentaires (voir Revue d'histoire moderne et contemporaine 1904-1905 : Caron : Les sources manuscriles parisiennes de l'histoire de la révolution de 1848 et de la Deuxième République).

Le carton F° 12.654 contient les dépêches échangées entre le ministre de l'Intérieur et les préfets en décembre 1851 (sauf pour les premiers départements de l’ordre alphabétique jusqu’à la Charente exclusivement pour lesquels cette correspondance télégraphique se trouve à F2eI1 98. Celle du Nord est à FeIIT Nord 6). Seuls les préfets des Côtes-du-Nord, du Finistère, de l’Ille-et-Vilaine, de la Loire-Inférieure et de la Somme parlent du clergé ou des catholiques. Les rapports des préfets sur la presse locale, conservés à F7 3.480 fournissent pour certains départements (Ardèche, Aveyron, Côte-d'Or, Doubs, Hérault, Ille-et-Vilaine, Meurthe) des renseignements sur l’attitude des journaux catholiques. \

Les rapports des préfets (série FieI11) font très généralement défaut pour la fin de 1851 et les premiers mois de 1852. L'on ne trouve donc dans cette série que des renseignements rétrospectifs, d’ailleurs précieux. (Eure-et-Loir 9, Gard 15, Hérault 9 et 14, Lozère 6, Meurthe 16, Morbihan 7, Orne 9, Basses-Pyrénées 7, Deux- Sèvres 7.) L'on en trouve également dans la correspondance échangée entre le ministère et les préfets au sujet des élections de 1852 (voir chap. II, $ 5).

surtout s’il serait plus ou moins favorable à l'Église que l’Assemblée dissoute. Le nom de Napoléon évoquait la restauration du culte en France, mais aussi la captivité de Pie VIT (1).

Parmi les députés qui signèrent le 2 décembre les procestations contre le coup d’État, se trouvaient Montalembert et d’autres catholiques dont plusieurs furent arrêtés, notamment Melun et Falloux. Le lendemain parut au Moniteur une première liste des membres de la commission consultative qui devait assister le nouveau gouvernement. Montalembert y figurait avec quelques-uns de ses amis politiques. Une note insérée dans l'Univers du 4 (2) fit connaître « qu’ils ne pouvaient accepter ces fonctions en présence de la détention de beaucoup de leurs collègues ». Ceux-ci furent presque aussitôt libérés.

Cependant, les émeutes des 3 et 4 décembre à Paris et surtout l'insurrection des républicains dans plusieurs provinces, modifiaient profondément l'attitude des catholiques vis-à-vis du coup d’État. L'Assemblée n’était plus qu'un souvenir et, dans l'impuissance manifeste des partis qui en formaient la majorité, deux forces restaient seules en présence : le gouvernement de Louis-Napoléon et la révolution menaçante.

Les procès-verbaux du plébiscite (BII 958-1.047) n’en donnent que les résultats numériques.

Les rapports des procureurs généraux sur les événements de décembre 1851 ne sont conservés que pour les cours de Metz à Toulouse (ordre alphabétique). Ceux de Montpellier, de Nimes et de Rennes donnent seuls des renseignements sur le clergé (BB*° 395). L'on en trouvera également dans les rapports périodiques du procureur général de Poitiers (BB* 385) alors que cette série, pour les autres cours, présente une lacune pour la fin de 1851 et le début de 1852.

On consultera en outre dans la série F1 les dossiers personnels des évêques suivants : Darcimoles (2.481), Bonnechose (2.572), Galtier (2.554), Gerbet (2.560), Croizier (2.576), Lemée (2.575) * et les dossiers de la police des Cultes des diocèses de Beauvais (5.786), Carcassonne (5.800), Gap (5.811), Luçon (5819 A et B), Nimes (5.835), Quimper (5.849), Rennes (5.851), Saint-Brieuc (5.855), Vannes (5.872).

Dans la série AB XIX, voir le carton 173 (« Evêques de Bourges et de Nancy ») ; el les cartons 517, 518, 519 : Parmi les nombreuses lettres adressées à l'abbé Boiteux qui y sont conservées, beaucoup sont relatives à cette période ; on y trouvera des indications fagmentaires mais intéressantes sur l'attitude du clergé, et surtout des Sulpiciens.

Dans un rapport du 3 août 1861 sur le rôle politique du clergé en Bretagne, un collaborateur de Persigny, Gallix, donne d'importants renseignements sur la période qui suivit le coup d'Etat (F7 12.389).

