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science, pour propager le système de CSofemic. Dans ses lioaikreux ouvrages écrits en italien et en. latin (1), il soutint que la terre n*est qu*un point de Fespace ; il déclara qm les Écritures avaient pour objet d^enseigner la morale et mon la science, qu'elles ne possédaient aucune autorité au point de vue de Tastronomie et de la physique. Arrêté à Venise, il fut enfermé pendant six ans dans les plombs du palais des doges ; transféré ensuite à Rome dans les cachots de Tlnquisition, il fut, après une détention de :deux années, traduit devant le tribunal ecclésiastique. Pkis courageux que Galilée, Giordano Bruno se refusa à toute rétractation. La sentence du Saint-Office le condamna à être remis au bras séculier, « pour être puni avec autant de clémence qu'il se pourrait, et sans effusion de sang ». Ce doux langage signifiait que Bruno devait périr dans les flammes. Il fut brûlé vif sur la place Gampo de' Fiori,le 17 février 1600(2).
Il était dangereux d'accepter le système de Copernic. Tfoho^rahé n'osa pas toucher à l'immobilité de la terre ; ik fut opportuniste en astronomie. G*était un savant laborieux et zélé ; il observa pendant trente-cinq ans les états du ciel avec un soin minutieux, et réunit ainsi les docu« ments qui étaient indispensables à Kepler pour donner plus de correction, et par suite plus d'évidence, à la théorie de son maître.
Copernic avait dû recourir encore à l'artifice de l'épicycle et de Texcentrique afin de rendre compte des iné-
(1) Cena d$ U Centri, ^ De Vin/inito^ universo $ mondi. — D$ immenio et hmumerabUibuSt etc.
(S) Les étudiants de Rome oat pris l'initiative d'une souscription pour ériger un monument à ce martyr de la science au lieu même oit il a été brûlé. Ce monument sera inauguré pour le tSt* anniversaire du supplice de Bruno.
iti« LA MÉTHODE 8'APPUIB SUR L'HISTOIRE.
galités du mouvement planétaire. Kepler reconnut que les orbites décrites par les planètes autour du soleil sont des ellipses et non des cercles, et il formula les trois lois im« mortelles qui sont deyenues le fondement de Tastronomie moderne.
Galilée, qui était le contemporain de Kepler, apporta, (le son côté, de nouvelles preuves. Si le système de Copernic est vrai, disaient les scolastiques, Vénus doit avoir des phases comme la lune ; or Vénus n*en a pas. Galilée découvrit la lunette qui porte son nom et montra ces phases à ses contradicteurs. Il découvrit les satellites de Jupiter et présenta ainsi à tous les yeux le tableau en miniature du système de Copernic, se bornant à répondre par des sarcasmes à cette objection de Técole : Puisqu'il n'y a que sept métaux, puisque le chandelier du temple ii^avait que sept branches, puisque la tête n'a que sept ouvertures, il ne peut y avoir plus de sept planètes.
Le rempart des vieilles doctrines était désormais entamé; les adversaires de Tidée nouvelle se sentirent touchés. Galilée fut poursuivi, comme nul ne l'ignore; il se rendit à Rome et devant le Saint-Office il abjura son erreur le: 22 juin 1633.
Mais la vérité trouve toujours son heure. Comme le disait Kepler à propos de la mise à Tindex du livre de Copernic : « Quand on a essayé le tranchant d'une hache contre du fer, elle ne peut plus servir même à couper du bois. »
Isaac Newton devait porter le dernier coup à l'édifice vermoulu de la cosmographie antique. Kepler avait donné ses lois; Galilée, Torricelli, Huyghens avaient créé la mécanique; Picard avait mesuré un arc du méridien français. L'astronome de Cambridge put dès lors, dans son livre des Principes, identifier la force qui retient la lune dans sùîit
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prbite avec la pesanteur qui fait tomber la pomme de IWbre, calculer cette force, démontrer ensuite que la tr/ijectoire d'un corps, qui a reçu une impulsion initiale et qui est soumis à une force semblable, est une ellipse dont le centre de la terre occupe un des foyers. La loi de la gravitation universelle était trouvée (1087), et l'astronomie constituée définitivement à Tétat de science.
La pensée de Pythagore avait mis vingt-deux siècles à s'affirmer. Il avait fallu tout ce temps pour la rendre plus complète, plus précise et plus correcte, la démontrer par Tobservation et la soumettre au calcul, il est vrai que durant une longue période, depuis les astronomes de Técole d'Alexandrie jusqu'à ceux du dix-septième siècle, la méthode scientifique avait été délaissée. La scolastique avait atrophié à un tel point Tesprit humain qu'il était plus difficile de faire accepter la vérité que de la découvrir.
Certes, on ne saurait prétendre que les hommes du moyen âge eussent de sérieuses objections contre le double mouvement de notre planète. La plupart ne s'en souciaient guère et n'y comprenaient rien. Mais ce double mouvement dérangeait une conception générale de l'univers dont tous étaient imbus, et qui faisait de la terre le centre du monde, de même que le transformisme dérange la conception générale qui fait de l'homme un être à part, pour qui le monde aurait été créé. V anthropocentrisme est aujourd'hui le même obstacle que le géocentrisme a été si longtemps. Et, lorsque nous démontrerons dans le chapitre suivant que, pour faire de la politique scientifique, il faut refondre les cerveaux, nous ne ferons que développer une vérité, mise en lumière par l'évolution de l'astronomie.
Après les admirables travaux de Newton, de Laplace et de Lagrange, l'astronomie est devenue une science posi-
tive, permettant de prévoir pour les temps les plas éloignés de nous la succession des phénomènes célestes, lesquels se produisent au moment indiqué, comme s*ils obéissaient à la volonté de Tastronome. Connaître les lois de la nature équivaut à la dominer.
L'histoire qui précède est celle de toutes tes grandes découvertes intellectuelles. La méthode seule les a fait surgir et adopter. La politique en est encore à ses origines, et, dans un siècle, peut-être trouvera-t-on quelq^ie rapport entre le langage de certains docteurs parlementaires d'aujourd'hui et celui des docteurs scolastiques du moyen âge.
L'astronomie a été la première science fondée, parce que la méthode s'y borne à l'observation ; les autres sciences physiques ont recours en outre à Texpérience ; la sociologie, plus compliquée, ne saurait se passer de f observation, de l'expérience et de l'assentiment (1 ). -
(1) Chap. viii.