IMPUISSANGB DU RÉGIME PARLEMENTAIRE
discute les tracés et les tarifs. Il déclare la guerre à une congrégation, à un couvent, fait retentir un scandale ou étouffe des poursuites inopportunes. Au besoin un électeur influent charge le député de marier sa fille, de visiter son fils au collège, de Temmener le dimanche, de le surveiller dans ses études et de faciliter ses débuts dans la carrière bureaucratique. Le député doit obtenir la remise d'une amende pour un débitant, la grâce d'un braconnier sympathique, un congé pour un soldat, une exemption ou un sursis d'appel pour un conscrit. »
Ainsi la besogne est absorbante ; elle occupe le député plus que ne le fait le travail législatif. De celui-ci il se dispense le plus possible, n'assistant pas aux séances toutes les fois qu'il le devrait. Qui le saura ? Bien que le vote par procuration ne soit pas permis dans nos chambres, les amis jettent dans l'urne à poignées pleines les bulletins des absents, dont hJowmal o/y^cie/ indiquera les noms comme s'ils étaient présents à l'heure du vote. Le procédé anglais consistant à faire sortir les ayes par une porte et les noes par une autre ne se prête pas à une pareille manœuvre ; aussi n'avons-nous garde de l'adopter.
Tel est l'ensemble du régime. Y a-t-il lieu de s'étonner dès lors si la dette publique s*accroît^ si les dépenses augmentent, si le déficit se laisse voir, si les expéditions lointaines restent un procédé de diversion parlementaire, si la politique coloniale est acceptée dans l'héritage de la monarchie comme a la plus haute pensée » de la France démocratique, si la meilleure de nos traditions extérieures, l'alliance anglaise, est compromise avec imprévoyance pour favoriser quelques producteurs indolents ou malha-^ biles aux dépens de la grande masse des consommateurs.
Lorsque les mandataires du peuple vivent au milieu de
880 LÀ MÉTHODE ET hk SITUATION ACTUELLE.
préoccupations incessantes d'ambition et d'intérêt, peuton leur demander d'accomplir les grandes réformes, de rechercher les lois naturelles de la politique ? Non, suns doute. C'est pourquoi, éclairé par Téchec de la révision constitutionnelle, nous voulons qu*on cherche par la méthode expérimentale les solutions que le régime parlementaire est impuissant à fournir.