Bibliographie, Pour les évêques, voir les biographies de Bonnechose, Dupanloup, Dupont des Loges, Gerbet, Gousset, Jaquemet, Mazenod, Mioland, Parisis, Pie, Salinis. Pour les congrégations, voir BüurNICHoN : La Compagnie de Jésus en France, Histoire d'un siècle, et les biographies de Guéranger, Lacordaire, Moreau, Ravignan. . Pour les laïques, voir les biographies de Veuillot, Montalembert, Falloux, Berryer,

Armand de Melun, Foisset.

(1) Univers, 16 décembre 1851, correspondance de Rome. (2) Le Moniteur ne publia pas ces protestations.

Plusieurs évêques se trouvaient à Paris (1). Ils se concertèrent avec le nonce Garibaldi. Seul Dupanloup, soutenu par Lacordaire et Ravignan, se prononça contre le coup d'État. Tous les autres (2), d'accord avec le nonce, décidèrent de soutenir le gouvernement et engagèrent Montalembert à lui donner son concours. Le 5 décembre, Montalembert remit au Prince Président la liste des hommes politiques qu’il désirait voir nommés membres de la commission consultative et dont il cherchait à faciliter le ralliement (3).

Le 5 décembre, l'Univers, le principal journal catholique, qui était jusqu'alors resté neutre, publia l’article suivant de Louis Veuillot : « C’est à soixante-dix lieues de Paris, dans un département gangrené par le socialisme (4), que nous avons reçu la nouvelle des événements du 2? décembre. Elle a été accueilhe comme une nécessité depuis longtemps prévue. Dans tous les départements du centre, les honnêtes gens, ceux qui ont encore le courage de ne pas plier sous le joug des meneurs socialistes, se préparent à combattre, non plus pour défendre une opinion politique, non plus même pour conserver leurs biens, mais pour sauver la vie de leurs femmes et de leurs enfants. Si le gouvernement était vaincu, cette situation serait demain celle de toute la France. »

«I n’y a ni à choisir, ni à récriminer, ni à délibérer. Il faut soutenir le gouvernement. Sa cause est celle de l’ordre social. Il faut le soutenir aujourd’hui que la lutte est engagée pour avoir le droit de le conseiller plus tard. Plus encore aujourd’hui qu'avant le 2 décembre nous disons aux hommes d'ordre : le président de la République est votre général ; ne vous séparez pas de lui ; ne désertez pas. Si vous ne triomphez pas avec lui, vous serez vaincus avec lui et irréparablement vaincus. Ralliezvous aujourd'hui ; demain il sera trop tard, ou pour votre salut,

ou pour votre honneur. Que Dieu protège la France ! (5) »

(1) Bonnechose, Dreux Brézé, Dupanloup, Gros, Gousset, Marguerye, Morlot, Parisis.

(2) Cependant l'archevêque de Paris Sibour était enclin à l’abstention.

(3). Papiers Baroche. Lettres adressés à Baroche par Quentin Bauchart le 6 décembre (985), par Montalembert le 9 décembre, par H. de Mortemart le 12 janvier 1852 (1.000).

(4) Le Cher. ; 2

(5) Eugène Veuillot, qui dirigeait l'Univers au moment du coup d'Etat, écrivit dans un article du 4 janvier 1852. « Nous avons pu enregistrer sans rien dire les actes du 2? décembre, mais le jour où le socialisme a élevé des barricades, nous nous sommes rangés du côté du pouvoir. et quand Louis-Napoléon a indiqué par le décret sur le Panthéon la voie où il voulait marcher, nous avons applaudi, »

Louis-Napoléon obtint donc l'appui des catholiques comme défenseur de l’ordre, avant que l’on pût savoir quelle serait sa politique religieuse. Mais, avant le plébiscite, il manifesta des dispositions favorables à l’Église. Il s’abstint de demander au clergé des prières d’actions de grâces pour le succès du coup d'État. Il donna à Montalembert l'assurance qu’il maintiendrait les libertés de l’Église et la liberté de l’enseignement (1). Par décret du 6 décembre, il fit rendre au culte catholique le Panthéon sécularisé depuis 1830 (2). Il nomma membres de la Commission consultative définitivement constituée le 13 décembre, outre Montalembert, Mérode, Padoue, Cuverville, De Parieu, Ségur d’Aguesseau, Thayer, Thieullen, etc., comme lui catholiques avant tout. Le 15 décembre Morny invita les préfets à faire respecter, pour autant qu'il dépendait de l’autorité, le repos du dimanche (3). Ces actes publics, peu importants en euxmêmes, avaient une valeur symbolique.

Par une lettre du 12 décembre, publiée dans l'Univers du 14, Montalembert engagea les catholiques à voter oui au plébiscite du 20 décembre. Comme Veuillot il montrait surtout en Louis-Napoléon le défenseur de l’ordre ; mais il espérait aussi trouver en lui un champion de la cause catholique : « Je commence par constater que l’acte du 2? décembre a mis en fuite tous les révolutionnaires, tous les socialistes, tous les bandits de la France et de l’Europe. Voter contre Louis- Napoléon, c’est donner raison à la révolution socialiste. C'est appeler la dictature des rouges à remplacer la dictature d’un prince qui a rendu depuis trois ans d’incomparables services à la cause de l’ordre et du catholicisme... S’abstenir, c’est. abdiquer la mission des honnêtes gens. Voter pour Louis- Napoléon, ce n’est pas approuver tout ce qu'il a fait : c’est choisir entre lui et la ruine totale de la France... C’est armer le pouvoir temporel, le seul possible aujourd’hui, de la force nécessaire pour dompter l’armée du crime, pour défendre nos églises, nos foyers, nos femmes, contre ceux dont les convoitises ne respectent rien... qui visent aux propriétaires et dont les

(1) Voir les biographies de Montalembert et de l'évêque de Nantes Jaquemet,.

(3) Le 17 novembre 1851, le ministre des Travaux Publics, rappelant d’ailleurs une circulaire du 20 mars 1849, avait prescrit la fermeture des chantiers de travaux publics le dimanche. Mais la circulaire de Morny fit beaucoup plus de bruit. Elle parut le 16 décembre au Moniteur.

balles n’épargnent pas les curés (1). Remarquez bien que je ne prêche ni la confiance absolue ni le dévouement illimité... Si Louis-Napoléon était un inconnu, j’hésiterais, certes, à lui conférer une telle force et une telle responsabilité. Mais, sans entrer ici dans l'appréciation de sa politique depuis trois ans, je me souviens des grands faits religieux qui ont signalé son gouvernement tant que l’accord entre les deux pouvoirs a duré : la liberté de l’enseignement garantie, le pape rétabli par les armes françaises, l’Église remise en possession de ses conciles, de ses synodes, de la plénitude de sa dignité, et voyant graduellement s’accroître le nombre de ses collèges, de ses communautés, de ses œuvres de salut et de charité. »

« Je cherche en vain hors de lui un système, une force, qui puisse nous garantir la conservation et le développement de semblables bienfaits ; je ne vois que le gouffre béant du socialisme vainqueur. Mon choix est fait. Je suis pour l’autorité contre la révolte, pour la conservation contre la destruction, pour la société contre le socialisme, pour la liberté possible du bien contre la liberté certaine du mal, et dans la grande lutte entre les deux forces qui se partagent le monde, je crois, en agissant ainsi, être encore aujourd’hui comme toujours du parti du catholicisme contre la Révolution. »

Dès le 12 décembre, le vieil évêque de Chartres, Clausel de Montals engagea publiquement ses prêtres à voter oui; l’évêque de Nancy, Menjaud, termina un mandement du 12 décembre par une adhésion très claire au coup d’État (2). Leur exemple fut suivi par les évêques de Châlons le 14 décembre, de Strasbourg le 16, dé Saint-Brieuc le 17 et de Marseille le 20 (3). L'Univers où ces lettres épiscopales furentre produites (4), publia de plus le 18 décembre une adhésion chaleureuse de l’abbé Gerbet, un des théoriciens les plus connus de l’ultra-

(1) Quelques prêtres avaient été molestés par les insurgés. L'un d'eux, l’abbé Vilain, du diocèse de Nevers, fut nommé chevalier de la Légion d'honneur (F1? 5.833)

(2) Le 10 décembre, Menjaud avait écrit à Louis-Napoléon une lettre de félicitations (copie conservée à AB XIX 173 — évêque de Nancy). La société, disait-il, « reconnaîtra que vous n'êtes sorti de la légalité que pour rentrer dans le droit ». Cette formule fut reprise par Louis-Napoléon dans son discours du 30 décembre et devint fameuse. Dès le mois de décembre 1848, Menjaud avait écrit à Louis-Napoléon « Je salue en vous non seulement l’élu du peuple, mais l’élu de la Providence », Il cita cette lettre dans un mandement du 18 novembre 1852 pour le rétablissement de l’Empire. ne

(3) L'évêque de Gap, Dépery, ordonna des prières pour appeler les bénédictions célestes sur le vote du 20 décembre, sans préciser.

(4) Les 15, 16, 20, 21 et 25 décembre.

montanisme, à la lettre de Montalembert. Presque tous les évêques de France, sans se compromettre par un acte public, approuvèrent le coup d'État.

À Rome, d’autre part, la nouvelle du coup d’ État avait été accueillie avec joie. L'approche des élections de 1852, qui pouvaient en donnant le pouvoir aux républicains mettre fin à l'occupation française, menaçait directement le pouvoir temporel du pape. Débarrassés de cette menace, Pie IX et son secrétaire d’État, le cardinal Antonelli se montrèrent d'autant plus favorables à Louis-Napoléon qu’il sévissait énergiquement contre les révolutionnaires. Le gouvernement fut informé de ces dispositions dès le 15 décembre et, avec plus de précision le 21. Le public ne les connut avant le plébiscite que par une correspondance de Rome assez réservée qui parut dans l'Univers du 16 décembre (1). Mais les chefs catholiques furent personnellement informés de l’adhésion donnée par Pie IX au coup d'Etat 12)

Louis-Napoléon avait donc pour lui le pape, presque tous les évêques de France, Montalembert et l'Univers, c’est-à-dire, avec les chefs de la hiérarchie ecclésiastique, l’homme politique et le journal qui exerçaient sur les catholiques français la plus grande influence. Les tendances libérales et parlementaires, qui éloignaient d’un régime despotique et fondé sur la force militaire Lacordaire et Dupanloup, étaient étrangères à la masse du clergé. Beaucoup de prêtres blämèrent au point de vue moral la violation de la constitution par celui qui avait juré de la respecter, la brutalité du coup d’État, la rigueur de la répression. Ils restèrent sur la réserve vis-à-vis du nouveau régime (3) mais ils étaient isolés et n’eurent pas d'influence.

Le clergé, d’autre part, était uni par une alliance tradition-

(1) Un article paru le même jour dans l'Ami de la Religion pouvait être diversement interprété.

(2) Montalembert en fut informé par une lettre du 14 décembre de son beau-frère, Mérode, camérier du pape ; écrivant le 20 décembre à Falloux, il invoqua l'exemple de Rome pour inciter les légitimistes à soutenir Louis-Napoléon (Eugène Veuillot : Le comie de Falloux et ses mémoires). Le général des Jésuites écrivit le 4 janvier 1852 au . vrovincial de Paris : « Tout le monde ici regarde M. le président comme l'instrument de la miséricordieuse providence. » (Burnichon : La compagnie de Jésus en France, histoire d'un siècle.) Voir aussi Delatte : Dom Guéranger, et J. Maurain : Le Saint- Siège el la France de décembre 1851 à avril 1853. Le nonce Garibaldi avait donc devancé

les intentions de son gouvernement en engageant les évêques et Montalembert à souee Louis-Napoléon.

(2) Voir les biographies de l’évêque de Metz Dupont des Loges par Klein, de Maret par Bazin, d'Hyacinthe Loyson par Houtin, et, pour les Sulpiciens, les lettres

adressées à l'abbé Boiteux : AB XIX 517, 518, 519;

nelle au parti légitimiste mais celui-ci était hésitant et divisé. Le comité légitimiste de Paris se prononça unanimement pour l’abstention. En réalité, deux tendances s’y affrontèrent ; celle de Berryer et de la Gazette de France, nettement hostile au nouveau régime; celle de Falloux et de l’Union beaucoup moins intransigeante. Cette division servit les catholiques favorables au gouvernement. Un journal qui soutenait à Saint- Brieuc la politique de l'Univers, la Bretagne, déclara d’après le témoignage d’un de ses patrons, Cuverville, et d’après celui de Montalembert, que le parti légitimiste, hostile au vote négatif, était décidé à ne pas renouveler contre Louis-Napoléon l'opposition qu'il avait faite à Louis-Philippe. Ces articles des 10 et 12 décembre furent reproduits par les journaux de Paris, et le Constitutionnel affirma que Falloux ferait voter oui. Falloux, alors en Anjou, lui adressa le 16 décembre un démenti et déclara qu’il s’abstiendrait conformément au mot d'ordre de son parti. Malgré cette lettre, dont Montalembert se plaignit . vivement (1) l'attitude du parti légitimiste au jour du plébiscite était assez incertaine. Il n’était unanime que pour déconseiller le vote négatif. Le clergé, même lorsqu'il subissait l'influence légitimiste, ne pouvait donc hésiter qu'entre le vote affirmatif et l’abstention.

IT. — Le plébiscite

Dans la plus grande partie de la France, la vie politique était dominée depuis 1849 par la lutte entre les républicains et le parti de l’ordre soutenu par le clergé. La plupart des prêtres français, vivant en contact étroit avec les populations, se trouvaient en conflit direct et quotidien avec les « rouges ». Immédiatement exposés à la menace révolutionnaire, ils sentaient leur propre cause liée à celle de l’ordre et de la conservation sociale dont le nouveau gouvernement se faisait le champion. Veuillot et Montalembert, en montrant la nécessité d'appuyer Louis-Napoléon pour écraser le socialisme exprimaient donc fidèlement le sentiment général et spontané du clergé français (2).

(1) Voir Eugène Veuillot : Le comte de Falloux el ses mémoires. Le changement d’attitude de Falloux est certain. Le mot qui lui fut attribué au lendemain du 2 Décembre : « Je fais mon possible pour paraître résigné, au fond je suis salisfail » paraît authentique. Voir Augustin Cochin, ses lettres et sa vie (1823-1872) par Henri Cochin, 13 janvier 1870, Cochin à Falloux.

(2) Louis Veuillot écrivait dans l'Univers le 9 janvier 1852 « Les conseils donnés en ce sens ont été fort bien recus, mais ils n'étaient pas nécessaires. Le clergé, vivant

D'autre part, presque tous les évêques engagèrent leurs prêtres à faire voter oui et, si quelques-uns restèrent neutres, un seul, l'évêque de Luçon, Baillès, se montra nettement hostile au gouvernement.

Si Montalembert et Veuillot agissaient depuis longtemps indépendamment des chefs légitimistes et souvent contre eux, l'alliance restait étroite en province entre les légitimistes et le clergé qui, presque toujours, opéraient de concert dans les-élections. Mais, sauf dans l'Ouest, les légitimistes, malgré le mot d'ordre de leur parti, votèrent en grande majorité pour Louis- Napoléon par crainte des républicains. Le clergé vota donc et fit voter sans être retenu par la crainte de mécontenter ses alliés. Il joua dans certaines régions un rôle très important.

En Provence, dans le Languedoc et sur les versants est -et sud du Massif Central, la population était divisée en deux blocs hostiles : les blancs, catholiques légitimistes, et les rouges, parmi lesquels presque tous les protestants. En décembre 1851, les rouges s’insurgèrent en grand nombre, et les blancs, sous l'impulsion du clergé, se rallièrent au gouvernement de Louis- Napoléon en haine de leurs adversaires traditionnels. Ils lui apportèrent leurs votes au plébiscite et dirigèrent à leur profit la répression, qui fut souvent atroce. La terreur blanche régna dans le Midi, après l’avènement de Louis-Napoléon et en son nom, comme après la chute de Napoléon Ier. Le clergé contribua aussi beaucoup au succès du plébiscite en Alsace, dans le Nord, et dans tous les pays de montagne, où il était très influent. Dans le reste de la France il vota pour Louis-Napoléon, mais ne joua qu’un rôle d'appoint. Il prit part à l’élan général des populations, mais sans le diriger, sans même y contribuer notablement.

Dans lOuest, le clergé allié aux légitimistes avait presque partout depuis 1848 conquis les mandats législatifs et locaux. L'ancien parti libéral était vaincu, les républicains très peu nombreux et modérés. La coalition légitimiste et cléricale, maîtresse du pays, n’attendait pas de Louis-Napoléon une protection dont elle ne sentait pas le besoin contre la menace

au milieu du peuple. savait mieux que personne quels étaient les projets formés pour 1852, »

Le curé de Nantua, Debelay, frère de l'archevêque d'Avignon, écrivait le 12 février 1852 à Persigny après l'avoir félicité du coup d'Etat : « Je devais être la victime, ainsi que tous mes confrères, de la jacquerie de 1852. J’ai été sauvé, j'ai baisé cordialement la main de mes libérateurs. » (F1e II 98).

révolutionnaire. Elle craignait au contraire d’être dépossédée de sa suprématie. Aussi fut-elle généralement hostile au coup d'État. Son mécontement se manifesta au plébiscite par le nombre très élevé des abstentions. L’évêque de Rennes, Brossais Saint-Marc, passe pour avoir dit publiquement : « Non, je ne voterai pas pour cet homme qui a jeté mes députés à la porte (1).» Ces paroles expriment en tout cas le sentiment général du clergé de l'Ouest (2).

Aux confins de l’Ouest, la crainte de la révolution l’emporte encore. L’évêque légitimiste de Poitiers, Pie, écrit à Dupont des Loges : « [ci je m’abstiendrai... mais la masse du clergé votera oui, par haine des trois ou quatre brigands qui, dans chaque paroisse, portaient la terreur depuis quinze mois (3). » Prévision exacte pour la Vienne et les Deux-Sèvres, mais non pour l'arrondissement de Bressuire qui appartient au bocage vendéen. Ici la menace révolutionnaire disparaît, l'influence légitimiste est puissante, et beaucoup de prêtres s’abstiennent. En Vendée, l’évêque Baillès est l’âme du parti légitimiste. Le clergé, ouvertement hostile au gouvernement, s’abstient en grande majorité et pousse les fidèles à s'abstenir. La proportion des abstentions, qui n’atteint pas 20 % dans la Vienne et les Deux- Sèvres, dépasse ici 40 %.

Plus au nord, une transition analogue s’observe à mesure que l’on avance vers l’ouest. Le diocèse du Mans comprend la Sarthe, où un petit mouvement insurrectionnel a eu lieu, et la Mayenne, qui seule fait vraiment partie de l'Ouest ; l’évèque Bouvier et son clergé font voter oui ; il y a 15 % d’abstentions dans la Sarthe et 22 % dans la Mayenne. En Maine-et-Loire, les républicains d'Angers et de Trélazé rendent encore sensible la menace révolutionnaire. Le journal légitimiste, l’Union de l'Ouest, déconseille presque ouvertement l’abstention. Le clergé et la plupart des légitimistes votent. Il n’y a encore que 25 % d’abstentions.

Dans la Loire-Inférieure, l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan, au contraire, le danger révolutionnaire n'existe pas et Îles légitimistes sont très puissants ; le clergé s’abstient en majorité, bien que les évêques ne soient pas hostiles au gouvernement.

(1) F7 12.389. Rapport de Gallix.

(2) En 1848, c’est dans l'Ouest que Louis-Napoléon avait oblenu le moins de voix, Cavaignac avait obtenu la majorité dans le Finistère, le Morbihan et le Maineet-Loire.

(3) Baunard : Hisioire du cardinal Pie.

La proportion des abstentions dépasse 50 %. Le coup d'État n'obtient pas l’adhésion de la majorité des électeurs.

Dans le Finistère et les Côtes-du-Nord, le clergé et les populations sont moins dociles à l’influence légitimiste qu’en Bretagne française. L’évêque de Quimper s’associe d’abord à la protestation du conseil général et du préfet contre le coup d'État, puis il reste neutre. Beaucoup de prêtres votent et il n’y a que 45 %, d’abstentions. [n’y en a que 30 % dans les Côtes-du-Nord, où l’évêque Lemée recommande publiquement de voter oui et où un parti catholique hostile aux légitimistes et favorable à Louis-Napoléon s’est formé depuis 1849.

Dans l’ensemble, le clergé catholique a voté les 20 et 21 décembre 1851 pour Louis-Napoléon et il a contribué, de manière notable en certaines régions, à augmenter le nombre impressionnant des votes favorables. Mais son rôle n’a été nulle part décisif. De plus, il n’a rompu nulle part avec les légitimistes : dans la seule région où ils se sont en majorité abstenus, un très grand nombre de prêtres les ont imités. Le concours du clergé fit donc défaut au gouvernement dans la province où il aurait été le plus efficace et le plus précieux.

Le plébiscite montre d'autre part la position incertaine du gouvernement de Louis-Napoléon dans la vie politique française. Il était soutenu dans le Languedoc par les légitimistes et par le clergé ; il se heurtait dans l'Ouest à leur opposition. Il s’appuyait ici sur les bleus contre les blancs et là sur les blancs contre les rouges. Cette incertitude, cette contradiction, peu apparentes tant que le suffrage universel échappa aux partis, se firent de plus en plus sentir à mesure que la vie politique reprit. Elles pesèrent sur toute la politique intérieure et en particulier sur la politique ecclésiastique du Second Empire.

Louis-Napoléon, par lettre du 27 décembre, et le ministre des Cultes Fortoul, par circulaire du 29, invitèrent les évêques à faire célébrer un Te Deum « pour remercier Dieu dont la main s’est visiblement étendue sur la France ». D’autre part, la prière Domine salvam fac rem publicam devrait être désormais complétée par la formule Domine salvum fac Ludovicum N'apoleonem. La plupart des évêques se conformèrent volontiers à cette circulaire (1) mais quelques-uns en furent mécontents. seul l’évêque légitimiste de Luçon, Baillès, résista. Il fut blâmé

par le pape à la demande du gouvernement français (1). Les évêques ordonnèrent la célébration du Te Deum par des lettres pastorales généralement très favorables au gouvernement. Beaucoup déclarèrent que le coup d’État avait été un acte providentiel. Ces éloges et le Te Deum qui fut célébré avec éclat dans toutes les communes de France associèrent devant l'opinion le clergé au coup d’État. Ils soulevèrent chez les républicains une indignation et une rancune durables (2).

Pie IX, lui aussi, approuva publiquement le coup d’État. Recevant le 1e janvier 1852 les officiers du corps d'occupation français, il fit l’éloge de l’armée française « qui a sauvé la France et l’Europe des excès funestes et sanguinaires tramés par les hommes de l’anarchie ». Il fit publier dans le Journal de Rome cette allocution qui fut reproduite par le Moniteur. L'Univers publia le 7 janvier 1852 ces paroles qu'aurait prononcées Pie IX après le coup d'État : « Le ciel vient d’acquitter la dette de l'Église envers la France. »

(1) Voir : J. Maurain : Le Saint-Siège et la France, de décembre 1851 à avril 1853

(2) Victor Hugo y revient souvent dans Les Châtiments. Conformément à l’art. 6 du Concordat, iles évêques nommés durent, à partir du 2? décembre, prêler serment entre les mains du Prince Président. Cette tradition était interrompue depuis la révolution de 1848. Le serment des ecclésiastique du second ordre prévu par l’art. 7 du Concordat, mais tombé en désuétude dès la Restauration, ne fut pas rétabli. Voir F19/5592,

I. — Dispositions de Louis-Napoléon et de ses conseillers | vis-à-vis de l’Église Aussitôt après le coup d’État, Montalembert avait demandé à Louis-Napoléon l'abolition des Articles Organiques contre lesquels la cour de Rome protestait depuis 1802, et la liberté complète de l’enseignement. Louis-Napoléon était personnellement disposé à satisfaire la première de ces demandes, mais il en confia l’examen à Troplong, juriste gallican. En matière d'enseignement, il envisagea la reconstitution au profit du clergé du monopole universitaire. Mais rien ne fut décidé et les catholiques n’obtinrent avant le plébiscite que des satisfactions de détail.

Dans les premiers mois de 1852, Louis-Napoléon promulgua la constitution et les décrets organiques qui allaient régir pendant plusieurs années la vie publique française. Les catholiques comprirent que ce profond remaniement des institutions leur offrait une occasion exceptionnelle de faire triompher leurs revendications. Pendant ces quelques semaines de dictature, Louis-Napoléon allait en effet décider quelle serait dans le nouveau régime la condition légale de l'Église.

Il connaissait mal les questions religieuses et s’y intéressait peu. Ses idées générales paraissent être restées sur ce point celles qu’il avait exprimées dans un article sur « Le clergé et l'État » qu'il avait écrit à Ham pendant sa captivité (1). Le clergé français, écrivait-il, est hostile à la démocratie, à la hberté, à l'esprit de la révolution. Il y a donc « une divergence d'opinions, d'idées, de sentiment, entre le gouvernement et l'Église. » Cest à quoi il faut porter remède, sans rompre les

(1) Dans « Le Progrès du Pas-de-Calais » (13 décembre 1843). Œuvres de Napoléon III, & 11, Paris 1856 in-80. Voir ci-dessous p. 106 et 213.

liens qui les unissent. Il faut que le clergé devienne libéral et comprenne qu'être prêtre « c’est enseigner la morale, la charité, c’est faire cause commune avec tous les opprimés, c'est prêcher la justice et la tolérance ; c’est prédire le règne de légalité, c’est apprendre aux hommes que la rédemption politique doit suivre la rédemption religieuse. » L'État à son tour se rapprochera de l’Église. « De l’union des prêtres et des laïques, réagira une double action favorable à la société. Les prêtres deviendront citoyens et les citoyens deviendront plus religieux. » Le clergé enseignera alors à la jeunesse « la morale du Christ, morale sublime qui détruisit l'esclavage, apprit aux hommes qu'ils étaient égaux et que Dieu leur avait mis au fond du cœur une foi et un amour pour croire au bien et s’aimer (1). » Ces tendances vagues et ces vœux utopiques, que l’on retrouve souvent chez les hommes de 1848, expliquent que l’on ait émis sur les dispositions de Louis-Napoléon en matière religieuse des opinions contradictoires. On ne s’accorde guère que sur des constatations négatives : il n’était ni hostile à la religion, ni clérical, ni gallican ; il n’avait pas de politique ecclésiastique arrêtée (2).

Le succès ou l’échec des revendications catholiques dépendaient donc en grande partie de son entourage. Veuillot était plein d’espoir : « Bonaparte nous a sauvés. Ses intentions pour l'Église sont excellentes. Nous avons l'espoir fondé d’obtenir des libertés que nous aurions à peine rêvées 1l y a un mois... Bonaparte est religieux et même superstitieux plutôt que chrétien. Les ministres ne sont ni chrétiens, ni religieux, mais

(1) Persigny avait des idées assez analogues. Voir Goyau : Un roman d'amitié enire deux adversaires politiques, Falloux et Persigny.

(2) Falloux écrit dans les Mémoires d'un royaliste : « Sur un point... j'étais tout à fait à tâtons avec lui, c'était précisément le point que j'avais le plus à cœur, Ia question religieuse. Là-dessus, M. de Persigny n’en savait pas plus que moi. » Persigny aurait dit plus tard à Falloux : « Le prince Louis avait su de tout temps qu’il existait en France de nombreuses peuplades d'hommes vêtus de noir dont il ne connaissait pas les mœurs et dont il ne parlait pas la langue. On avait besoin d’un truchement pour les aborder et parler avec eux. M. de Montalembert élait tout naturellement désigné pour cet office mais en peu de temps les hommes noirs s’apprivoisèrent et quelques-uns se pressèrent autour de l'Empereur avec un tel fanatisme qu’ils dépassèrent le but. L'empereur me dit un jour en propres termes : ls me dégoûtent. » Ces dernières lignes ont pu être influencées par les sentiments politiques de Falloux, mais le début de la citation est vraisemblable.

Les appréciations émises sur les sentiments religieux de Louis-Napoléon peuvent avoir été influencées par des préoceupalions politiques ou personnelles. Giraudeau, dans son apologie Napoléon III intime, a cherché à établir qu'il était véritablement catholique. C’est aussi l'opinion exprimée par Granier de Cassagnac (Souvenirs du Second-Empire), par des évêques gouvernementaux : Mazenod (voir Toussaint Ram-

ils ne sont ni philosophes, ni voltairiens, ni gallicans et ils ont même une certaine horreur de tout cela. Ils sont ce que l’on peut appeler de bons diables, et gens d’esprit. Ils voient que la religion est une force, ils sentent que cette force doit rester libre : c’est beaucoup (1). » Veuillot se placçait au point de vue ultramontain : il espérait l’abandon de la tradition gallicane.

= Presque tous les collaborateurs de Louis-Napoléon étaient en effet guidés dans leur attitude envers l’Église, non par des convictions ni par des principes, mais par des considérations d'opportunité. Ils jugeaient le concours du clergé utile au gouvernement pour lui concilier les légitimistes et surtout pour résister à la propagande révolutionnaire. Mais, si certains d’entre eux, comme Magne et Saint-Arnaud (2), étaient bien disposés pour l’Église, d’autres gardaient de leurs origines libérales une certaine défiance à son égard (3). Le nouveau garde des Sceaux Abbatucci, et surtout le futur président du Sénat Troplong étaient gallicans. Aucun n’était disposé à sacrifier le pouvoir civil à l’Église et certains voulaient au contraire revenir sur les concessions faites au clergé depuis 1849 (4).

D'autre part, les relations de Montalembert avee Louis- Napoléon se refroidissaient. Montalembert parut pour la dernière fois à l'Élysée le 26 décembre. Après la conficastion des biens d’Or-

bert et Ricard) Bonnechose (Lettre du 4 janvier 1854 à Pie IX citée par Besson), Morlot (lettre à Dupont des Loges du 1er mai 1859 citée par Klein) et aussi par li catholique Pinard, ministre de l'Intérieur en 1868 : « L'empereur, écrit-il dans Moe Journal, avait plus que le respect des idées religieuses, il avait la foi... Cette foi vraie dont il parlait peu... ». Victor Duruy par contre écrit dans ses Notes et Souvenirs: «Je crois que l’empereur était au fond aussi sceptique que la plupart de ses ministres. »

(1) 20 décembre 1851, à l'abbé Bernier, Correspondance tome V. Veuillot qun jugeait surtout les ministres d'après ceux qu’il connaissait bien, Magne et Saint- Arnaud, écrivait aussi en décembre 1851 à Albéric de Blanche Raffin : « Ce sont des incrédules qui détlestent l’incrédulité, des viveurs, mais pas voltairiens, et assez intelligents pour comprendre que l'Église doit se gouverner elle-même, Il n'y a point de gens dont nous puissions tirer meilleur parti si nous savons nous y prendre. » Correspondance, t. V.

(2) Saint-Arnaud, tombé gravement malade en 1853 revint à la religion et entra en relation avec des Jésuites (voir ses Lettres). Turgot, diplomate de carrière appartenait à un milieu catholique. De même ses successeurs Drouyn de Lhuys et Walewski. Magne donna sa démission en même temps que Rouher et Fould après la confiscation des biens d'Orléans, mais il devint comme Rouher président de section au Conseil d'Éta t.

(3) Le garde des sceaux Abbatucci, le président du Conseil d’État Baroche, le ministre des Finances Bineau, le futur président du Corps Législatif Billault, avaient fait partie de l'opposition dynastique à la fin de la monarchie de juillet. Le ministre de l’instruction Publique et des Cultes Fortoul, avait été républicain et saint-simonien. D'autre part, Fould qui devint ministre d'État en décembre 1852, était protestant,

(4) Voir Liard : L’'Enseignement supérieur en France, t. II, p. 250.

? i , , L ORGANISATION DU NOUVEAU RÉGIME ET L'ÉGLISE 17.

léans (22 janvier) il donna sa démission de membre de la Con mussion consultative et devint de plus en plus hostile au gouver nement (1). Le seul homme véritablement dévoué à l'Église

qui eût facilement accès auprès de Louis-Napoléon se séparait de lui.

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